Un weekend poétique à Salzbourg

A l’automne, je suis allée passer le weekend à Salzbourg où j’ai dormi chez l’habitant. Mon hôte – un anglais qui vient de s’installer ici – est hospitalier et me prête son vélo pour que je puisse me rendre en ville. Il habite en périphérie de Salzbourg, dans une zone rurale depuis laquelle on peut suivre un canal qui mène au centre. Ni une ni deux, je monte sur la selle et pédale en direction de la ville, au moment même du coucher du soleil.

Aucune photo ne peut correctement transmettre la sérénité du lieu. C’est un moment magique, entre le tableau qui se dresse à ma gauche avec les lueurs scintillantes derrière la montagne, le ruissellement du cours d’eau, le chant des oiseaux et la forteresse illuminée vers laquelle je pédale. Je suis seule dans ce petit coin de paradis.

J’entends les premiers moteurs de voiture vrombir et continue ma route à travers un parc, dans la pénombre la plus totale, puis longe le bord du fleuve. Salzbourg s’offre à moi.

Je continue mon Odyssée à travers les ruelles, places animées, me frayant un chemin parmi les passants parfois éméchés.

Mon ventre commence à gargouiller, c’est que j’ai déjà bien pédalé. Je tombe sur un camion vendant des hot-dogs locaux et tous mes sens commencent à s’animer. Satisfaite qu’il soit emballé dans du papier journal, je m’assieds au bord de la fontaine et me laisse envahir par l’expérience extatique procurée par cet encas. C’est drôlement bon !

Bientôt l’heure du retour, mais je ne suis pas pressée. Je m’attarde, j’observe les passants, je fais des détours et me perds un peu plus dans la ville. Ça, je me dis, c’est la liberté.

Le lendemain, c’est sans bicyclette que je repars. Mais ce sont toujours mes pieds qui me font avancer.

Je suis pleine d’énergie après le petit-dejeuner préparé par mon hôte anglais. Des fruits, du pain, des tartines et des oeufs, sans oublier le thé. C’est qu’il m’a gatée ! Tous deux animés du désir de liberté et d’une vie non conventionnelle, nous sympathisons bien et c’est en amis que nous nous quittons. Nous nous reverrons.

De jour, Salzbourg a quelques peu changé, surtout que c’est dimanche. Les magasins sont fermés, sauf un supermarché que je suis surprise de voir ouvert. Etant à l’aube de mon défi zéro-déchet, je suis déterminée à ne pas craquer pour des produits industriels et me tourne plutôt vers les petits kiosques pour apaiser ma faim. Le Bretzel géant que j’achète fait l’affaire.

Je déambule dans les rues, et alors que je sors d’une église, un américain quinquagénaire m’aborde. Il vient de New-York, travaille dans une paroisse et a – entre autre – ouvert deux orphelinats au Honduras. On s’échange des photos, mais pas nos numéros. Une rencontre qui comme beaucoup d’autres restera gravée dans ma mémoire, et c’est bien ça le plus important.

Un sandwich frais oublié sur le muret où je m’assois pour reprendre mon souffle me cale l’estomac, et je pars randonner. Je suis enfin éloignée des groupes – ou plutôt troupeaux – de touristes asiatiques qui envahissent le centre ville. Là-haut, je respire enfin et mets à profit ce trop-plein d’énergie accumulé par une nuit reposante et tous ces apports caloriques.

Là-haut, je suis isolée du monde mais par pour autant deconnectée. Même en étant loin, j’observe les places où les autrichiens se retrouvent et m’amuse à compter le nombre d’églises. Je pourrais rester des heures sur cette colline.

Mais gênée par les japonais qui se relaient pour prendre des vidéos et photos avec leur barre à selfie, je suis vite lassée. Décidément, on n’est jamais vraiment seul nulle part.

La descente m’amène tout droit vers la place de la cathédrale, où se tient une foire biologique. Pour deux euros je m’offre un toast avec du fromage à raclette, un délice.

L’heure de repartir approche, mais je flâne encore un peu. Cette fois mes pieds me guident jusqu’aux berges du fleuve Salzach. Je m’arrête au hasard, m’allonge dans l’herbe chatoyante et prends un bain de soleil.

Encore une minute, et je me lève.

Encore. Une.

Une réflexion sur “Un weekend poétique à Salzbourg

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s