Bilan : 80 jours de vadrouille en Amérique latine (parlons expérience et budget!) ​

De retour en Europe, il est temps de faire le bilan de ce voyage solo en Amérique latine.
Et pour ceux que ça intéresse, j’avais déjà dressé le bilan des transports en commun sur place : La vérité sur les bus en Amérique latine !
Découvertes, budget, amélioration pour la suite ? C’est parti !
Pour commencer, je dirais que je n’ai pas de grands regrets pour ce voyage. Je l’ai organisé petit à petit – j’avais seulement prévu les volontariats avant de partir – et j’ai pu voir que c’était d’ailleurs beaucoup plus simple d’être sur place pour prendre conscience de la réalité du terrain et prévoir des excursions.
Surtout, en voyageant de la sorte, j’ai pu suivre mes envies et par exemple passer plus de temps à la montagne à partir du Pérou car j’en avais marre de m’éterniser dans les grandes villes – j’étais par exemple restée 5 jours à Quito, et même s’il y a de quoi faire, je préférais être en pleine nature.
Bien sûr mon voyage était tout de même limité dans le temps, car je devais retourner eu Europe pour étudier. Si j’avais eu plus de temps, je pense que j’en aurais profité pour faire plus de randonnées et passer plus de moments avec les locaux – par exemple j’aurais adoré vivre avec une famille Quechua !

Bilan sur les pays

  1. Nourriture

Globalement, j’ai trouvé que les 4 pays que j’ai visité – Colombie, Equateur, Pérou et Bolivie -ont de nombreux traits communs, à commencer par la nourriture. Le poulet fris, les pommes de terre et le riz sont devenus mes aliments de base surtout quand j’étais dans des grandes villes. Heureusement que je mangeais des légumes lors de mes volontariats ! Je n’ai donc pas été émerveillée par la nourriture, et les voyageurs que j’ai rencontré partageaient mon avis. La meilleure solution pour manger sain c’est d’aller au marché, ils sont très faciles à trouver – surtout au Pérou et en Bolivie, où ils envahissent certains centre-villes – et on peut trouver de délicieux fruits et légumes pour trois fois rien. En Bolivie, j’avais payé 20ct d’euros pour 4 bananes !

2. Connectivité / internet

Je n’ai jamais pris de SIM locale et je ne le conseillerais que pour un séjour de longue durée. Globalement les SIM locales ne coûtent pas cher, mais quand on change souvent de pays cela fait des démarches supplémentaires et c’est pas plus mal de n’être que joignable lorsqu’on est en WIFI. Pour moi un intérêt majeur de voyager si loin est de s’imprégner de la culture locale et donc de décrocher des réseaux sociaux ! Je passais régulièrement 12 heures d’affilé voire plusieurs jours sans internet. Bilan : cela fait un bien fou de déconnecter !
Surtout, on réalise que la fonctionnalité la plus importante de son téléphone est celle de GPS – pour savoir où l’on doit descendre, si l’on est au bon endroit, où se trouve une boulangerie, la poste, son auberge, etc – et pas besoin d’internet pour y accéder. En effet, il suffit de télécharger l’application gratuite maps.me, puis de télécharger les cartes des pays où l’on va. Gros avantage de cette application : elle s’utilise en hors connexion et nous permet donc d’avoir accès à des informations précises sans internet, en plus de nous localiser. Et les cartes ne prennent que peu de places sur notre téléphone, contrairement à Google Maps qui est certes plus précis mais qui peut prendre 1 GO pour la carte d’une ville seulement.
Et puis, si jamais on a un problème de GPS, on peut toujours demander aux locaux qui sont prêts à nous aider !

3. Le climat

J’ai fait l’expérience de climats différents donc j’avais du anticiper en prenant aussi bien des shorts que des vestes et pantalons. Mais globalement, c’est surtout en Colombie que j’ai eu chaud – et que je me suis faite dévorer par les moustiques. Dans les autres pays j’étais tout le temps en pantalon et petite veste !
Surtout, le soleil tape bien fort la journée donc j’étais toujours contente d’avoir des t-shirts. Par contre dès que le soleil se couche il peut faire froid – autour de 5/10 degrés que l’on ressent bien comme il y a rarement du chauffage – voir très froid en haute altitude.
Sinon le temps en Amérique latine m’a bien convenu, je n’aime pas les grosses chaleurs donc 15-20 degrés est un temps idéal pour moi. Et l’avantage, c’est que je suis arrivée au début de la saison sèche donc je n’ai jamais eu de gros épisodes de pluie peu importe où j’étais !
Les locaux me disaient que les mois de juillet et août n’étaient pas forcément les meilleurs pour partir au Pérou et en Bolivie car les nuits sont relativement froides, mais ayant l’habitude des hivers à parfois – 10 en Europe j’ai trouvé cela supportable. Sinon, si j’y retournerai peut-être un jour en janvier/février !

