Un mois d’aventure et de nouvelles expériences (auto-stop, camping sauvage…) – Maroc 2019

Après deux semaines en Andalousie, mon voyage ne s’arrête pas là. Bien au contraire. Je trouve un vol dernière minute à 5€ pour faire Seville-Tanger, et hop c’est parti. Depuis décembre, je commence à bien en profiter du voyage hors-saison !

Tanger, premiers pas chez une famille marocaine

Quand j’atterris, le coucher de soleil approche. J’attends à l’extérieur de l’aéroport que mon hôte couchsurfing vienne me chercher, sur les sièges à gauche de la sortie comme il me l’a conseillé. Heureusement que le wifi de l’aéroport fonctionne à l’extérieur, le Maroc n’est pas inclut dans mon forfait free donc je n’aurais pas pu le joindre…
Il a un peu de retard mais ce n’est pas grave, je ne suis pas pressée. J’ai toujours du mal à me dire que je suis sur le continent africain pour la première fois de ma vie !

Les arrivées à l’aéroport de Tanger :

Lorsqu’il arrive, c’est environ 18h et nous partons chez lui en taxi. Il me salue en français, mais nous parlerons anglais le reste du temps – ce qui sera souvent le cas avec les marocains de mon âge, qui parlent mieux anglais que français. Son anglais est d’ailleurs excellent !
Nous passons progressivement d’une route goudronnée avec panneaux de circulation à un chemin rocailleux, sinueux, et arrivons dans son quartier. A moins d’être un local, c’est impossible de s’y repérer, m’explique-t-il. Les routes n’ont pas de nom et ne sont même pas répertoriées sur google maps. L’une de ses soeurs (qui a environ 18 ans) n’est d’ailleurs jamais sortie du quartier, me dit-il. Il me raconte que lorsque sa famille a construit sa maison dans ce quartier, il n’y avait que 5 maisons. Aujourd’hui, avec le développement de Tanger – lié notamment à son port et à la pêche – il n’y a plus un lopin de terre disponible dans le coin. Surtout, il y avait une grande sécurité dans le quartier alors qu’aujourd’hui il est en proie au crime. Il me parle justement d’un voleur qui a tenté de s’infiltrer chez son voisin, seulement quelques jours plus tôt…
D’ailleurs parlons de la maison, c’est son père qui l’a construite de ses propres mains. Ici pas de permis de construction, de chantier avec des maçons. Juste une taxe à payer pour la construction de chaque nouvel étage. Depuis le toit, on peut d’ailleurs voir l’étendue de son quartier. Après le petit déjeuner, son père m’y emmène et je joue avec le benjamin de la famille, qui tourne en rond dans sa petite voiture en plastique.

La vue depuis le toit de la maison : dire qu’il n’en avait que quelques unes avant !

Chez lui, je suis accueillie comme un membre de la famille et ils partagent leur repas avec moi. Pourtant c’est une famille nombreuse : les parents, les cinq enfants, et des petits-enfants en bas âge.
Soupe traditionnelle harira, petit déjeuner avec du thé vert, des oeufs au plat et de l’huile d’olive, pain plat… je me régale chez eux et ne manque de rien. Et comme en Turquie, impossible de laisser de l’argent pour les aider, il m’explique qu’il refuse catégoriquement.

Le petit-déjeuner que je partage avec la famille (environ 8 personnes ce matin-là) :

Mon hôte me raconte l’histoire de sa famille, les difficultés financières et la corruption du pays. Son père a ainsi commencé à travailler à 9 ans pour subvenir aux besoins de sa famille et a vendu des fruits et légumes sur une des places principales de Tanger une bonne partie de sa vie, la place du 9 avril. Aujourd’hui il travaille dans un bureau et surveille les caméras de sécurité d’une école la nuit. Le père me mime d’ailleurs son travail lors du petit déjeuner, alors que mon hôte est parti travailler et que je n’ai plus d’interprète pour me faire comprendre. Mais nous parvenons à communiquer avec les quelques mots de français qu’il connaît et surtout avec de grands gestes, il est très expressif et cela crée une certaine tension dramatique lorsqu’il mime les dangers qu’il voit sur les caméras de surveillance. J’apprends avec lui mes premiers mots d’arabe lorsqu’il m’emmène à l’arrêt de bus pour partir visiter la ville : « tobus » pour l’autobus, « motor » pour les motos..bon ok ce sont des mots proches du français mais c’est un bon début !

Quand nous quittons le quartier pour aller à l’arrêt de « tobus » :

Mon hôte est un marocain de 24 ans débrouillard, altruiste, et très positif qui me brosse en une soirée un portrait du Maroc haut en couleurs et nuances. Je réaliserai par la suite de mon voyage que c’était un portrait très juste. Du positif, à commencer par les locaux qui nous accueillent les bras ouvert, au moins positif avec les policiers et docteurs corrompus, un système éducatif enrayé et le manque de débouchés pour la population locale et surtout les jeunes…
Mon hôte a pu trouver un travail, mais c’est physique et psychologiquement éprouvant car les relations avec ses collègues ne sont pas excellentes – on lui met des bâtons dans les roues car il a soif d’apprendre, le paradoxe !
Il gagne ainsi 200€ par mois (2000 dirhams), ce qui suffit juste pour aider sa famille comme seuls son père et lui travaillent.
Quand je quitte le quartier pour aller visiter le centre Tanger, j’ai l’impression de découvrir un autre monde et c’est aussi ce qu’a ressenti mon hôte lorsqu’il s’est lancé sur couchsurfing et qu’il a commencé à montrer le centre ville à des voyageurs. Il ne connaissait pas la ville jusqu’à ses 20 ans, il était tout le temps resté dans le quartier.
Le matin avec ses parents avant de partir dans Tanger :
Je parcours ainsi la médina, le port, la plage, croise quelques touristes et me fait alpaguer par des marocains qui veulent discuter, me montrer leur terrasse et me vendre quelques objets. Certains aussi me quémandent de l’argent, souvent sans être courtois.

