Une semaine en terre turque !

Après avoir passé quelques jours à Chypre, je m’envole en Turquie depuis le nord de l’île. Mon idée première était de prendre un ferry, mais à cette époque de l’année (décembre) il n’y a pas de liaison jusqu’à Alanya où je souhaite me rendre. Les deux seules options sont les ports de Mersin et Tasucu qui sont à des centaines de kilomètres à l’Est… J’opte donc pour l’avion, solution plus rapide et économique (35€, pris à la dernière minute et incluant bagage en soute!) mais pas en termes d’emissions carbones malheureusement.

J’atterris à Antalya vers minuit, j’ajuste ma montre d’une heure et hop, je suis officiellement en Turquie !

Alanya ou la ville double face (station balnéaire et site historique)

J’avais anticipé que les premiers bus pour Alanya n’étaient qu’en début de matinée, donc je passe ma nuit à l’aéroport, au niveau des départs internationaux. Ce n’est pas le meilleur endroit pour dormir – j’entends les employés de temps à autre – mais personne ne me dérange.

Vers 7h du matin, je prends le premier bus pour aller au terminal de la ville et arrivée là-bas, j’ai l’impression d’être de retour en Amérique latine. Je retrouve les terminaux bruyants aux multiples compagnies et snacks à acheter. Une différence, tout de même : partout je vois des vendeurs de thé ! J’en prends un pour 2 liras turques, le premier d’une longue série.

Je prends ensuite le bus de la compagnie Akdeniz, qui pour 25 liras seulement (4€) se rapproche des meilleurs compagnies sud-américaines, avec écran tactile et personnel qui sert des rafraîchissements.

J’arrive à Alanya après quelques heures de voyage, et me rends à mon logement. Je dis logement, car je n’avais pas anticipé le fait que la côte turque était une station balnéaire, ayant fait peu de recherches, et me retrouve dans un appart-hôtel plutôt classe avec vue sur la mer pour 8€ la nuit. Réservé juste quelques jours avant ! Période creuse oblige, je suis quasiment seule dans l’hôtel et la ville en général. C’est parfait pour visiter les fortifications qui surplombent la ville, et marcher sur la fameuse plage Cléopâtre où cette dernière aurait séjourné.

Déçue toutefois par les restaurants touristiques, je me mets en tête de cuisiner, comme à Chypre, et cuisiner sans déchets ce qui n’est pas simple en Turquie. Déjà, tous les commerçants sont obsédés par les sacs plastiques et veulent toujours m’emballer ce que j’achète (bananes, etc). Et dans les supermarchés ce n’est pas mieux, tout est emballé, sur-emballé. Je me débrouille pour trouver des produits locaux et tester des spécialités locales, qui au moins me permettent de découvrir la gastronomie. Je teste ainsi le pain « bazlama », qui n’est pas mon préféré car trop peu consistant, mais le dessert « sutlac »,une sorte de riz au lait, n’est pas mauvais !

Side ou la copie-confirme d’Alanya

Le lendemain je prends le bus pour Side, qui est dans le même esprit qu’Alanya : plage pour les touristes qui viennent faire du farniente, et site historique (site archéologique romain) pour les plus férus d’histoire.

Les ruines d’un hôpital byzantin :

Les ruines du temple Apollon :

Une différence toutefois, est qu’ici tout est en allemand ou presque. Je me trouve donc au coeur d’une station balnéaire allemande, qui à cette heure-là n’est habitée que par quelques retraités.

Rebelote, je reste dans un appart-hôtel et pars faire des courses, pour me préparer un döner kebab maison, et profite du coucher du soleil sur le retour.

Pour résumer, les villes d’Alanya et de Side ont du charme, ne serait-ce que par leur passé, mais je n’aurais pas aimé y aller en plein pic touristique car tout doit être bondé. D’autre part les infrastructures étant faites pour les touristes, on n’a pas vraiment le sentiment d’être en Turquie et de découvrir la vie locale. Tout est fait pour attirer le touriste européen venu se détendre un peu, et l’immersion culturelle est presque néante.

Bodrum, ou la ville grecque

Toujours aussi adepte des bus locaux, je pars cette fois-ci avec la compagnie Pamukkale qui ne déçoit pas, comme les autres d’ailleurs. Plutôt que de regarder mon écran tactile, je jette un coup d’oeil de l’autre côté de la fenêtre et voit le paysage changer.

