Cinq jours à Chypre en décembre !

Par le plus grand des hasards – enfin, un vol ryanair à 10€ – j’ai atterri à Larnaca, sur l’île de Chypre, le 6 décembre. Je ne savais pas bien ce que j’allais faire là-bas, mon ami grec m’avait prévenu que le sud était grec et le nord turc, mais c’est à peu près tout ce que je savais. Puis je n’avais jamais mis les pieds en Grèce alors je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Si ce n’est qu’ils utilisent l’euro, car je collectionnais les pièces quand j’étais plus jeune et que j’étais frustrée car c’étaient les plus difficiles à obtenir !

Comme à mon habitude je n’avais rien organisé, si ce n’est ma première nuit que j’avais réservée sur airbnb – les auberges avaient de mauvaises évaluations, et le seul hôte qui m’avait répondu sur couchsurfing m’avait laissé entendre qu’il utilisait plus l’application comme Tinder. No thanks.

Larnaca ou la ville côtière sans charme

J’atterris donc à Larnaca en milieu de matinée, un jeudi, avec mes deux sacs à dos et mes habits de backpacker. Première réaction : il fait CHAUD ! Deuxième réaction : il y a des CHATS PARTOUT !! Voilà, en résumé, Chypre : les températures ne chutent pas tant que ça l’hiver (il faisait 20 degrés la journée) et il y a sûrement plus de chats que d’habitants.

J’attends le bus – longtemps – dépose mes affaires chez mon hôte airbnb et part faire un tour en ville avec l’un des vélos à disposition. Première mauvaise surprise (et ça pour le coup je ne m’y attendais pas) : ils roulent A GAUCHE ! Quand j’étais au Népal c’était pareil, et je ne m’y étais jamais faite même après un mois. Alors rouler à gauche à vélo…mais je n’ai pas le choix, et je trace mon chemin. Deuxième mauvaise surprise : il n’y a quasiment jamais de pistes cyclables ! Je me retrouve à rouler sur une sorte de large trottoir, le long de la voie rapide. Je m’en sors jusqu’à ce qu’il se mette à pleuvoir et que je sois trempée jusqu’aux os par les voitures qui roulent à vitesse grand V. Moi qui cherchais l’aventure après la vie bien rangée à Vienne, c’est réussi ! Sans compter que la ville est BEAUCOUP plus loin que ce que j’avais imaginé, et que je pédale pendant 1 heure environ.

Un peu avant Larnaca, je tombe sur un lac peuplé de flamants roses et c’est un coin qui doit être agréable sans la pluie.

Une fois à Larnaca, je découvre une promenade avec toutes les chaînes que je cherche à éviter quand je voyage (KFC et compagnie), et une seule mini-place avec une petite église en pierre. Voilà, c’est tout niveau histoire.

Ah, si, il y a aussi un château médiéval mais il ne paie pas de mine de l’extérieur, et les avis sur google maps ne me donnent pas franchement envie de le visiter..

La seule chose positive que je retiens de la ville, c’est le resto/snack « souvlaki.gr » où j’ai pu tester la nourriture chypriote. Non sans passer une heure à chercher un snack local d’ailleurs, car les trois quarts des restaurants proposent tout SAUF de la nourriture locale. (Ah, la joie des stations balnéaires…).

Finalement ce que j’aurai préféré à Larnaca en termes d’architecture, c’est cette église qui est juste à côté de mon airbnb :

 

Limassol ou la station balnéaire par excellence

Le lendemain matin, je reprends le bus pour retourner à Larnaca, et monter à bord de l’InterCity qui va à Limassol pour moins de 10€.

Une heure et quart après, je suis à Limassol, qui n’a franchement pas plus de charme que Larnaca. Pire, ils construisent de gigantesques hôtels avec vue sur la mer ce qui défigure le paysage – on aperçoit encore par derrière les collines verdoyantes, mais la vue est gâchée par ces bâtiments difformes.