Le célèbre café Baba :

Une jolie mosquée près du port :
Les rues de Tanger : des maisons blanches parsemées de couleurs
La plage de Tanger :
Coucher de soleil : de l’autre côté de la mer, c’est l’Espagne !

Tétouan, la ville des artisans

Je quitte la famille le coeur serré, et pars pour Tétouan en bus. Je paie à peine 1€ et y arrive 1h45 plus tard. A quelques kilomètres de la ville, il y a d’ailleurs un barrage de police et ils effectuent un contrôle d’identité des passagers. Ils récupèrent ainsi toutes les cartes d’identité du bus, sauf la mienne. C’est vrai qu’en uniforme Quechua, j’ai bien un look de touriste…
Arrivant en milieu d’après-midi, j’ai du temps devant moi et commence à flâner dans la médina. Abdul, un marocain qui parle français et a vécu à Marseille, commence à me taper la discute et propose de me faire visiter gratuitement la ville, en me montrant d’abord les tanneurs qui travaillent dans le centre. Quand je vois que ses copains tanneurs cherchent à me vendre leurs pièces avec insistance, je me dis que la visite ne sera sûrement pas gratuite, elle aussi… Quoi qu’il en soit, je leur tiens tête en leur disant que non, je ne peux pas acheter de tapis car je n’ai pas de place dans mon petit sac de 20L et que c’est le début de mon voyage…Ils insistent tant bien que mal, en prenant le plus petit de leur tapis et en me montrant qu’en le pliant il ne prend pas de place. Par la suite de mon voyage je rencontrerai d’autres touristes à qui on a fait la même démonstration, ils sont malins ces commerçants marocains ! Mais je ne cède pas, et continue la visite guidée en sa compagnie. Après deux heures à vadrouiller, sans réellement m’expliquer l’histoire de la ville (il n’avait jamais vraiment de réponse détaillée à mes questions), il me réclame 200 dirhams. 20€. Soit ce que mon hôte marocain à Tanger gagne en deux jours de travail. Il n’a pas froid aux yeux ! Je lui dis que je suis étudiante, que c’est une grosse somme et il commence à s’énerver. Je finis par lui donner 5€ (je vois qu’il y a la police à côté de moi, mais vu la façon dont il a souri aux policiers et à la plupart des locaux dans la ville, je me dis qu’ils sont clairement de mèche et que ce système de faux guide doit leur rapporter du flouz comme on dit).
Les rues étroites de la medina : 
Exemple des sacs et tapis que les commerçants voulaient me vendre :
Mon faux guide :
La vue sur Tétouan avec le cimetière (blanc lui aussi!) en contrebas 
Arrivée à mon auberge, je tombe sur deux anglophones qui voyagent en auto-stop depuis Fès (un américain et une anglaise qui parle d’ailleurs couramment français) qui me disent qu’ils se sont aussi faits avoir au début, et que la meilleure solution est d’ignorer les locaux qui nous abordent dans les médinas marocaines car malheureusement la plupart sont de faux guides…
L’américain voyage d’ailleurs depuis 19 mois, en auto-stop, depuis l’Asie centrale (Ouzbekistan) et a rencontré l’anglaise à Fès alors qu’il revenait de la Mauritanie. Pays qu’il a d’ailleurs rejoint en auto-stop, en passant par le Sahara occidental…et rien ne lui est arrivé, il est là pour en témoigner !
Dans cette auberge il y a une très bonne ambiance, et je rencontre deux autres voyageurs, un russe, qui connaît une autre russe que j’avais rencontré à Bogotá en septembre dernier (le monde est petit!) et Abdou, un marocain qui habite à Essaouira et qui est en vacances ici. Par le plus grand des hasards nous réalisons que nous suivons la même route, et voyageons ensemble pendant une semaine.
Pour ce qui est de la ville, je vois la différence avec Tanger : beaucoup moins touristique (je ne vois quasiment pas de touristes), très artisanale (on peut voir des tanneurs dans leur atelier à chaque coin de rue, et boire des jus d’avocat un peu partout), et labyrinthique (se perdre est très, très facile, c’est d’ailleurs la médina marocaine dans laquelle j’ai eu le plus de mal à me repérer).

