De l’Albanie à l’île de Corfu (semaine 6)

Jour 25 : les aventures albanaises

On est mercredi 7 août, et après une journée de pause à Tirana, c’est reparti sur les routes albanaises. Par chance, le quartier où se situe l’auberge est à un bloc de la route principale qui doit me sortir de la ville, et il y a directement une piste cyclable. Mais la moins bonne nouvelle, c’est que la piste cyclable a été mal pensée et qu’elle est sans arrêt interrompue par de mini trottoirs, ce qui freine ma course sans parler des piétons qui l’empruntent. Pédaler sur la route principale est finalement la meilleure option, et je me faufile par moment entre les voitures.

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Contente d’avoir pu éviter les sacs en plastique lorsque j’ai fait mes courses matinales (j’échange de longs regards gênants avec les commerçants en leur montrant mon sac en tissu à chaque fois), je m’enfile déjà une banane. Je suis partie à 10h30 ce matin, et la journée va être encore bien longue, surtout qu’il fait chaud…On annonce 38 ou 39 degrés.

Je suis la route SH56 juqu’à la ville côtière de Durres, une station balnéaire, et comme c’est une route secondaire c’est pour le moins chaotique. Les allemands que j’avais rencontré en Croatie m’avaient prévenu : attention aux trous ! Pas question d’être trop dans mes pensées, il faut que j’ai les yeux en face des trous aujourd’hui. Je zigzague dès que je peux pour éviter de rebondir comme un kangourou, mais il y a souvent des voitures derrière moi et c’est la partie droite de la chaussée qui est la plus abîmée… Ce sera la même chose sur toutes les routes secondaires que je prendrai en Albanie, et sur lesquelles je roulerai plus d’une centaine de kilomètres.

 

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Il faut s’accrocher ! On voit bien que dans ce pays, plutôt que de refaire toute la route (ce serait trop audacieux), on se contente de boucher ça et là les trous trop profonds, et parfois de refaire une centaine de mètres qui devait être trop catastrophique… Heureusement, la moitié du temps la chaussée n’est pas abîmée et je peux rouler normalement. Mais quand ça secoue, il y a de quoi sortir de là avec Parkinson !

Ce qui me plaît tout de même, c’est que cette route passe par des régions agricoles et qu’il y a des vendeurs de fruits et légumes en bord de route. Ni une ni deux, je saute de mon vélo et achète du raisin blanc et des pêches. Sûrement les meilleures pêches que j’ai jamais mangées ! Le paysan (comme à peu près tous les albanais que j’aborde hors des circuits touristiques) ne parle pas un mot d’anglais mais connaît un peu d’italien. On échange quelques mots (littéralement)et il m’offre une poire, que je perds malheureusement en route.

Arrivée à Durres, ma route s’arrête et selon la carte que j’ai achetée à Shkoder, je suis censée prendre l’autoroute. Sauf que je vois une route qui semble la suivre en parallèle, pour une durée indéterminée, et je décide d’y aller à l’intuition. Ca marche, pendant quelques kilomètres. Puis à Golem, ça s’arrête et je décide d’aller faire une pause dans cette ville au nom mystérieux. Je me retrouve dans une station balnéaire, avec des transats à perte d’horizon, moi qui cherchais justement à éviter la côte

 

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Mais ce qui est pratique, c’est qu’il y a des douches sur la plage et qu’avec le cagnard (c’est 14h) ce n’est pas de trop de se rafraîchir. Sous les yeux des vacanciers, j’avance en poussant mon vélo dans le sable (mauvaise idée..) puis sur un ponton, et me pose un peu.

Bien décidée à ne pas terminer ma journée ici, je repars en quête d’une route. J’y vais encore une fois à l’instinct, et suis ma boussole, mais j’arrive à côté de l’autoroute et ne vois pas d’autre option. Je me décide à aborder un local, qui parle déjà mieux italien que mon vendeur de fruits et légumes, et il m’explique qu’il y a bien une route qui suit en parallèle l’autoroute ! Cachée, je ne la vois pas depuis le rond-point…Décidément, je me dis que j’ai bien fait de prendre l’option italien au lycée. Je galère un peu pour parler, mais je comprends bien ce qu’on me dit et ça me permet de me mettre en route. Je retiens l’enchaînement tout droit, à gauche au rond-point, puis à droite…et me retrouve sur une route normale.

