La Croatie : sa côte, ses villes et sa campagne (semaine 4)

Cette semaine a été la plus exigeante depuis que je suis partie :

  • il n’a jamais fait aussi chaud : + de 35 degrés toute la journée
  • la route n’a jamais été aussi fatiguante : que des montées et des descentes, jamais de plat, et même si c’est toujours entre 5% et 10%, c’est dur à la longue
  • j’ai du rationner mon eau car j’ai rencontré de longues portions sans villages
  • il y a constamment un vent de face qui me ralentit (merci le vent du sud)
  • la route est assez étroite avec peu de protection donc si je suis trop à droite, c’est la chute dans l’Adriatique. Cliquez ici pour une vidéo de la route que j’ai postée sur youtube

Mais j’ai croisé quelques autres cyclistes, qui sont d’ailleurs beaucoup moins nombreux sur les routes qu’en Slovénie (étrange non ?) et ça m’a remonté le moral. De ne plus être seul dans la galère, ça rassure un peu !

Commençons par une petite leçon de croate, je placerai sûrement certains mots dans la suite de l’article :

Oui = Da

Non = Ne (= »né »)

Bonjour = Dobar dan

Merci = Hvala (prononcé rouala jusqu’à Zadar, à partir de là c’est « fala »)

Merci beaucoup = Hvala lijepa (rouala liépa)

Au revoir, Adieu = Do vidjanja (do vidyana)

eau = voda

bière = pivo

chambre = sobe

et quelques mots transparents : apartman, restoran, tekstil !

JOUR 15 : remise en forme

Après une matinée tranquille à l’auberge, je me décide à partir aux alentours de 13h. C’est alors que la gérante de l’auberge propose de m’offrir le repas de midi, et me demande si ça ne me dérange pas qu’elle m’interviewe ! Visiblement intriguée par mon parcours, elle souhaite en savoir plus et poster un article en ligne.

Après cet interview totalement inattendu, je me remets ainsi en route et pédale pendant deux petites heures. Aujourd’hui, pas de folie, je veux juste camper à Senj pour faire d’une traite le trajet jusqu’à Karlobag le lendemain (on m’avait prévenu qu’il n’y avait pas de villages pendant 60km).

J’arrive ainsi à Senj en milieu d’après-midi, et me rends tout naturellement à l’office de tourisme. Ca commence mal, il n’y a toujours pas de magasin qui puisse réparer les vélos et l’employée me dit que le prochain sera à Zadar…à 150km de là. Ca fait 10 jours qu’on n’a pas touché à mon vélo, et je sens qu’il n’est pas en grande forme (surtout, les pneus sont quasiment lisses, et ça c’est mauvais avec toutes les descentes à venir). Aussi, il n’y a pas de campings dans la ville et le prochain est à une dizaine de kilomètres. Et ça commence par une belle montée, youpi !

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J’arrive finalement à Sveti Juraj à 18h, et tombe sur un camping charmant, pour une fois. Un des employés croates me prend sous son aile et m’aide à monter ma tente, me parlant allemand comme tous les croates du camping. Mis à part des allemands, il y a quelques hongrois, slovènes et néerlandais, comme c’est le cas sur une bonne partie de la côte.

En tout cas je profite bien de l’accès à la mer, et immortalise la baignade d’un tchèque au moment du coucher de soleil.

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Bilan : 35km et trois petites heures de vélo !

JOUR 16 : la Croatie à l’état pur

Je pars le lendemain vers 9h30, après avoir acheté une sorte de hot-dog local à la boulangerie du camping. Je n’avais pas envie de viande, mais c’était la seule nourriture qui semblait pouvoir me caler l’estomac.

La mauvaise nouvelle c’est qu’il fait déjà chaud, et que ça monte pendant plus d’une heure. C’est dur, et heureuse comme Ulysse qui trouve l’île de Calypsos, je tombe sur un restaurant de bord de route ombragé. La pause me rafraîchit, tout comme l’ice tea, et je repars.

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Je tente le diable et continue à pédaler sous un soleil de plomb, avant de céder à 13h30. Je n’irai pas plus loin avant 15h…

Je laisse toujours plus de montagnes derrière moi, mais il y en a toujours de nouvelles à ma gauche, et bien sûr toujours plus de montées et de descentes à venir.