Chefchaouen, la ville pas si bleue

LA ville dont tout le monde me parlait avant mon départ était Chefchaouen. « Il faut ABSOLUMENT » que tu y ailles ! « Quoi, t’en as jamais entendu parler? » « Mais attends regarde comme c’est bleu » « tellement instagramable cette ville! ».
Quand on me survend une destination, c’est rarement qu’elle finit par me plaire. Et ce fut le cas pour Chefchaouen.
Après Tanger et Tétouan, c’est clair que cette pause dans les montagnes dans un coin calme fait plaisir. C’est aussi agréable de se balader dans la ville. Mais il n’y a QUE des touristes (ça me rappelle Pisac au Pérou), et pour manger quelque chose de bon à un prix correct, il faut quitter la médina et aller dans les restos locaux, ce que l’on fait avec mon ami marocain. Sinon, la ville en soi n’est pas « si » bleue que ça, et le mieux est d’aller randonner ou voir la cascade Akchour – ce que je n’ai pas le temps de faire.
Les rues de la medina :
Virée sur la colline d’en face avec Abdou : on ne voit quasiment pas le bleu de la ville !
Du coup, j’ai un peu l’impression que Chefchaouen est « LE » passage obligé, puisque c’est sur la route pour Fès, mais qu’une fois là-bas ça fait un peu l’attrape touriste..
Mitigée sur la ville mais contente des rencontres que j’ai pu y faire, notamment un malaisien de 23 ans grand bavard et voyageur qui parle couramment français (et 4 autres langues). Il fait un stage sur Paris en hôpital, et a appris le français en quelques mois. C’est une bouffée d’air frais quand il est dans la pièce, et on est content d’apprendre qu’il va aussi à Fès. L’aventure continue !
On croise aussi un français qui voyage à vélo depuis le nord de l’Espagne, mais qu’on ne reverra sûrement pas puisqu’il lui faudra trois jours pour aller à Fès.

Fès, la ville où je suis contente de ne pas m’être éternisée

Quand on arrive à Fès, on est 3 : mes amis marocain et malaisien, et moi. Après avoir négocié le prix du taxi pour nous emmener à l’auberge (voyager avec un marocain a de grands avantages : j’ai toujours payé le « vrai » prix avec lui!) nous faisons la rencontre d’une allemande qui vient de passer 3 semaines à Rabat où elle a pris des cours d’arabe. Tout de suite le courant passe bien, et notre groupe s’agrandit.
On se balade ensemble dans la ville, et on s’accorde tous pour dire que c’est la médina marocaine qu’on aime le moins. Les commerçants ne sont pas sympathiques et ont une technique de vente agressive (certains nous poursuivent dans la rue), un enfant s’improvise guide, et la partie la plus profonde de la médina craint franchement (on comprend rapidement qu’il s’y passe des trafics de drogue).
La « plus belle vue » que j’ai trouvé de Fès :depuis les terrasses de la medina
Une des portes d’entrée dans la medina (porte se dit « dar » en arabe ») :
La medina bondée :
On tente un resto touristique dans la médina car on n’en trouve pas à l’extérieur – qui plus est avec la police touristique qui rôde, on doit régulièrement se séparer de notre ami marocain qui s’est déjà fait questionné à Chefchaouen lorsqu’il était en ma compagnie, la police l’ayant soupçonné d’être un faux guide..on tombe vraiment dans la paranoïa, même les marocains n’ont plus le droit de partir en vacances?!
Bref, le resto touristique n’est pas du tout bon, mon ami marocain fait d’ailleurs une tête bizarre quand il voit mon couscous qui n’a pas vraiment une tête de couscous…
On finit par trouver un resto local avec des prix corrects et tajine de qualité, j’y retournerai d’ailleurs quelques semaines plus tard lorsque je m’arrêterai (malheureusement) de nouveau à Fès pour aller prendre mon avion retour au nord du Maroc.
La meilleure tajine de Fès, à 25 dirhams (environ 2€!) :
On m’avait vendu Fès comme étant la ville historique par excellence, puisqu’elle a été capitale du pays pendant trois siècles (du XIIIe au XVe), que c’est la plus ancienne ville impériale du pays, qu’elle  abrite la plus ancienne université du monde (que l’on ne peut pas visiter car c’est en partie un lieu de culte aujourd’hui) et que c’est la plus grande médina du monde… Alors oui, la vue depuis le toit de l’auberge est assez sympa, mais tous ces superlatifs ne sont pas de Fès une ville charmante que l’on a envie d’explorer pendant des heures.
Je comprends mieux pourquoi j’ai rencontré de nombreux touristes qui m’ont dit que pour eux, Fès était bien pire que Marrakech…Ca a été pareil pour moi !
Finalement, le moment que j’ai préféré c’est quand on est sorti de la ville et que l’on est allé faire des acrobaties sur la colline qui surplombe la ville. Là-haut, on se sent beaucoup mieux !
Avec mon groupe d’amis quand on voit de beaux moutons pas tondus :
Séance acrobatie sur la colline :

Des galères et des rebondissements : auto-stop de Fès à Rabat

Après avoir rencontré deux touristes qui voyageaient en auto-stop à travers le pays, je me suis dis que ce serait l’occasion d’essayer. Mon ami marocain était partant, alors ni une ni deux, on a fait le plein de fruits, salué nos deux amis et longé la voie rapide qui quittait Fès.
Les galères commencent lorsque l’on réalise que les voitures vont trop vite pour s’arrêter, et qu’il y a plusieurs embranchements avant qu’elles n’aillent toutes sur Rabat.
Un taxi s’arrête et nous fait quitter la ville pour quelques dirhams, puis une autre voiture nous prend sur quelques hectomètres.