Je tombe sur un n-ième car wash, les « lavazh » tout comme les Mercedes sont une véritable institution dans ce pays :

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J’arrive rapidement dans une nouvelle ville, Kavazhë, et ne voyant aucun panneau, je demande ma route à un local qui pour le coup ne parle aucune langue étrangère. Mais par chance, autoroute se dit « autostrada » en albanais, et je comprends que je dois prendre une rue en parallèle quelques blocs plus à droite. Hop, c’est reparti…Il n’y a toujours pas de panneaux, mais au flair je me dis que vu la largeur de la route et le cap que je suis (sud-est) c’est forcément la bonne route. Et j’ai raison !

Je suis aux anges sur ma route quasiment déserte car tous les véhicules ou presque prennent l’autoroute. C’est tout de même un drôle de sentiment d’être collée à l’autoroute, mais soit, c’est mieux que rien !

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Vers 17h, je traverse la ville de Göce et remarque que ma route quitte l’autoroute ce qui n’est pas bon signe. Je m’arrête à côté d’une station essence, et aborde un local (je n’ai pas compris s’il était albanais, italien, ou les deux, mais il parle italien couramment) qui connaît très bien les routes du coin. Il m’explique que je vais devoir rouler sur l’autoroute pendant une quinzaine de kilomètres, car l’autre route est fermée. Je ne suis pas franchement rassurée par l’idée, mais il me dit qu’en Albanie une règle d’or est qu’un véhicule ralentit quand il voit un vélo. Je l’avais déjà lu sur internet, et ça se confirme un peu partout sur les routes albanaises. Malgré l’état piteux des routes, je me suis toujours sentie en sécurité : les conducteurs me klaxonnent régulièrement pour me saluer, et font attention à moi. Du coup, je m’élance sur l’autoroute et embrasse machinalement ma chaîne en or.

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Je route sur la voie d’urgence (quand il y en a une), et trace aussi vite que possible, car sur l’autoroute les voitures font facilement du 130km/h et ça ne me rassure pas trop d’être ici. Un extrait vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=xei5aOL4DQQ

Je suis à bout de souffle et erreintée après cette course infernale, et arrive enfin à la ville de Luzhné 40min plus tard. Bilan : j’ai survécu, et sentis que les voitures faisaient plus ou moins attention à moi, mais je préfère quand même les routes classiques…

A Luzhné, c’est le paradis et je traverse la ville sur une piste cyclable. En Albanie, on enchaîne tout et son contraire en quelques minutes !

 

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Et ensuite, le bonheur continue : je pédale sur une route secondaire (PLATE !!) qui passe par des champs d’oliviers avec une magnifique montagne qui se dresse face à moi. Je peux enfin souffler ! A ma droite, je vois régulièrement des vendeurs de pastèques les uns après les autres, et à chaque fois qu’ils me voient passer, ils me regardent bouche bée ou m’encouragent.

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J’arrive à Berat à 19h15, et trouve pour une fois facilement une auberge : pour éviter les galères de Tirana, je m’étais notée le nom de deux auberges avec leur localisation. La première suffira, et je réveille au passage un papy albanais qui dort dans son lit. Il se révèle qu’il parle français, et semble être un homme plein de sagesse. Il appelle son fils, qui gère l’auberge, et je passe ainsi deux nuits bien au frais.

Bilan : 125km et 6h de vélo !

Le lendemain, je visite la ville et l’architecture est pour le moins atypique : les maisons sont collées les unes aux autres, et semblent comme sortir de la roche.

 

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Depuis la forteresse, on a une jolie vue sur le centre-ville et le lieu semble être chargé d’histoire. Lorsque j’y vais, l’entrée est libre et il n’y a plus de visites donc j’apprends peu de choses, mais il y a plusieurs mosquées et (très important) de bons restaurants. Je m’assois à l’un d’entre eux et déguste des aubergines farcies avec du vin rouge – comme la veille, dans un autre restaurant. Et ca me coûte seulement 3,5€, je commence à m’habituer à la belle vie en Albanie…

 

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Jour 26 : de retour sur les routes albanaises

Le vendredi, je repars pour une fois assez tôt (un peu après 8h) bien décidée à éviter la chaleur. J’ai une dernière conversation avec le grand-père albanais de l’auberge, qui me dit en français « quand tu reviens de ton périple, trouve toi jeune gens pour amour fidèle ». Je m’élance ainsi sur la route, en me disant que je serais bien restée plus longtemps à Bérat, j’aimais bien parler avec ce grand-père et écouter (parfois) ses conseils !