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N’ayant pas remarqué que Karlobag était si proche (surtout, la route descend enfin davantage) j’y arrive déjà à 15h30, et je suis contente de me poser à l’auberge que j’ai dégotée. Pour la première fois depuis que je suis partie, j’avais planifié une nuit à l’avance, vous y croyez ? Pas de détour par l’office de tourisme pour demander s’il y a des options dans la ville, pas des dizaines de kms en plus car il n’y en a pas ? Ca fait plaisir pour une fois d’arriver quelque part en disant « I’ve got a booking » mais je ne le referai pas pour autant. Je serais bien allée plus loin ce jour-là, j’en avais l’énergie, et c’est ça toute la problématique des voyages à vélo : on ne peut pas planifier, ça dépend de notre forme du moment et des imprévus de la route.

Un enfant se baladant sur le port de Karlobag :

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Quoi qu’il en soit c’est la meilleure auberge dans laquelle je suis restée en Croatie, pour le même prix que les autres (20€ la nuit). Moderne, bien équipée (je peux cuisiner !), climatisée, et personnel sympathique. Je parle d’ailleurs pendant deux bonnes heures avec le réceptionniste, Milan, un croate incroyable qui connaît mieux les artistes français que la plupart d’entre nous : on passe ainsi un bon moment à parler de Rimbaud, Victor Hugo, mais aussi de Gainsbourg, Truffaut… On s’échange nos goûts musicaux, et je repars avec une belle liste de chansons croates. Hâte d’écouter !

Il me parle aussi de la Croatie, et de la difficulté à trouver un travail, lui qui vient de l’autre côté des montagnes et qui parle pourtant couramment anglais et allemand. Surtout, le salaire minimum qui vient d’être instauré n’est pas très élevé me dit-il (environ 500€, alors que la nourriture au supermarché coûte grosso modo aussi cher qu’en France).

On parle de la vie en Allemagne, pays où il a également vécu, et j’ai un pincement au cœur au moment de quitter l’auberge le lendemain. C’est aussi la première fois depuis bien longtemps que je dors plus de 10h, je suis en pleine forme !

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Bilan : 60km et 4h de vélo !

JOUR 17 : direction Zadar

Vers 10h c’est reparti, et la route est toujours aussi dure que la veille. Montées, descentes, chaleur étouffante. Je fais une grosse pause entre 14h et 15h, et alors que je m’apprête à repartir, je vois Iris, l’allemande qui voyage à vélo avec son chien, que j’avais croisée à Ljubljana ! Je ne m’attendais pas à la revoir. Très heureuse de la croiser et de parler enfin avec une cycliste, elle est aussi visiblement très enthousiaste et nous blablatons une bonne demi-heure. On se recroisera d’autres fois dans l’après-midi, et ça me motive de savoir qu’il y a quelqu’un d’autre sur la route proche de moi ! Vous pouvez d’ailleurs la suivre sur instagram, son profil est earth.thebeauty.

Le long de la côte, des paysages toujours plus impressionnants :

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Après une longue journée, j’arrive enfin à Zadar et me rends directement au Décathlon qui pour une fois est proche du centre-ville. Soulagée de trouver enfin une sacoche pour le guidon, et qu’on puisse réparer mon vélo, je remercie plus d’une fois l’employé qui me conseille bien sur le matériel à utiliser. Je ressors du magasin avec des pneus neufs (malheureusement toujours tout-terrain, ils n’avaient pas de pneus routes en 26″ donc j’aurai toujours autant de résistance sur la chaussée), une chaîne dégraissée et des freins réparés. Je suis aussi très surprise de voir qu’ils demandent trois fois rien pour les frais de réparation, hors matériel je paie juste 7€ alors qu’il a quasiment passé 1h dessus !

Il est presque 21h quand je sors du magasin, et c’est le coucher du soleil. Ayant regardé le matin même où se trouvait le centre-ville sur google maps (je n’ai plus de carte depuis maintenant 40km, aucune office de tourisme n’en avait) je m’appuie sur ma mémoire visuelle et les panneaux pour trouver le centre. J’avais aussi noté le nom de deux auberges, demande ma route dans la rue et prends un lit pour deux nuits à l’auberge Tequila Bar, visiblement située dans le quartier festif de la ville.

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Bilan : 94km et 6h15 sur la selle !