On continue notre marche, ça fait une heure qu’on a quitté nos amis et toujours rien trouvé… On commence à désespérer lorsqu’un van s’arrête. Ce sont deux jeunes de Casablanca, qui déménagent un frigo. Mon ami marocain s’entend tout de suite bien avec eux, et nous montons : lui à l’arrière à côté du frigo, moi à l’avant.

Ils sont très bavard, et je comprends grosso modo le thème de la conversation grâce aux mots de français qui se glissent ça et là…et les bluffe lorsque je leur dis qu’ils parlent de leur mauvaise expérience avec des vendeurs.
Ils nous offrent le thé sur une aire d’autoroute, m’apprennent quelques mots en arabe et nous continuons la route jusqu’à Rabat.
Enfin presque. Je commence à me dire qu’on roule depuis longtemps, et en regardant sur mon appli maps.me je vois qu’on a dépassé l’échangeur de Rabat. J’en parle à mon ami marocain, qui me rassure en me disant qu’ils savent qu’on ne va que jusqu’à Rabat. Sûre de mes yeux, je lui montre la carte et il réalise en discutant avec les deux marocains qu’ils ont oublié qu’on s’arrêtait à Rabat… Résultat, ils nous déposent à la tombée de la nuit sur le bord de l’autoroute. D’après le gps, on est à plus de 3 heures de marche du centre-ville. Ca ne pouvait pas être si facile..
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On traverse l’autoroute et fait de l’auto-stop au niveau du péage. Un camion nous prend sur quelques kms, et nous dépose au niveau de la sortie vers Rabat.
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Rebelote, on traverse l’autoroute et le pouce en l’air attendons une voiture. C’est le coucher du soleil, et j’immortalise le moment.
On attend à peine 5 minutes, et un marocain en audi nous prend. Je m’assois à l’arrière dans cette voiture luxueuse, avec même un joli tapis pour mes pieds. Encore une fois nous tombons sur un marocain très sympa et qui nous dépose à la station des Grands Taxis (taxis partagés) qui nous mène pour quelques dirhams à la médina de Rabat.
On arrive vers 19h30 à l’auberge de Rabat.
Bilan : 15 dirhams dépensés à deux pour aller de Fès à Rabat, soit 1.5€, et une sacrée aventure.

Rabat, le calme après la tempête

Rabat est l’une des villes que j’ai préférée. Ici, contrairement à Fès, personne ne me suit dans la rue en s’improvisant guide et les commerçants ne cherchent pas à interagir avec moi pour que je rentre dans leur resto ou magasin. Ca fait plaisir de pouvoir respirer et d’être moins sur ses gardes.
Je suis aussi contente d’être à Rabat, car je vais revoir un marocain que j’avais rencontré à Vienne avec couchsurfing. Ingénieur, il travaille pour l’équivalent marocain de VINCI autoroutes et je réalise en le rencontrant de nouveau qu’il a un niveau de vie bien plus élevé que la moyenne des marocains. Il vient d’ailleurs nous chercher dans sa belle voiture, nous fait faire le tour de Rabat, nous montre la plage et nous marchons avec lui dans la médina avant de manger un tacos.
A Rabat je rencontre aussi la première française de mon voyage, une bretonne qui s’approche doucement de la quarantaine et qui est en reconversion professionnelle.
Avec Abdou à la tour Hassan : 
La tour à 2 doigts de s’écrouler sous mon poids :
La médina de nuit : 
Près du port : 
Le palais royal : contrôle de passeport pour venir jusque là, mon ami marocain est encore questionné par la police et je dois leur expliquer (encore une fois) que ce n’est pas un faux guide 

Essaouira, presque trop paradisiaque ?

Avec Abdou, nous prenons un bus de nuit pour aller jusqu’à Essaouira, qui sera sa destination finale puisqu’il habite là-bas. Nous manquons d’ailleurs de rater le bus, qui était en train de quitter le parking quand nous avons grimpé à son bord…
Comme d’habitude je dors mal dans le bus (c’était pareil en Amérique latine), et nous arrivons à Essaouira au petit matin, vers 6h, après sept heures de voyage.
Abdou est aussi un adepte de couchsurfing, et il m’héberge pendant quelques jours dans son appartement qu’il partage avec son coloc qui travaille dans le même magasin que lui. Quand j’arrive, plusieurs voyageurs sont d’ailleurs sur le départ. Il y a toujours du monde chez eux, je partage ainsi ma chambre avec une anglaise qui est là depuis un mois !
Il me fait visiter la ville, et je comprends pourquoi il en parlait à tous les voyageurs. Il y a la mer, il fait bon, la médina est calme.. C’est très tranquille, et il y a toujours des musiciens sur la place centrale. J’entends aussi beaucoup parler français, Abdou m’explique que de nombreux retraités se sont ainsi installés ici et que la plupart de ses clients sont français.
C’est vrai que par rapport à Fès, il n’y a pas photo. On a plus envie de s’éterniser ici. Je reste moi aussi plus longtemps de prévu, en profitant pour aller faire du surf à Sidi Kauki (au sud d’Essaouira) pour 5€, de me faire couper les cheveux pour le même prix et d’aller dans un hammam local pour 31 dirhams (incluant l’entrée, le savon et le grattoir, soit à peine 3€!). Je revois aussi l’allemande que j’avais rencontrée à Fès, et qui loge chez Abdou pendant une nuit.
La medina :
Le coucher de soleil sur le port : le plus beau que j’ai vu au Maroc
Le port de jour : 
Chez Abdou avec la tajine qu’il a préparée et notre amie allemande :
Les toilettes / salle de bain : construction en bois ingénieuse faite par son coloc !
Le poisson du port :
Avec Abdou et Myriam: 
Quitter Essaouira n’est pas facile, on s’y sent bien et on s’y fait vite des amis. Surtout, c’est Abdou que je dois quitter après 10 jours à se voir tous les jours !
Je pars prendre mon bus pour Marrakech le coeur serré.