La journée dans le bus (12h30 à 20h pour 14€) passe donc relativement vite, et quand j’arrive je prends un autre bus local – non sans galérer pour le trouver – qui m’emmène chez un opticien kurde que j’ai contacté sur couchsurfing et qui peut m’héberger deux nuits. Nous échangeons deux soirs de suite, il me lit ses poèmes kurde et me parle de la difficulté à trouver un travail qui corresponde à ses compétences. Il a 4 diplômes, mais deux étant en langue kurde, ils ne sont pas reconnus par le gouvernement turc et il est même interdit d’enseigner le kurde à l’école. Il s’est donc réorienté et travaille désormais en tant qu’opticien, mais ne me cache pas son envie de quitter le pays, pour la France peut-être…

En attendant, il me reçoit comme un membre de sa famille. Il me fait découvrir des spécialités de sa famille, du fromage au beurre fait par sa tante et cuisine pour moi. Tout est délicieux. L’hospitalité kurde, je m’en souviendrai !

Pour ce qui est de la ville, j’ai eu un coup de coeur pour ces maisons blanches et la vue depuis l’amphithéatre qui surplombe la ville (il date du 4e siècle avant JC, et peut encore accueillir 4000 personnes de nos jours!).

Sans oublier le Mausolée d’Halicarnasse, une ancienne merveille du monde construite vers 350 avant JC. Il ne reste que des fragments éparpillés de ce qu’il était, mais en lisant les panneaux et en observant la maquette on peut essayer de se représenter ce tombeau dédié à Mausole (eh oui, le nom vient de là!) dont la construction a probablement commencé lorsqu’il était encore en vie et que sa femme aurait poursuite. Le Mausolée faisait 45m de haut, imaginez un peu !

J’ai fait un sondage sur mon compte instagram et personne ne savait qu’il y avait cette ancienne merveille du monde en Turquie (moi la première). D’un autre côté c’est pas plus mal, ça évite d’attirer un tourisme de masse !

Si j’avais eu plus de temps, je serais restée pour aller visiter visiter une île grecque à la journée. Je n’avais pas fait attention sur la carte mais Bodrum est aux portes de la Grèce !

Izmir ou la ville résidentielle

Ayant entendu parler d’Izmir par l’intermédiaire d’une amie turque originaire de là-bas, et voyant que c’est un peu plus au nord de Bodrum, je me dis qu’une escale là-bas pour le weekend ne serait pas une mauvaise idée.

Je trouve rapidement un hôte sur couchsurfing, une coloc d’étudiants turcs. Ils m’accueillent avec le thé (forcément) et l’un des étudiants me prend sous son aile. Nous passons la soirée à discuter puis regarder un film turc, et le lendemain il me fait le petit déjeuner et m’emmène visiter la ville. Je dois avouer qu’Izmir n’est pas vraiment une ville qui se « visite », il n’y a que la (petite) place de l’horloge, l’ascenseur gratuit (asensör en turc), et le centre-ville historique se limite à quelques rues. Le reste, ce sont de grands buildings, des entreprises. Mais c’est justement l’occasion idéale pour découvrir la vie à la turque et passer du temps avec les locaux. Je ne regrette pas du tout !

Aussi je réalise avec eux à quel point l’Ouest de la Turquie est proche de la culture grecque, notamment en termes de gastronomie, et mes hôtes turcs en rigolent souvent avec leurs invités grecs (concrètement, deux spécialités vont être identiques mais les grecs vont rajouter « ki » à la fin et dire ce qu’est de chez eux). Sans oublier la fameuse lecture de votre futur à partir du marc de café…

Istanbul ou la ville aux milles visages

Beaucoup de mosquées, le Grand Bazaar, la tour Galata, des épices, des couleurs, des rues bondées, des vendeurs entreprenants,…c’est Istanbul. J’ai fait une grosse journée de visite, et j’étais optimiste. En un jour, on ne peut pas visiter Istanbul. On peut marcher dans la partie européenne, rentrer dans quelques mosquées, voir l’extérieur des bâtiments, se perdre un peu dans le Grand Bazaar, marcher dans la partie moderne et prendre le ferry pour aller à Kardiköy (dans la partie asiatique) tout au plus. Ce que j’ai fait, mais il faut être prêt à marcher 19km !

