Couchsurfing à Bogotá

Après avoir sauté dans mon uber à la sortie de l’aéroport, j’arrive chez mon hôte vingt minutes plus tard. Il est 22h30 heure locale et avec le changement d’heure, je me sens un peu à l’ouest. Mais mon hôte – Oscar, un colombien qui a la trentaine – me met rapidement à l’aise en me proposant une boisson locale au sucre de canne.

Rencontres

Il m’explique qu’il travaille chez Avis, une entreprise qui loue des voitures, et qu’il fait actuellement un MBA pour étoffer ses compétences après des études en ingénierie. Passionné d’escalade en pleine nature, il n’aime pas s’ennuyer et mène une vie dynamique. Oscar me fait découvrir la musique latine – ne connaissant que Shakira et Daddy Yankee, je suis bien loin d’être une experte – et nous écoutons ensemble un groupe vénézuélien décalé.

Ce qui nous mène à parler de la crise dans ce pays, dont il m’explique les conséquences désastreuses que l’on peut déjà lire dans les journaux. Beaucoup de vénézuéliens tentent ainsi de franchir la frontière au nord de la Colombie, mais le pays ne semble pas vouloir laisser les réfugiés entrer. Oscar lui-même m’a dit qu’il devait se montrer prudent avec couchsurfing, car certains essaient de trouver un logement grâce à l’application et plusieurs l’avaient d’ailleurs contacté à ce sujet.

Du Venezuela, nous passons à la Colombie qui vient de vivre ses élections présidentielles et il me raconte que la majorité des colombiens ne sont pas satisfait de ces résultats – tous les habitants que j’ai pu rencontrer par la suite étaient du même avis, qu’ils soient étudiants ou plus âgés. Entre l’extrême gauche d’un côté et l’extrême droite de l’autre, ceux que j’ai rencontré ont cherché à voter pour un « moindre mal » qu’ils voyaient en Duque, face à l’autre candidat aux idées proches de Nicolas Maduro au Venezuela. Et dont la Colombie ne veut pas subir le même sort, alors que le pays est tout juste en train de sortir d’un bras de fer historique avec les FARCS.

Je fais également la rencontre d’UD, un américano-ghanéen qui a la vingtaine et vient de finir son contrat avec l’armée américaine au Japon, et qui vient comme moi passer quelques jours chez Oscar en couchsurfing. Passionné de parapente, il a amené son matériel et compte le tester depuis Bogotá. Du courage !

Visites

Après une nuit bien reposante, je retrouve Oscar pour manger dans un restaurant local. Je découvre une spécialité à base de poulet, riz et frites accompagnée d’une boisson gazeuse à la manzana (pomme). L’apfelshorle allemand n’est jamais bien loin ! Sauf qu’ici le coût de la vie est bien plus faible : moins de trois euros pour un repas complet.

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Nous visitons son quartier, où se trouvent les studios de la chaîne de TV « RTN » – où patrouille la police – et un centre commercial.

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Je retrouve ensuite UD et nous partons visiter Bogotá, qui est à moins de vingt minutes en voiture. Ne connaissant pas la ville, nous ne réalisons pas que nous demandons à notre uber de nous déposer dans l’un des quartiers les plus chauds de la ville, connu pour la prostitution – c’est même le seul endroit en Colombie où la prostitution est autorisée – et le trafic de drogue. Nous le traversons la tête sur les épaules, n’ayant pas vraiment le choix, et aidés par le fait que tout le monde prend UD pour un local (ce qui a l’air de bien l’arranger, contrairement à moi qui me fait repérer direct!).

Nous arrivons après trente minutes dans des quartiers plus touristiques et visitons la ville.

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Ce qui est inhabituel pour moi est de voir autant de policiers avec des chiens en muselière dans la rue. On parle de plan vigipirate en France, mais c’est rien à côté de la Colombie ! C’est à la fois rassurant, et inquiétant.

Après avoir visité le centre-ville, nous décidons de prendre de la hauteur. Nous passons devant une Eglise, observons notre premier arc-en-ciel en Amérique latine – youhou! – puis une vue sur la ville.

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Nous arrivons jusqu’à un institut de santé – une sorte d’hôpital – qui ressemble plus à une prison vu le nombre de gardes et de barreaux. Ne nous sentant pas vraiment en sécurité, nous faisons demi-tour et retournons vers le centre.

Nous nous arrêtons ainsi dans un restaurant non loin de la place touristique et parvenons à nous faire comprendre – après trois reprises, il parle encore moins espagnol que moi –  pour commander.

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En sortant du restaurant nous tombons sur des protestations sur la place principale de la ville – quand je disais que les résultats des élections ne satisfaisaient pas tous les colombiens.

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Sorties

A Bogotá je passe deux très bonnes soirées, la première à découvrir des bières colombiennes avec mon hôte, et la deuxième à un événement couchsurfing.