Marrekech, le repaire touristique

A Marrekech, je passe deux nuits dans l’auberge kif-kif, à deux pas de la place principale Jemaa-el-fna.
J’en profite pour me faire une journée culturelle, au cours de laquelle je visite les Palais Badi et Bahia.
Je recommande le palais Badi, construit au XVIe siècle en marbre italien payé en sucre, qui fait office de palais-musée avec une exposition instructive sur l’histoire de Marrakech. Saviez-vous que Marrakech signifie « terre sainte », d’amur qui signifie pays en berbère et akush dieu ? Moi non !
Même si beaucoup a été détruit, les panneaux explicatifs donnent une idée de l’importance du palais à l’époque et de la place centrale qu’occupait Marrakech dans les échanges avec l’Europe. Pour ceux qui ont visité l’Andalousie, les similitudes avec les palais andalous sont marquantes, et ce n’est pas par hasard : le sultan al Mansour s’est justement inspiré des palais construits en « Al-Andalus », l’Espagne islamique du VIIIe au XVe siècle.
Le palais Badi : 
Toutefois je ne recommande pas la visite de l’autre palais connu de Marakkech, le palais Bahia. Il est bondé, il n’est pas vraiment entretenu et il n’y a quasiment pas de panneaux explicatifs. Je me suis retrouvée au milieu de hordes de touristes chinois, et je n’ai pas pu m’imprégner du lieu. Et honnêtement il ressemble beaucoup aux palais qu’on peut visiter en Andalousie, comme à l’Alhambra ou à l’Alcazar de Séville. Alors autant y aller là-bas, surtout que le Maroc a récemment augmenté le prix des entrées pour les attractions de Marrakech et que chaque ticket coûte désormais 70 dirhams (soit 7€, alors que je lisais dans un guide que c’était encore 1€ il y a peu..).
Le palais Bahia : noir de monde et sans panneaux explicatifs sur l’histoire du lieu
Si j’étais restée plus longtemps, je pense que j’aurais visité des jardins, mais j’étais contente de ne pas m’éterniser à Marrakech. C’est LA ville touristique par excellence, on ne rencontre jamais les locaux (en tout cas pas dans la médina, puisqu’il n’y a que des commerçants) et on voit aussi que toutes les infrastructures sont faites pour plaire aux touristes. Je n’ai pas reconnu le Maroc qui me plaisait jusqu’alors.
J’ai toutefois réussi à trouver un bon restaurant, avec des prix corrects, et à deux pas de la place principale, en déambulant dans la rue. Deux suisses qui étaient assis à côté de moi m’ont confirmé que c’était un restaurant de qualité : ils reviennent régulièrement ici, depuis une dizaine d’années.
D’ailleurs j’ai bien fait de m’y arrêter, car j’ai fait la connaissance d’un retraité français, un ancien prof de français au lycée, avec qui j’ai pu échanger toute la soirée et avec qui je suis restée en contact. Se retrouver à parler de Rousseau un vendredi soir en mangeant une soupe marocaine, c’était pour le moins inattendu !
La medina :
Les herbes marocaines :
Une des portes les plus anciennes (et impressionnantes!) de la ville :
La place principale de Marrakech : 
La très bonne soupe que j’ai pu manger : 

Cap vers le sud, les palmiers et le désert : bienvenue à Ouarzazate !