L’Hagia Sofia :

L’intérieur de la mosquée bleue : Un baklava pour la route : Le grand Bazaar :

J’y retournerai ne serais-ce que pour pénétrer dans l’Hagia Sophia et visiter le musée. Honnêtement, on m’avait dit qu’Istanbul était grand mais je ne pensais pas à ce point. La partie asiatique est sans fin, j’ai pris le bus qui menait à l’aéroport par deux fois et je n’ai jamais autant vu de buildings de ma vie. Du coup, on comprend rapidement que c’est un style de vie : mon hôte couchsurfing, une turc quadragénaire, en est l’exemple parfait. Elle travaille en comptabilité dans une grosse boîte, ne compte pas ses heures, et fait de grosses journées car son travail est loin. Qui plus est l’économie du pays n’est pas au plus fort, et elle me dit que c’est difficile de s’en sortir…

La langue

Le turc n’étant pas une langue indo-européenne, la langue est à des années lumières du français. Oui mais…Lors de la première moitié du XXe siècle, Atatürk, le fondateur de la République turque, a mené des reformes qui ont profondément transformé la langue, en remplaçant la plupart des mots perses et arabes par des mots français. Histoire de se rapprocher un peu de l’Europe. Par la même occasion il a aussi changer l’alphabet, qui est devenu latin. Donc, quand on lit du turc, on a parfois l’impression de comprendre. Les mots français sont écrits comme ils se prononcent en turc (bijuteri, makiyaj…) ce qui est assez surprenant pour un francophone !

Le mot le plus inattendu est « pardon » qu’ils utilisent à tout va. Et c’est tout de même étrange d’entendre « pardon » de la bouche d’un turc qui vous bouscule pour sortir du métro.

La nourriture

On pense tous aux Döner Kebab, mais la Turquie c’est bien plus que ça !

Pour le salé il faut tester la pizza Lahmacun, les Dürum, Pide.

Niveau dessert penser aux loukoums, baklavas et lokmas.

D’ailleurs pour la petite histoire, on peut manger des lokmas gratuitement dans plusieurs villes (Izmir par exemple) car c’est un dessert qui s’offre dans la rue lorsqu’il y a un mort dans la famille. Malheureusement j’ai appris ça trop tard et j’ai acheté une grosse boîte de lokma à Bodrum, je me demande ce qu’a pensé le vendeur avec le recul…

Pour le petit déjeuner, j’aimais bien prendre des boyos, une sorte de petit pain souvent fourré aux olives.

Sinon j’ai eu un coup de coeur pour le « Cig Köfte », méconnu en Europe mais un pur délice : en bref c’est de la pâte de boulgour étalée sur un pain plat, et ça se mange comme un petit snack.

Le temps

En décembre, il pleut régulièrement et il fait assez froid dans le nord (autour de 7 degrés à Istanbul) donc ce n’est pas le meilleur mois mais dans le sud je suis plusieurs fois passée entre les gouttes de pluie. J’avais une simple veste et je n’ai pas eu froid, sauf à Istanbul !

Les transports

Tout est très bien organisé en Turquie, surtout le transport en bus avec de grands terminaux. Le transport aérien est également développé et low-cost avec Pegasus, parfois moins cher que le bus !

Budget

Niveau budget, j’ai dépensé 189€ en 9 jours. Le principal poste de dépenses est le transport, comme on peut le voir. Je pensais honnêtement dépenser plus en Turquie, mais d’une part le taux de change est très intéressant pour les européens en ce moment (6 liras = 1€, alors que par le passé c’etait plutôt 2 liras = 1€) et de l’autre, les turcs sont si accueillants (ce sera mon dernier point justement) qu’ils ne me laissaient rien payer.

L’accueil turc

Comment parler de la Turquie sans mentionner l’hospitalité ? J’ai été hébergée chez l’habitant dans trois villes, et été si bien reçue à chaque fois. Rester chez des turcs, c’est se faire de nouveaux amis, découvrir une culture où la chaleur humaine est au coeur des relations sociales et partager un moment de convivialité.

La Turquie, c’est donc ce pays aux portes de l’Europe qui malgré le contexte économique (et politique) difficile, nous accueille comme des cousins et fait écho de la solidarité que l’on avait encore dans nos pays occidentaux il y a un demi-siècle.

Turquie : 8/10

(Moins 1 pour la faible conscience écologique, le traitement des déchets et le suremballage)

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