Je reprends la route de la veille pendant une dizaine de kilomètres, avant de bifurquer à Poshnë sur la route pour Fier. Encore une fois, ça secoue bien, et je me serre fort mon guidon. Un peu avant la ville de Fier, je mets cap au sud-est et m’élance sur ce qui est censé être une route principale. Ca ressemble plus à une route secondaire qu’autre chose, elle n’est pas bien large et surtout comme j’en ai maintenant l’habitude : pleine de trous. La route est aussi bien vallonnée, et avec la chaleur je commence à souffrir. Voici une idée des routes secondaires, en vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=NxlcXF7hZwk

Je m’arrête dans un restaurant ombragé sur les coups de midi, et mange une salade du village accompagnée de frites.

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Je  me motive pour repartir à 13h, et c’est dur. La route monte, descend, et les paysages me rappellent énormément la Provence avec des champs d’oliviers à perte de vue. J’ai l’impression d’être à la maison.

 

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Ce qui me motive le plus à continuer, c’est les encouragements des automobilistes, chauffeurs routiers et bergers albanais : une voiture sur deux me klaxonne, me salue ou me crie « brav ! ». Même les gros camions, ça ne m’était encore jamais arrivée ! C’est un boost d’énergie incroyable, et je tiens bon dans les montées. On sent qu’il y a une forte culture vélo en Albanie, car c’est encore le mode de transport privilégié pour les albanais qui ne peuvent pas se payer une voiture. J’ai pu voir toutes sortes de marchandises sur des vélos bien plus usés que le mien, pourtant déjà d’occasion. Et à chaque fois que je fais une pause au bord de la route, un motard s’arrête en me demandant si tout va bien !

A court d’eau, j’en profite pour m’arrêter dans un cimetière et tourne un nouvel épisode de passion cimetière : https://www.youtube.com/watch?v=-7PYX_nocvg

A un moment, je remarque qu’il n’y a plus trop de voitures sur la route et me demande pourquoi : l’asphalte s’arrête carrément et la route est un chemin de pierres. Secouée comme dans les montagnes russes, je me dis que c’était pas une si mauvaise idée de prendre des pneus tout terrain…

Comment savoir que l’on va passer un sale quart d’heure sur la route ? A la vue de ce panneau….

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Voici un extrait vidéo de la route : https://www.youtube.com/watch?v=1Zrvmg-7Emg

Et de retour sur l’asphalte, c’est pas forcément mieux….Tchernobyl, c’est aussi sur les routes albanaises :

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Alors que 17h approche, je suis dans une belle montée (encore) et j’essaie de comprendre où je peux être sur la carte. Je sais que je n’ai pas beaucoup avancé. J’arrive enfin dans une ville, que je ne vois pas sur ma carte donc ça m’inquiète un peu…Peut-être que ma boussole est cassée ? Je montre ma carte à un local, et aussitôt un deuxième et troisième se ramènent pour m’expliquer où je suis et la route que je dois prendre. C’est vraiment le premier pays depuis que je suis partie où l’on m’aide autant, les locaux sont extra !

Je comprends ainsi que j’ai à peine fait 40km alors que j’ai pris cette route il y a des heures, mais la bonne nouvelle c’est que désormais je récupère la route principale SH4 (qui est, elle, vraiment principale, je l’avais déjà empruntée au nord). Ca commence par une belle montée à 7% selon les panneaux, puis c’est une longue, très longue descente avant d’enchaîner sur du plat. Je peux enfin me mettre en mode croisière et profiter à fond.

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Il fait bientôt nuit, et j’arrive à la ville de Tepelene. Visiblement pas du tout touristiques, je ne vois aucune infrastructure de type auberge ou camping et me motive à continuer jusqu’à Gjirokaster, une ville dont tout le monde me parle.

C’est quasiment 20h et cette fois il fait vraiment nuit : je sors ma lampe frontale et mets une lumière clignonante à l’arrière. C’est la première fois que je roule de nuit, j’appréhende un peu puis finalement adore l’expérience ! Il fait ENFIN frais, je n’ai pas connu un tel temps depuis…la Slovénie, il y a quasiment un mois de ça. Heureuse comme tout, je continue de rouler sur la bande d’arrêt d’urgence (qui s’apparente à une piste cyclable) et arrive au pied de Gjirokaster après 21h. Là, une jolie ascension jusqu’au centre historique m’attend et malgré les efforts de la journée, je me sens en pleine forme et dégomme la montée en deux-deux. Ca fait clairement la différence qu’il fasse frais !

Arrivée en haut, je tourne un peu avant de me faire aborder par un local qui m’aide à trouver une auberge.