Le samedi matin, je pars à pied vers la station de bus. J’y arrive environ 45 minutes plus tard (pas besoin d’y aller en taxi, il suffit de longer les grands boulevards : rien de bien compliqué!). Je saute dans le bus CTM qui part pour Ouarzazate, à 200km de là et 4h30 de route.
J’y arrive dans l’après-midi, et retrouve Ismail, un marocain de 19 ans que j’ai contacté sur couchsurfing et qui a accepté de m’héberger dans sa famille. On s’entend tout de suite très bien et on parle de musique, voyage, aventure, sport ou séries. Il étudie à la fac de la ville et travaille en même temps dans un hôtel. En ce début février, c’est une période assez morte et le patron me propose ainsi gratuitement de dormir dans une chambre de l’hôtel ! Cela fait des semaines que je n’ai pas dormi seule dans une pièce (la dernière fois était en Andalousie, quand j’avais fait une semaine de volontariat) et je suis tellement heureuse à l’idée de passer une nuit reposante.
La route de Marrakech à Ouarzazate : des myriades de paysages
A l’hôtel, la vue sur la palmeraie depuis la terrasse :
Une chambre d’hôtel gratuite pour la nuit !
Au réveil avec Ismail et une voyageuse espagnole : 
Je réalise encore une fois que le monde est petit : mon hôte marocain connaît mon hôte de Tanger, car ils se sont tous les deux retrouvés le même jour au tribunal de Ouarzazate pour avoir voyagé avec des touristes européennes… La police touristique les soupçonne d’être de faux guides, et comme ils n’ont pas d’autorisation signée des touristes pour être avec elles, la police ne les écoute pas. Même s’il leurs montrent leur compte couchsurfing, instagram, en prouvant qu’ils sont bien amis…
Ils devaient faire 1 mois de prison chacun et payer une amende salée (100€), finalement ils s’en sont tiré en ne payant que l’amende grâce à l’intervention d’un marocain qu’ils ne connaissaient pas mais qui les a aidés.
Du coup, avec mon ami marocain, on fait faire une autorisation auprès des autorités locales, qui nous prend près de 3 heures car il faut faire des aller-retours entre différents bâtiments et attendre.
Sinon, la vie à Ouarzazate est très tranquille. Tout est désertique, il y a des champs entiers de palmiers et le soleil tape la journée alors qu’on est début février.
En soi la ville ne se visite pas vraiment, mais c’est un tremplin pour explorer les environs. Et il y a de quoi faire : les studios cinéma de l’Atlas, l’Oasis de Fint, la kasbah de Aït ben Haddou, la vallée des roses et la vallée du Draa.
NB : j’ai pu visiter les studios de cinéma et je ne les recommande pas vraiment, il n’y a aucune explication et on marche juste dans d’anciens décors vides. J’adore le cinéma mais cette visite ne m’a pas apporté grand chose…

Une semaine chez les berbères aux portes du désert

Ayant pris l’habitude de voyager avec workaway, c’est tout naturellement que j’ai cherché les options pour le Maroc. Après des recherches, je me tourne finalement vers un projet aux portes du désert, en marge du village de Tagounite, dans la vallée du Draa, où d’anciens nomades se sont installés. Les évaluations sur leur page sont assez incroyables, mais ayant déjà eu plusieurs mauvaises surprises (dont une en Equateur) je reste un peu méfiante. Et j’ai bien fait !
En soi, je n’ai pas passé une mauvaise semaine. Les deux berbères qui géraient le projet étaient sympathiques et j’ai rencontré plein de voyageurs : beaucoup d’allemands dont un couple qui voyage pendant 1 an, un couple de designer français qui voyage avant de commencer à travailler, une américaine qui habite là, une autre qui travaille dans un hôtel une partie de l’année puis qui voyage sur ses économies pendant plusieurs mois, une canadienne aux origines philippines qui voyage pendant près d’un an avant de commencer l’université…
Mais le projet n’était pas du tout organisé et ça se voyait clairement qu’ils comptaient sur l’apport financier des bénévoles (5€/jour) pour se rémunérer. De tout mon voyage c’est là-bas que j’ai mangé la nourriture de moins bonne qualité, à commencer par le pain. L’américaine qui cuisinait faisait du bon travail (elle a quand même réussi à nous faire des tajines, soupes, pâtes, du couscous…), mais les deux berbères n’achetaient juste pas assez en sachant qu’on était souvent 15 à 20 à table. Donc dure semaine pour mon estomac, surtout qu’il faisait chaud et que le soleil tapait fort !
Au niveau du travail, comme je le disais, rien n’était vraiment organisé. Ainsi un jour je réparais des trous dans le mur, un autre je faisais de la boue (un mélange d’eau et de sable avec des graviers) pendant une heure puis ensuite j’arrêtais et je ramassais des mégots de cigarettes…Qui plus est tout était vraiment approximatif.
Ce qui m’a vraiment plu finalement, c’est le cadre et le fait d’être, littéralement, au milieu de nulle part :

Le travail aux portes du désert : 

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Avant/après : le bronzage en travaillant tout le temps dehors

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Photo polaroid avec les amis bénévoles :

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Donc un lieu calme, apaisant, qui permet de faire le vide autour de soi et de s’adonner à la lecture. Et aux portes du désert, il y a déjà quelques dunes de sable fin ! D’ailleurs on est à une vingtaine de kms de l’Algérie, qui est de l’autre côté de la montagne. Malheureusement interdiction de s’approcher de la frontière, ce qui est dommage car il y avait de belles dunes.