Le seul avantage, c’est que la mer est chaude et qu’on peut s’y baigner – je suis d’ailleurs la seule touriste, ça c’est l’avantage de voyager en hors saison!

Aussi, l’auberge où je reste n’est pas trop mal (Jedi Hostel) et la gérante russe me prend en sympathie et nous discutons plusieurs heures. Elle me recommande d’ailleurs un restaurant local, et j’y mange une excellente spécialité, la pita sheftalie, pour moins de 5€ !

Et pour crâner, on peut dire qu’on a été dans la ville la plus au sud de l’Europe…. oui regardez bien sur la carte, il n’y a pas plus au sud !

Paphos ou la ville historique

Après avoir un peu profité de Limassol, je vais à l’arrêt de bus pour quitter la ville. Sauf que trouver le bon arrêt est aussi simple que sortir du labyrinthe de Dédale…Le site internet n’est pas à jour et personne ne sait vraiment ce qu’il est advenu de l’arrêt. Je demande à des passants, taxis et commerçants qui me disent tous d’aller attendre à un endroit différent. Je fais des va-et-viens dans la ville et j’ai sérieusement l’impression que c’est une mauvaise blague des scénaristes des Douze Travaux d’Astérix ! Désespérée je redemande ma route, et faisant confiance à mon instinct – c’est la deuxième fois qu’on me donne cette adresse, qui est plus éloignée que les autres – j’y vais. Miracle : c’est le bon endroit et le bus n’est pas encore passé ! Deuxième bonne nouvelle : je ne suis pas seule à attendre et je rencontre deux ingénieurs indiens qui travaillent à Dublin, et un chypriote qui a vécu à Paris.

Le trajet passe rapidement – en même temps, les distances sont tellement courtes à Chypre que ça ne prend qu’une heure à peine – et j’arrive à Paphos. Je m’installe dans ma chambre airbnb, accueillie par mon hôte qui m’offre des Quality Street comme tout bon anglais se doit.

J’avais mal anticipé le fait que l’airbnb était loin de la côte et du centre-ville historique, et je marche quasiment cinquante minutes le long de la route. De toute façon, vu les villes d’avant, mes attentes ne sont pas bien élevées pour Paphos. Mais là, c’est la surprise : je découvre une ville qui a du charme et un patrimoine digne de ce nom ! Je comprends pourquoi c’était la capitale européenne de la culture en 2017. Ni une ni deux je vais visiter le site archéologique, et découvre des mosaïques qui font partie des plus anciennes et mieux préservées de l’île. Elles datent de la période hellénique, soit 323 – 31 avant JC !

Ma préférée est celle qui représente Thésée et le Minotaure, par des cordes enlacées qui sont le symbole du fil d’Ariane.

Dans ce musée en plein air, plusieurs siècles d’histoire se sont succédé et quelques centaines de mètres plus loin on se retrouve ainsi face à une agora latine (les fameux « forums »), de la période 30 avant JC à 330 après JC.

Non loin c’est un saut dans l’histoire et on est déjà à l’époque des francs (1191 à 1489 après JC), qui a laissé un château malheureusement détruit à cause d’un tremblement de terre au XIIIe siècle.

Le cadre est également sublime, notamment lors du coucher du soleil. Je ne regrette pas du tout la visite de ce site et je ne peux que recommander !

Nicosie, ou la capitale coupée en deux

Après cette escale culturelle à Paphos, je reprends le bus – plus facile à trouver cette fois-ci – pour Nicosie. C’est le trajet en bus le plus long depuis le début de mon séjour à Chypre, autant dire que c’est l’aventure. Je traverse plus de la moitié de l’île d’une traite. En deux heures.