4. Pouvoir d’achat

On ne va pas se mentir, l’Amérique latine est très abordable lorsque l’on vient de France. La Colombie est le pays le plus cher parmi ceux que j’ai visité, et ensuite c’était grosso modo décroissant : Equateur, Pérou et Bolivie. C’était surtout marquant en Bolivie où les prix étaient environ divisés par deux par rapport au Pérou – qui était déjà pas cher !
Ainsi, je dirais qu’il faut généralement compter :

6€ pour une nuit en auberge

3€ pour un repas dans un restaurant local

1€/1.5€ par heure de bus (donc 10€ pour un bus de 10h, mais cela dépend : en Colombie c’était plutôt 20€,en Bolivie parfois 5€!)

5. L’hygiène

C’est une dimension importante du voyage, surtout lorsque l’on transite souvent entre de nombreuses villes. Ce que j’ai pu voir c’est que l’on doit tout le temps payer un droit d’accès aux toilettes (entre 10ct et 50ct d’euros) et qu’on nous fourni également du papier toilette lorsque l’on a de la chance. Je conseillerais d’avoir toujours avec soi un rouleau, c’est utile à un moment ou à un autre. Ce n’est jamais le luxe dans les toilettes, et bien souvent la chasse d’eau ne marche pas ou il n’y a pas d’eau pour se laver les mains (sinon c’est dans des grosses bassines, j’ai surtout vu ça au Pérou et en Bolivie).

TOP 3 des choses qui ont rendu ce voyage inoubliable

1. la street food et les restaurants locaux

J’ai rarement aussi peu mis les pieds dans des supermarchés qu’en Amérique latine, et ça ne m’a pas manqué ! Les petits restos où vont les locaux sont bon marché, et puis c’est quand même plus sympa de faire tourner l’économie locale que d’aller dans une chaîne de fast food américaine (car il y en a aussi). Ce voyage m’a permis de réaliser que je préférais 1000 fois favoriser les circuits courts !

2. les rencontres

Les sud-américains sont très chaleureux et sociables, même lorsque je vadrouillais seule je me retrouvais à parler avec quelqu’un. Bien sûr, j’ai une dégaine de voyageur donc ça lançait facilement la conversation, mais j’ai pu avoir de nombreux échanges intéressants que ce soit avec des voisins de bus ou vigiles de sécurité.

3. L’espagnol

C’est évident, mais pouvoir parler la même langue dans tous les pays où j’étais m’a réellement permis de me sentir en immersion et de progresser. Je ne parlais pas un mot d’espagnol en arrivant et j’ai réalisé à quel point j’avais de la chance d’avoir le français pour langue maternelle car c’est vraiment proche de l’espagnol !

TOP 3 des réussites

1. Voyager avec un gros sac (40L) pour les habits/produits de beauté, et un autre (20L, mais j’aurais pu prendre moins) avec mes papiers importants.

Dans la rue, je mettais toujours mon gros sac derrière et le plus petit devant moi, ce qui me rassurait de toujours voir que je veillais sur ce qui comptait le plus.

2. Utiliser une bouteille d’eau avec un filtre qui dure 3 mois

Je n’ai pas eu à acheter une seule bouteille d’eau en Amérique latine, et ça c’est une belle réussite. D’abord pour l’environnement, et puis sur le plan perso aussi : j’avais toujours le même contenant que je pouvais remplir n’importe où, même dans une rivière. Je n’ai attrapé aucune maladie lors de ce voyage et je peux remercier ma bouteille. J’avais pris celle de la marque WaterToGo, qui est l’un des premiers prix sur le marché. Malheureusement ce n’est pas la meilleure car elle fuit lorsqu’on l’incline – ce qui n’était pas évident du tout dans les bus longues distances – mais elle faisait le travail et laissait un goût neutre. Pour des voyages plus longs je conseille d’investir dans une meilleure bouteille.

3. Dormir chez l’habitant

J’ai fait du couchsurfing plusieurs fois et ça c’est toujours bien passé. Je ne peux que recommander ce site qui permet de tisser des liens avec des locaux et de se faire de nouveaux amis qui nous font partager leur vie le temps de quelques jours.