Remonter la vallée seule et en auto-stop

Le dimanche 10 février, je me lève à 7h30 et quitte le volontariat avec l’autre couple de français. Eux partent en direction de M’hamid pour voir le désert, moi je retourne vers le nord. Il me reste environ une semaine pour retraverser le pays et arriver à Nador, d’où part mon avion pour Marseille.
Arrivée à Tagounite, je salue mes amis français et le berbère qui nous a accueilli, puis prends un grand taxi jusqu’à Zagora pour 25 dirhams. Je reprends des forces et me fait plaisir avec un bon jus d’avocat.
Retour à la civilisation et aux déchets, gros problème au Maroc :
En milieu d’après-midi, je me dis qu’il est temps de me lancer : je n’ai pas envie de quitter le Maroc sans avoir essayé l’auto-stop. Je marche le long de la route, le pouce en l’air, et une première voiture me prend et me dépose à une station-essence. Anis, le conducteur, est un marocain très sympathique, qui parle anglais et est désolé de ne pas pouvoir me déposer plus loin. Il propose même de me donner de l’argent pour que je puisse prendre le bus jusqu’à Ouarzazate. Je lui explique ma démarche et refuse son argent, nous nous ajoutons sur facebook puis je le salue.
Je reste quelques temps au niveau de la station essence puis comprends rapidement que personne ne me prendra car il y a un barrage de police juste après. Je salue les policiers et continue mon chemin pendant quelques hectomètres, avant de relever le pouce. Cette fois-ci c’est un commerçant marocain qui parle français qui me prend. Il possède son hôtel non loin de là et s’y rend justement. Il m’invite ainsi à prendre le thé, me fait visiter le musée des arts de la région avec de très beaux outils artisanaux, m’explique la différence entre les berbères et les arabes au niveau de la tenue, me décrit le procédé de conservation des dattes (pendant 4 ans dans le sel et le cumin), me parle de la méthode pour que les fourmis meurent dans une corne où ils mettent du sucre…, et me propose de travailler pour lui ! Je le remercie et prends sa carte de visite, en lui disant que j’en parlerai à des amis. Donc si jamais vous êtes intéressés, je peux vous mettre en contact ! Je ne pense pas que le job paie beaucoup, ce serait surtout pour travailler en communication et mettre en valeur son site web. Mais le cadre est génial, c’est juste à côté d’une palmeraie !
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Après lui avoir fait comprendre que je devais partir – il est déjà 17h!- je retourne près de la route. Après quelques minutes seulement d’attente, c’est une voiture à immatriculation française qui s’arrête. Je fais la rencontre de Frank, un peintre français de 67 ans qui vit entre la Savoie et le Maroc depuis plusieurs dizaines d’années et qui voyage en compagnie de deux amis marocains, dont un qui s’appelle Nourdine. Il parle couramment darija (l’arabe marocain) et fait l’interprète. Nourdine nous dit justement que sa mère nous invite pour le thé, et nous nous retrouvons chez lui. Le thé se transforme en balade près du fleuve, puis en repas chez la famille au cours duquel la mère me dit que son fils est célibataire et qu’il cherche une femme…euh non, mais merci ! J’explique à mon ami français qu’il faut qu’il leur dise que je dois partir, car il se fait tard et que j’aimerais arriver à Ouarzazate avant minuit où mon ami Ismail m’attend. On parvient à s’extirper vers 19h, alors qu’ils nous invitent à manger un couscous (on vient déjà de manger une bonne soupe!).
Dans la voiture du peintre français :
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Vue sur la palmeraie chez son ami marocain Nourdine :
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 On part attendre le bus en centre ville, et on attend pendant près d’une heure mais aucun ne s’arrête. Enfin le premier oui, mais il est plein, et les deux autres ne nous voient pas (il fait déjà nuit).
Depuis le début, la famille de Nourdine insistait pour que je reste quelques jours avec eux et je me retrouve donc à passer une nuit chez eux.
Il fait chauffer de l’eau et je me douche dans la salle de bain / toilettes : une seule d’évacuation d’eau, comme dans beaucoup de maisons marocaines !
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Le lendemain matin, je me lève de bonne heure pour partir sur Ouarzazate, moi qui pensais y arriver la veille.
Partir de l’endroit où je me trouve n’est pas si simple que ça, car toutes les voitures qui passent vont vers le souk qui est plus bas dans la vallée, alors que je remonte.
Même l’âne n’a pas l’air préoccupé par mon problème…
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Finalement, le marocain qui m’a recueillie chez lui parvient après plusieurs tentatives infructueuses à dégoter un taxi collectif qui m’emmène « à Ouarzazate inchallah » ce qui n’est pas sans m’inquiéter. 40 dirhams (4€) et 2h de voiture plus tard, j’arrive à Ouarzazate où je retrouve mon ami marocain qui m’avait déjà hébergée une semaine plus tôt.
De retour dans son quartier, je suis à nouveau bluffée par l’hospitalité des marocains, et je passe la soirée à l’hôtel où il travaille à le regarder cuisiner une superbe tajine.

De l’auto-stop et du camping sauvage !