Le lendemain c’est une journée de pause bien méritée, au cours de laquelle je fais une visite gratuite guidée de la ville qui m’apprend notamment que :

  • la ville a été détruite deux fois (lors de la 2nde guerre mondiale, mais aussi de la récente guerre dans les balkans, il y a 25 ans)
  • il y a 15 églises catholiques et seulement 1 orthodoxe
  • la ville a été romaine par le passé, comme en témoignent certaines ruines
  • La ville a connu trois dictatures au XXe siècle : Mussolini (elle appartenait à l’Italie), Hitler, et Tito. Elle mentionne aussi le nom d’un croate qui était le dictateur « local ».

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Aussi Hitchock aurait dit que c’est à Zadar qu’il a vu les plus beaux couchers de soleil, et je veux bien le croire…

En tout cas, je suis très contente d’avoir fait cette visite tardive (à 18h) car elle me permet de rencontrer plusieurs voyageurs et nous passons la soirée ensemble : il y a une prof allemande, 2 aixoises, 1 danois qui vient de rompre avec sa copine, et 1 couple espagnolo-costa ricain qui vient de se marier deux jours plus tôt. Tout le monde a entre 25 et 30 ans environ, et nous parlons,rigolons et dansons bien tous ensemble !

Bryan, le costa-ricain, me dit d’ailleurs qu’il a hébergé plus de 600 personnes avec couchsurfing et qu’en plus d’être la nationalité qui voyage visiblement le plus en Amérique centrale (c’est celle qu’il a le plus hébergé) ce sont toujours les français qui ont les projets de voyage les plus fous : et, en me regardant, il dit qu’on en a bien la preuve ce soir. On éclate tous de rire !

Je ne sais pas si je suis folle, mais en tout cas ça me fait plaisir de remettre des habits normaux :

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JOUR 18 : bienvenue en Dalmatie

A partir de Zadar, la région s’appelle la Dalmatie : oliviers, vignobles, la région est plus agricole et touristique aussi. Très vite je retrouve des similitudes avec ma région (Provence-Alpes-Côte d’Azur) : la côte croate me rappelle la côte d’azur, et la campagne croate mes terres d’origines. Et ils ont aussi de la lavande ici !

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Je pars ainsi le jeudi 25 juillet de Zadar, en milieu d’après-midi histoire de me reposer un peu. Enfin, si on peut appeler ça du repos…La nuit précédente, un groupe de 6 belges était dans mon dortoir et en plus d’être bruyants lorsqu’ils sont rentrés à 5h du matin, ils étaient sous l’emprise de drogue (je les ai entendu sniffer de la coke). Donc j’ai pas très bien dormi !

Dormant bien une fois sur deux dans les auberges croates, je me dis que le mieux est de toute façon de continuer ma route. Je fais mes courses quotidiennes, cette fois-ci au supermarché Konzum (je crois que j’aurais testé tous les supermarchés croates !) et pédale en direction de Sibenik, la prochaine grande ville.

Et là, surprise : la route est étonnamment plate, du moins en faux plat, et je carbure. Ca fait plaisir de pouvoir enfin se remettre en mode croisière, comme c’était le cas le long du Danube…il y a déjà plus de trois semaines. Et en parlant du Danube, je vois plusieurs fois des itinéraires « euro velo » le  long de la route et me tâte à les suivre plusieurs fois. Et clairement, les croates n’ont pas la même définition que nous du cyclisme sur route : ce sont principalement des pistes de mountain biking, comme ce que j’avais pu voir à Trieste en Italie… Et je les évite, cette fois.

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Il y a tout de même quelques portions agréables, qui passent notamment par la campagne croate. Plus que ravie de quitter enfin la côte, je suis l’itinéraire (qui n’est pas une piste cyclable, mais une route de campagne : c’est mieux que rien !)et j’arrive dans la ville de Tribunj après moins de trois heures de vélo. Je m’y arrête un peu lorsque je tombe sur un concert au port de la ville.

C’était bien de profiter de la musique, mais pour trouver un spot où dormir une moins bonne idée : il est déjà plus de 21h, il fait nuit et la ville est peuplée de touristes. Je tourne longtemps en rond, pense trouver un spot dans un pré puis vois une voiture arriver (oups, opération camouflage avant de repartir discretos), et dors finalement dans un bosquet proche d’un lotissement à la sortie de la ville. Trouver un spot à 23h, j’éviterai de refaire ça ! Surtout, je me fais dévorer par les moustiques (visiblement, mon anti-moustique « numéro un en Europe » a ses limites).

Bilan : 65km de vélo et 3h de vélo !