Lors de cette première soirée, nous achetons une dizaine de bières différentes et je découvre des saveurs très variées, certaines proches de la Radler allemande quand d’autres sont parfumées au café. En bonus, son hamac pour s’allonger !

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Organisée dans un bar / boite de nuit, la deuxième soirée se déroule au Nord de la ville dans le coin « trendy » où les gens sortent. Je vois nettement la différence avec le reste de Bogotá : magasins de luxe, centres commerciaux occidentaux…

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L’événement commence par un tandem de langues où je me retrouve – sans faire exprès – à la table des personnes souhaitant progresser en allemand. Je me retrouve ainsi à parler allemand avec des colombiens pendant deux heures, et à les aider à trouver des mots ! Dire que je m’attendais à ne pas parler allemand de l’été…et ce n’était que le début de mes surprises.

A partir de 20h, le bar se transforme en boîte de nuit avec une salle latino et une salle pop. Je passe une excellente soirée, rencontre de nouveaux colombiens – dont un ingénieur en environnement – et rentre en uber avec mon hôte.

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Le street art

Sur les conseils de mon hôte, je m’inscris à la graffiti tour de Bogotá qui se tient deux fois par jour. Pour m’y rendre, je décide de prendre le transmilenio, le système de bus de la ville qui se rapproche de notre métro européen. Grâce à l’application gratuite moovit, je parviens à comprendre quel bus je dois prendre et je bénis cette application pour exister ! J’ai rencontré beaucoup de touristes qui m’ont qu’ils ne comprenaient rien aux transports en commun de la ville, mais avec une telle application c’est très simple. Qui plus est il y a plusieurs lieux avec de la wifi gratuite à Bogotá.

J’arrive ainsi à la place Bolivar et sympathise avec un allemand – encore! – dont le séjour en Amérique latine touche à sa fin. Revenant du Pérou où il a passé deux mois, il a adoré le pays et me parle de ce qu’il a pu y faire.

La visite commence et notre guide – un américano-colombien – emmène notre groupe à travers la Candelaria et d’autres quartiers de la ville.

Nous découvrons de magnifiques graffitis, qui pour une grande partie auront disparu d’ici quelques années : le gouvernement n’aime pas le street art et efface les graffitis les uns après les autres en plus d’arrêter des artistes – il nous raconte l’histoire controversée d’un artiste qui a été tué par un policier il y a 7 ans, policier qui a été acquitté,  de nouveau accusé mais qui s’est entre temps enfui et dont personne n’a revu la trace. Egalement une autre controverse autour de Justin Bieber, venu il y a quelques années à Bogotá, et qui avait pu peindre des murs avec l’accord de la police – ce qui avait bien irrité les artistes colombiens, qui avaient recouvert son mur moins d’une heure après lui.

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Le gouvernement a également trouvé des solutions pour empêcher aux artistes de retravailler les murs qu’il efface, en les recouvrant d’une peinture grasse rendant le street art impossible. Le bras de fer entre les artistes et le gouvernement ne fait que commencer, semble-t-il !

Cet article sur Bogotá touche à sa fin, et au-delà de ce que je viens de raconter, voici un  palmarès pèle-mêle des choses qui m’ont marquées depuis mon arrivée :

  • voir qu’à chaque feu rouge, des colombiens proposent tout un tas de services : lavage de voiture, vente de magazines…c’est assez folklorique à chaque fois que mon uber s’arrête !
  • l’importance de la Coupe du Monde : j’étais à Bogotá le jour du premier match de la Colombie et tout le monde portait le maillot ! En parlant avec des voyageurs, j’ai pu comprendre que le football était une véritable religion en Amérique latine
  • Personne ou presque ne semble parler l’anglais : tant et si bien que j’ai pris l’habitude de parler directement espagnol même si ce que je dis est un mélange d’italien (« due por favor ») et de gestes (en montrant le comptoir).
  • les colombiens adorent la nourriture frite : empanadas, arepas….beaucoup de spécialités sont à base de viande et friture. Ils ont l’air de manger plus de poissons sur la côte, mais je n’aurai pas l’occasion d’y aller.
  • le coût de la vie est bien moindre qu’en Europe de l’Ouest. D’après le site numbeo – qui permet de comparer deux villes – faire les courses ou aller au restaurant reviennent environ 50% moins chers qu’à Stuttgart.
  • le plus grand risque semble être le vol, tous les colombiens me disent de faire attention dans les transports en commun et dans la rue (mettre son sac devant soi, ne pas trop regarder son téléphone, etc).
  • le climat tropical fait que le temps ne change pas vraiment au cours de l’année, si ce n’est au cours de la saison des pluies qui est plus humide
  • et enfin la pollution : Bogotá reste très polluée et pendant trois jours j’avais la gorge prise et un rhume. Niveau pollution j’avais trouvé Kathmandu bien pire, puisque je pouvais carrément voir une bande blanche dans la ville. Je ne conseille pas de s’éterniser à Bogotá !

D’autres articles à venir sur la Colombie, ce n’est que le début ! 🙂

 

 

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