Lorsque j’avais rencontré Ismail, on avait déjà beaucoup parlé d’aventure, de camping et d’auto-stop. C’est donc tout naturellement qu’on est parti camper dans l’Oasis de Fint lorsque je suis revenue.
L’Oasis n’est pas si proche que ça de Ouarzazate, du moins quand on y va à pied. Après une bonne heure de marche, il en restait encore facilement quatre autres à accomplir. On a donc décidé de faire du stop, et ça a marché très facilement ! Deux voitures nous ont successivement pris, et déposé et haut de l’Oasis.
Je l’ai déjà dit, et je le redirai encore une fois : voyager pendant la période creuse est la meilleure saison. L’Oasis est déserte, mis à part deux français voyageant en van nous ne croisons que des locaux !
On trouve facilement un spot pour s’installer, à l’abri du vent sous les palmiers. C’est magique. En plus, Ismail a amené tout ce qu’il faut pour cuisiner une tajine et préparer le petit déjeuner du lendemain. Et on a de la chance : des personnes ont visiblement campé ici avant nous, et laisser de quoi faire un feu.
On monte la tente puis part se balader dans l’Oasis et profite du coucher du soleil depuis la colline d’en face.
Après une bonne tajine, c’est l’heure d’aller se coucher. Il fait frais dans la tente mais c’est supportable, surtout avec un bon sac de couchage et plusieurs épaisseurs.
Au réveil, il prépare un bon petit déjeuner (avec du thé à la menthe, le must!) et on part escalader la colline derrière nous. La vue est à en couper le souffle…
L’arrivée dans l’Oasis : 
Installation de la tente : 
Préparation du thé : 
La tajine préparée sur le feu :
Rando dans les environs : 
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Après plusieurs essais, on parvient à faire tenir le téléphone sur quelques cailloux et à immortaliser le moment :
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Le petit déjeuner du lendemain :
La vue après l’escalade matinale : 
On ramasse les déchets et quitte l’Oasis : 
Dans l’après-midi, on fait traîner le départ. Aucune envie de partir de là, c’est tellement paisible par rapport à la ville !
Finalement, on plie bagage, ramasse tous nos déchets (je récupère aussi en route des bouteilles en plastique laissées par les précédents campeurs, merci…) et tombe par hasard sur une sud-américaine et un français qui repartent de l’Oasis avec leur voiture de location. Ni une ni deux ils nous prennent et nous sommes de retour à Ouarzazate. La ville n’a pas changé, mais nous, si. Cette escapade nous a revigoré !

Retour en France…

Je finis donc ce voyage au Maroc en apothéose, avant de retraverser tout le Maroc pour prendre mon vol à Nador (tout au nord du Maroc). Avec le recul, je me dis que j’aurais mieux fait de prendre un vol à Marrakech même si c’était bien plus cher (une centaine d’euros, alors que mon vol Nador-Marseille était à…17€!).
Alors oui niveau finance, c’est clair et net que traverser le Maroc ne coûte pas cher si on compare en euros : 90 drh pour le bus Ouarzazate-Marrakech (8€), 170 drh pour le train de Marrakech à Fes (16€) et 100 drh pour le train de Fes à Nador (9€). Donc seulement 33€ !
Mais traverser tout le Maroc m’a fait passer deux jours dans les transports (4h30 en bus de nuit jusqu’à Marrakech, puis 6h30 de train jusqu’à Fes, avant de dormir là-bas et faire Fes-Nador en train le lendemain, avant de dormir à Nador avant de prendre mon vol le lendemain…).
Bon, j’ai pu faire quelques rencontres sympa sur Fes, notamment celle d’une brésilienne digital-nomad, d’un portugais en vacances ici et de deux russes dans un resto local.
Mais c’était vraiment long, et le pire a été le départ de Nador. C’est une ville sans charme avec une croisette à la Cannes mais sans intérêt. D’ailleurs il n’y a pas d’hôtels bon marché (et oubliez les auberges de jeunesse). Je me disais qu’étant à l’étranger Mercure Hôtel serait peut-être moins cher, mais laissez-tomber c’était 100€ la nuit (alors que je payais maximum 10€ la nuit en auberge jusqu’à présent!). Finalement, je trouve un hôtel pour une trentaine d’euros la nuit, pas loin de la station de taxi collectif.
Dernière tajine à Fès (au même endroit que la fois d’avant!):
Quelques clémentines pour la route : au Maroc, ça ne coûte jamais plus de 50ct d’euros le kilo
Des heures et des heures de train : 
Mais les galères ne s’arrêtent pas là : il n’y a pas de ligne de bus qui va à l’aéroport qui est à une dizaine kilomètres de là. Et les taxis que je vois à la station demandent un prix outrageant.
Même les taxis collectifs, qui généralement annoncent le vrai prix, essaient de m’embobiner. Heureusement pour moi je le connais le prix (10 dirhams pour aller jusqu’à la dernière ville avant l’aéroport), parlemente avec eux et monte dans le taxi. On est quatre sur la banquette arrière et manque de chance je suis au milieu. C’est le loin mon pire trajet depuis le début, la mercedes n’est pas synonyme de confort. Je respire à peine avec à ma droite une marocaine large et forte qui me pressurise.
Une fois arrivée à Al Aaraoui, je marche pendant 40 minutes jusqu’à l’aéroport en suivant une route goudronnée pas bien large, peu empruntée et jonchée de déchets.
J’arrive finalement deux heures avant le départ, et malgré la taille microscopique de l’aéroport, le vol parvient à avoir du retard (c’est tellement mal géré que je me retrouve à faire deux fois la queue pour un tampon sur mon billet d’avion, il n’y a que les passagers de mon vol et pourtant j’attends près d’une heure). La sécurité voulait d’ailleurs me jeter mon harmonica car c’était un « objet coupant ».
L’embarquement après de longues heures à attendre alors qu’il n’y a qu’une centaine de passagers dans mon vol : 
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Bref, Je ne garderais pas les meilleurs souvenirs de Nador et j’étais bien contente d’atterrir à Marseille !

Bilan : 9/10

Un regret : ne pas être restée plus longtemps pour explorer la vallée du Draa et la vallée des roses…mais justement, j’y suis retournée pour Pâques avec mes parents !

 

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