JOUR 19 : C’est parti pour Split

N’ayant pas trouvé un spot très protégé, je décampe à 6h du matin et pars vers Sibenik.

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Crevée de ma courte nuit pas reposante, je pédale seulement une heure et arrive en ville après une belle montée. Je me repose jusqu’à 9h sur un petit parking avec vue sur la forteresse, puis redescends. Objectif Split !

N’ayant plus de carte de la route (les offices de tourisme croates ne sont pas du tout compétentes dès qu’on leur parle de vélo et de carte), j’arrive à un croisement où je vois qu’il y a deux itinéraires pour aller à Split sans savoir le profil de chaque. Je vois que la route 58 est plus courte que l’autre (15km en moins) et me dis que c’est sûrement celle qui passe par la côte. Réalisant après de longues minutes que je mets définitivement cap à l’est (merci ma boussole) je comprends que j’ai pris l’itinéraire qui coupe par la campagne croate, et qui sera donc plein de montées et de descentes…Surtout qu’il fait encore très chaud aujourd’hui.

Des montées interminables (difficile de s’en rendre compte en photo, mais ça grimpe, croyez moi!)

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Je souffre sur le vélo, m’arrête régulièrement à l’ombre, mais à ce stade je n’ai pas envie de faire demi-tour. Ce changement de paysage me fait du bien, et j’ai l’impression d’être à la maison : je vois des collines et des oliviers à perte de vue. Surtout, c’est plus facile de trouver de l’eau que sur la côte car la route passe par de nombreux petits villages, et qu’il y a toujours de l’eau potable au cimetière ! Je m’amuse un peu et invente une émission « passion cimetière » dont voici le premier épisode (cliquer ici).

Surtout, je tombe sur un cycliste croate qui m’avait doublé la veille et nous discutons un peu. Il s’appelle Nicolas, étudie à Zagreb et a décidé de traverser la Croatie à vélo pour rencontrer ses amis. Bon plan !

Entre 13h et 14h, c’est encore une fois un pic de chaleur assez terrible et je fais une grosse pause à l’ombre. Je repars un peu reposée, mais soucieuse à la vue des énormes montagnes à ma droite : je me dis que je vais sûrement devoir les traverser pour retourner sur la côte…

Mais non ! Je vois une belle descente se profiler devant moi, qui arrive sur la ville touristique de Trogir. La descente dure longtemps, et c’est sûrement la plus belle que j’ai faite depuis le début de ce voyage. Je suis contente de pédaler dans ce sens, la montée aurait été interminable !

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A partir de Trogir, je récupère la route côtière que j’avais laissée et à l’approche de Split la situation se gâte. La route se transforme en voie rapide, et il n’y a pas de trottoir la plupart du temps. Je prends mon courage à deux main, pédale aussi vite que je peux, reste bien à droite et essaie de ne pas penser aux bouquets de fleurs que je vois à ma droite sur un des ponts…Cliquez ici pour voir une courte vidéo que j’ai pu filmer.

C’est 17h et la circulation devient vraiment dense. Je ne me vois pas continuer comme ça jusqu’à Split et cherche un plan B. Observant mon environnement, je vois la côte en contrebas et me dis qu’il y a forcément une route moins fréquentée qui longe la côte…BINGO ! Je tourne à droite et me retrouve sur une route bien plus tranquille. En plus, il y a des supermarchés donc j’en profite pour faire quelques courses.

Mais ce n’était qu’une trêve, à partir du moment où je vois marqué « Split » ça redevient dangereux. Il y a beaucoup de voitures, j’essaie de rester sur le trottoir quand j’en vois, mais il n’est souvent que d’un côté et souvent plein de trous.

Finalement je vois une piste cyclable (mon dieu, ça existe encore ?) qui dure quelques centaines de mètres. C’est déjà ça. Quand j’arrive enfin dans le centre-ville, c’est plus de 19h et je me mets illico presto en quête d’une auberge. Les mauvaises nouvelles continuent et toutes ces que je trouve dans le centre historique sont pleines. C’est 20h30, il va faire nuit et je n’ai pas très envie de dormir sur le port

IMG_2182.JPGHeureusement, une des auberges me propose d’utiliser leur wifi et de chercher quelque chose. Je dégote une auberge un peu plus au nord, et repars avec l’itinéraire google maps en main qu’on m’a imprimé.