J’arrive ainsi en milieu de journée à Nicosie, où je retrouve un étudiant saoudien que j’ai contacté sur couchsurfing et qui peut m’héberger. Il me fait visiter la ville, et c’est l’expérience la plus étrange du monde car la ville est littéralement divisée en deux et qu’il faut montrer son passeport à la frontière ! Et oui si on veut se rendre dans la partie turque de la ville, on quitte l’union européenne ! J’arrive donc devant la police frontalière, qui me demande si c’est ma première fois dans la partie turque. Yes ! Je récupère mon passeport, et j’observe les rues. Tout est différent. Adieu les chaînes occidentales, tout est beaucoup moins développé et plus traditionnel. Moins cher aussi. Nous passons devant une mosquée du XIIIe siècle, mangeons syrien (mon hôte a une bonne adresse) et buvons une bière turque à 1€. J’aime davantage ce côté qui est plus authentique que la partie grecque ! Je comprends pourquoi mon ami saoudien me dit qu’il va tout le temps dans la partie turque.

Cette expérience à Nicosie est aussi un deux en un, car je découvre la culture saoudienne (Arabie Saoudite) avec mon hôte, qui me parle du pays et me fait découvrir la gastronomie saoudienne (le café au sucre et à la cardamome est un must!).

Le Nord de l’île

Je comptais visiter le nord de l’île (qui est donc la partie turque, et où se trouve un château digne d’être visité) mais comme tout ne se passe jamais comme prévu, je n’ai pas pu. Mon avion pour la Turquie partait de l’aéroport d’Ercan vers 22h, et je me suis dit que je pourrais donc aller à l’aéroport vers 15h pour y laisser mon gros sac à dos et partir explorer le nord de l’île jusqu’à la fin de la journée. Sauf que je n’avais pas anticipé l’absence de consigne et le manque de coopération du personnel de l’aéroport….Je me suis donc retrouvée bloquée pendant sept heures dans un hall minable, avec pour seule consolation un sapin de noël face à moi (Noël approchait n’oublions pas..).

Budget

Je pensais honnêtement que la vie allait être moins chère sur l’île. Globalement, j’ai dépensé autant qu’en Autriche (soit un peu moins qu’en France). Ce n’est donc pas aussi abordable que l’Europe de l’Est par exemple, mais je pense que c’est lié à la démographie : beaucoup d’expats britanniques y vivent à l’année, et de mars à octobre le sud de l’île se transforme en station balnéaire. Pendant la période creuse (décembre) toutefois, les prix descendent un peu (j’ai payé 16€ la nuit en airbnb à Larnaca ou Paphos, 10€ la nuit en auberge à Limassol).

J’ai fait le bilan et en 5 jours, j’ai ainsi dépensé 159€ en prenant en compte les transports (vol, bus), logement, nourriture et visites. En sachant que j’ai aussi beaucoup cuisiné, notamment quand j’avais mes logements airbnb, et que je n’ai pas payé ma nuit à Nicosie !

Climat

Décembre n’est pas un mois touristique car il pleuviote de temps à autre et qu’il ne fait « que » 20 degrés la journée, mais honnêtement c’est bien plus intéressant de visiter l’île à cette époque pour éviter le pic touristique des mois plus ensoleillés.

Nourriture

La nourriture est surtout influencée par la Grèce (dans le sud) et si on cherche les petits restaurants locaux on peut trouver de bons plats. J’ai particulièrement aimé la pita sheftalie, le fromage halloumi, le souvlakia, le yaourt de brebis et les koubes !

Le snack « koube » :

BILAN : 4/10

Chypre ne m’a pas convaincue plus que ça, peut-être que j’aurais eu une meilleure expérience si j’avais loué une voiture et vadrouillé sur l’île. La côte grecque est trop axée tourisme de plage à mon goût, et le pays ne met pas assez en avant son patrimoine (mis à part Paphos). Donc ça fait surtout destination farniente, ce qui est dommage car le pays a beaucoup à offrir. En attendant les russes en profitent et s’installent massivement à Chypre pour y lancer leur business. Et peut-être vous aussi demain !

 

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