TOP 3 des choses à améliorer

1. Prendre plus de médicaments

Après mon voyage au Népal j’avais réalisé que j’avais trop prevu, mais cette fois-ci c’était l’inverse. Je n’avais pas anticipé le mal des montagnes au Pérou, et j’ai passé plusieurs mauvais jours. La prochaine fois, je prendrai du spasfon et de la menthe poivrée, qui aident vraiment bien pour les problèmes d’estomac.

2. Prendre mes billets d’avion sur les sites de revendeurs (capitaine pirate, kiwi,etc)

Les billets sont beaucoup moins cher alors qu’il s’agit du même vol. J’ai rencontré un français qui se faisait des aller-retours Paris – Colombie pour 500€ ou moins, et ça permet de faire de sacrées économies !

3. Acheter un cadenas

J’ai remarqué que la plupart des auberges ne proposaient pas de cabenas et même si je ne me suis jamais faite voler mes affaires, je pense que je voyagerai avec un cadenas les fois prochaines. On sait jamais !

Budget ou comment voyager avec l’equivalent du RSA

J’ai dépensé 1400€ en 80 jours de voyage – hors billet d’avion principal, qui peut donc être vraiment pas cher si on trouve des bons plans.
Cela revient donc à 525€/mois, en sachant que je me suis faite plaisir avec plusieurs excursions coûteuses – qui polarisent logiquement mes dépenses.
En bref, c’est comme si j’avais vecu avec le RSA mais en étant à l’autre bout du monde ! Assez fou, non ?
Bien sûr, ma façon de voyager n’est pas luxueuse. Je prends les transports locaux, dors chez l’habitant ou dans des dortoirs (sans oublier les bus de nuit), fais de nombreux volontariats (où je reçois généralement le toit et le repas en échange de mon travail).. mais c’est une façon de voyager qui me plait énormément car j’aime m’organiser par moi-même, sortir de ma zone de confort, me laisser porter par les rencontres que je fais et mon état d’esprit du moment.
C’est à chacun de trouver ce qui lui correspond, et en ce qui me concerne j’ai réussi à trouver un équilibre.
Ce qui coûte le plus cher, finalement, ce sont toutes les excursions organisées. J’en ai fait 4 en tout, ce qui représente seulement 10% de mon voyage mais 31% de mes dépenses !
Certaines sont inévitables, par exemple pour aller voir le désert de sel en Bolivie. Mais au Pérou, j’aurais pu faire le trek jusqu’au Machu Picchu en autonomie par exemple ! J’avoue que ça fait plaisir de pouvoir mettre les pieds sous la table quand on fait un long voyage, mais il faut aussi savoir que c’est de ce côté là qu’on peut resserer la ceinture.
Ci-dessous, des statistiques en vrac sur mon voyage :

Nombre d’heures passées dans le bus

Répartition de mes dépenses :

Dépenses par pays (c’est donc le Pérou qui m’a le plus coûté, avec le trek jusqu’au Machu!)

Dépenses en Colombie (mon volontariat bien qu’aillant duré 2 semaines m’a donc coûté beaucoup moins cher que les visites de villes!)Dépenses en Équateur (encore plus flagrant!)

Dépenses au Pérou

Dépenses en Bolivie

En bref, on voit donc bien que ce qui coûte cher ce sont surtout les excursions. À chacun d’organiser son voyage en fonction de son budget !

BILAN FINAL

Ce que j’ai pu réaliser au cours de ce voyage c’est qu’il faut savoir se faire confiance. Oui, il n’y a pas de risque zero mais c’est la même chose en Europe. On peut se retrouver dans un accident de bus aussi bien au Perou qu’en France. Ou se faire voler dans la rue. En Amerique latine, il faut simplement faire un peu plus attention car les villes sont plus chaotiques et moins sûres. Mais c’est tout. La peur de l’inconnu ne doit pas nous empêcher de voyager. Mis à part quelques histoires de vols, je n’ai pas rencontré de touristes qui ont reellement été inquiété lors de leur voyage. Même ceux étant sur la route depuis plus de 6 mois !

Alors je n’ai plus qu’un conseil : éteignez BFMTV, nul besoin de se stresser avec des nouvelles alarmistes qui sont finalement des cas isolés ! Voyagez en ayant conscience des risques, mais sans les exagérer. Et vous profiterez à fond de votre voyage.
Signé : Florence, une voyageuse aguerrie de 23 ans.
À bientôt pour de nouvelles aventures !

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