Je ne comprends pas où se trouvent les noms des rues, mais suis l’itinéraire à l’instinct. Sentant que je ne suis pas trop loin de la rue mais tout de même perdue, je demande mon chemin et tombe sur un local sexagénaire qui connaît très bien la rue car il n’habite pas loin de là. Génial !

J’arrive enfin à l’auberge, après 21h, et laisse mon vélo à l’intérieur. Une bonne douche, ça fait plaisir…Et je sympathise avec une canadienne qui voyage en Europe depuis 1 mois, et me parle d’un défi que se lancent de nombreux cyclistes dans son pays : traverser le Canada de la côte ouest à l’est, soit plus de 6000km. Le record de l’épreuve ? Moins d’une semaine de vélo, à plus de 30km/h ! Ca me donne des idées pour la suite…

Bilan : 93km de vélo et 9h de vélo !

JOUR 19 : visite de Split et cap vers le sud

Après une nuit reposante (pour une fois !), je passe ma matinée à l’auberge et discute une bonne heure avec Ana, la réceptionniste. Je tombe, comme à Karlobag, sur une croate très cultivée et qui s’y connaît bien en histoire. Elle revient d’ailleurs de vacances en France, pas loin de chez moi, et on parle longuement de la Croatie. J’aime beaucoup ces moments du voyage où je rencontre des locaux, le temps sur le vélo est parfois long et on rencontre peu de monde !

Je pars en début d’après-midi, et flâne un peu dans Split avec mon vélo. Les rues sont bondées de touristes, donc ce n’est pas idéal, et je me dis que même si j’étais en sac à dos ce ne serait pas mieux. Il y a tout simplement TROP de monde. La ville a son charme, et un passé riche, mais je me dis que la Croatie c’est quand même plus que Split. On dirait que toutes les voitures que j’ai vues sur la côte sont à Split. Sans oublier tous les voyageurs en avion, j’entends énormément parler français alors que je n’ai vu que peu de voitures françaises.

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Du coup, je n’ai pas envie de m’éterniser dans la ville, mais je vois un vélo tandem avec de grosses sacoches posé devant un restaurant. Intriguée, j’aborde les deux clients et je fais la connaissance d’un couple de retraités américains, Phil et Niels, qui voyagent en vélo depuis 3 mois en Europe. Partis de Francfort, ils sont passés par Nuremberg, Vienne, Zagreb, et on ensuite pris des ferrys sur les îles croates…Car on leur avait déconseillé de prendre la route que j’ai suivie. Je leur dis que j’ai survécu et que c’était finalement une bonne expérience, surtout que j’ai croisé des cyclistes bien plus chargés que moi (à commencer par l’allemande avec son chien!). Ils sont un peu tristes, car en plus de ne pas avoir suivi cet itinéraire, c’est aujourd’hui la fin de leur voyage ! Dans une heure ils prennent un flixbus pour retourner à Francfort et rentrer aux Etats-Unis. Je me mets dans leur peau et me dis que je n’aurais tout simplement aucune envie de rentrer. Voyager à vélo, c’est devenu ma passion !

Après les avoir quitté, je m’enfile un burek puis une glace au citron, et me mets en route.

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Quitter les grandes villes, c’est malheureusement aussi galère que d’y entrer. J’avais pu dégoter une carte à l’auberge qui me mène à 10km de la ville, mais elle n’est pas si détaillée que ça et donc j’y vais au flair pour éviter la voie rapide. Je passe par de minuscules routes qui ont l’air d’être sans issue mais ne le sont finalement pas, et arrive par chance à la ville d’après. Après une heure de galère sur des routes pleines de trous, je retrouve ainsi la route principale qui longe la côte.

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C’est de nouveau des montées et des descentes, avec quelques portions plates, et surtout très touristique. La croate de l’auberge m’avait prévenue : jusqu’à Makarska, c’est plein à craquer de touristes. Ca me rappelle quand j’étais petite, qu’on allait sur la côte d’Azur et que je voyais des gamins aller acheter les matelas gonflables en bord de route, et des signes d’appartements à louer. D’ailleurs en Croatie c’est atypique, je vois toutes les cinq minutes un croate tenir une pancarte « apartmani », assis dans le coffre d’une voiture. Les journées doivent être longues…

Après une bonne baignade en fin d’après-midi, je me mets en quête de trouver un endroit pour la nuit. J’ai bien envie de dormir dans un endroit atypique ce soir, et je scrute la côte. Finalement, je tombe vers 19h30 sur une maison en construction avec une vue imprenable sur l’adriatique. Je vois qu’une lumière est allumée, mais comprends rapidement que c’est un oubli car il n’y a personne. Et la bonne nouvelle, c’est que les maçons ont laissé des transats donc ça me fera mon lit !

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J’observe la luminosité décroître, et m’endors face à la mer, la tête dans les étoiles.

Bilan : 37km et 3h30 de vélo !

JOUR 20 : direction les vallées croates

Je me réveille avec le lever du soleil, et quelques gouttes de pluie. Ca fait des jours que j’ai rêve, et ça se rafraîchit enfin ! Plus qu’heureuse à l’idée de faire du vélo par un temps enfin supportable, je me mets en route à 8h.

Bon, la route n’est pas facile pour autant et jusqu’à Makarska, je transpire bien, mais il y a une belle vue.

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Je m’arrête à Kaufland, un supermarché allemand, et me demande pourquoi je n’y étais jamais allée de ma vie en Allemagne : il y a plein de choix, les produits ont l’air d’être un peu meilleur qu’à Lidl, et ce n’est pas aussi cher que Konzum !

Quoi qu’il en soit je suis bien contente de continuer ma route vers le sud, il y a un interminable bouchon qui s’étend sur des kilomètres et kilomètres dans l’autre sens.

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C’est déjà l’après-midi, et le temps pluvieux depuis le matin devient menaçant avec un torrent de pluie et des éclairs. Je me retrouve à un moment sur une portion sans aucun autre abris que des arbres, m’y arrête voyant que l’orage est au moins à quelques kilomètres de là (il faut compter le nombre de secondes entre l’éclair et le bruit du tonnerre, puis diviser par 3 pour avoir le nombre de kms), puis repars et trouve enfin un abris bus.

Trempée comme une soupe mais contente d’être à l’abris :

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Et là, surprise ! Il y a une carte de la région placardée, avec les kilométrages jusqu’à 200km de là. Je vois alors que la route va passer par des vallées croates, je suis contente de quitter la côte même si ça va sûrement bien monter.

Après un village croate et les encouragements en français d’un local « il faut accélérer ! » (comment peut-il savoir que je suis française ? cette question me taraude le reste de l’après-midi), j’ai droit à plusieurs encouragements de voitures qui me klaxonnent en tapant des mains. Le sud de la Croatie, ça fait un peu tour de France par fois ! Bon, la plupart du temps les locaux me regardent quand même bizarrement en se disant sûrement qu’il faut être fou pour voyager à vélo en étant aussi chargé.

La route ce jour-là effectivement assez pentue, je vois plusieurs fois marqué « 7% » mais ma technique qui consiste à ne pas regarder plus loin que 2 mètres devant moi quand ça grimpe marche très bien et j’arrive à 17h dans une région très jolie avec des lacs.

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Je vois un signe avec marqué « Autokamp » et un dessin de tente, le suis et tombe sur un camping très charmant qui est en réalité chez un particulier, donc moins industriel que tous les autres que l’on voit généralement sur la côte.

A peine arrivée, je commence à discuter avec une famille allemande voyageant en voiture et caravane qui m’invite aussitôt à dîner. La journée ne pouvait pas mieux se finir ! Je découvre une famille d’aventuriers, aux parents profs qui ont voyagé un peu partout et notamment en caravane jusqu’en Iran avec leurs enfants en bas âge. Et ca confirme tout ce qu’on m’a dit sur ce pays : c’est très sûr, et l’accueil est incroyable ! Et ce qui tombe très bien pour moi, c’est que la famille revient du Montenegro et d’Albanie où je vais me rendre : je suis émerveillée par leur récit, et j’ai hâte d’y être.

Bilan : 77km et 6h30 de vélo !

BILAN DE LA SEMAINE : 461km, soit 1528km depuis Vienne !

Je ne pensais pas autant rouler, mais avec la chaleur je préférais finalement être sur mon vélo. Rester au même endroit sous un soleil de plomb me donne juste l’impression de fondre, alors qu’en bougeant j’ai un peu d’air. Bon, c’était une semaine tout de même difficile avec constamment du vent de face, et des rationnements en eau, mais j’ai enfin commencé à rencontrer du monde sur la route et je me dis que c’est ça la meilleure partie du voyage ! Demain, direction Dubrovnik et ensuite le Montenegro puis l’Albanie, que je devrais atteindre ce weekend… A la semaine prochaine 😊

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