Bilan : 10h de vélo et 147km, un record absolu de ma jeune carrière de cycliste !

Je sors manger un bout en ville après une bonne douche, et me retrouve à passer ma soirée à discuter via google traduction avec le propriétaire sexagénaire du kebab et le commerçant d’en face, qui offrent à un autre client français et à moi une glace bio délicieuse, du vin blanc fait maison, et un thé. On écoute de la musique albanaise, parle politique et le commerçant nous dit que malgré les différends politiques entre les différents pays des balkans, pour lui les gens sont des gens et il accueille les touristes serbes à bras ouvert. Malheureusement comme j’ai pu l’apprendre en Croatie, tous les habitants des balkans ne sont pas aussi ouverts d’esprit !

 

Je repars de là à 2h du matin, le cœur lourd car quitter les albanais est toujours difficile : malgré la barrière de la langue, tous ceux que j’ai rencontré font preuve d’une telle générosité et sont si chaleureux qu’on a envie de passer des journées entières à apprendre à les connaître.

Le lendemain je visite un peu la ville, qui me rappelle Bérat avec ses maisons comme taillées dans la roche. Je monte aussi jusqu’au château, et en fais la visite. J’apprends ainsi que l’Albanie a été ottomane pendant ½ siècle, ce qui explique le mélange d’Europe et de Turquie que l’on ressent bien dans le pays.

 

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Par contre la langue albanaise n’a rien à voir avec aucune autre, c’est une branche indépendante dans les langues indo-européennes. Quelques sonorités rappellent l’italien, mais c’est tout, « faleminderit » veut dire merci…Un mot que je prononce à chaque fois que je fais un achat chez un commerçant albanais, et qui illumine leur regard. En Albanie, on ne se sent pas touriste, mais voyageur, et c’est toute la différence avec le reste des pays que j’ai pu traverser.

Jour 27 : arrivée sur la côte de l’Albanie

Je pars à 11h du matin après quelques courses, et je m’en veux assez rapidement d’être partie aussi tard. La première heure, la route est plate mais ensuite j’ai une longue ascension à 10% (je ne vois le panneau qu’au sommet et dans l’autre sens, à croire qu’ils ont un quota de panneaux!). Et sous une chaleur écrasante (il fait 40 degrés) je suis obligée de m’arrêter dès que je vois un peu d’ombre. Vers 13h30 c’est vraiment trop, et je m’arrête une demi-heure tapie dans l’ombre en bord de route. J’ai fait plus safe, mais il n’y a pas d’autre option…

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Quand je remonte sur le vélo, je réalise que le sommet était seulement une centaine de mètres plus loin. Ha Ha ! J’entame la descente qui finalement remonte par moment (je suis toujours dans des vallées) puis arrive à un panneau indiquant « blue eye ». Des touristes m’en avaient parlé, et je me dis que c’est sur ma route alors autant y aller.

C’est véritablement un chemin de mountain biking, il y a de gros cailloux et je vois les voitures galérer. Pour une fois, je vais quasiment aussi vite qu’elles ! Je suis surprise de voir que l’entrée du parc naturel est aussi peu chère (moins de 50 centimes d’euros) et continue une dizaine de minutes sur la route avant d’y arriver.

Blue Eye, c’est en bref un point d’eau qui a une forme d’yeux et dont l’eau est bleue (d’où « blue eye ») mais c’est tellement petit que c’est plein à craquer. Surtout, je suis surprise de trouver l’eau aussi froide et n’arrive pas à tremper mes pieds plus de 5 minutes dedans.

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Je ne m’y éternise donc pas, et suis cependant très heureuse de trouver (ENFIN) une fontaine à eau dans ce pays avec de l’eau bien fraîche ! J’ai du acheter plusieurs fois des bouteilles d’eau, quand je n’avais pas l’occasion de la filtrer.

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Je repars ainsi sur la route vers Sarandë, une ville côtière dont beaucoup m’ont aussi parlé. J’y arrive vers 17h30, suivant les panneaux « centre » pendant de longs moments, avant de réaliser qu’il n’y a soit pas réellement de centre historique, soit qu’il n’a pas de charme. 99% de la ville, ce sont des immenses appartement-hôtels, et ça ne me donne aucune envie de rester là.

 

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Ni une ni deux je remonte sur mon vélo, et continue ma route. Le coucher du soleil approche, et je me dis que je ferais bien du camping sauvage ce soir. A l’approche de la ville de Ksamil, je vois un champ d’oliviers à ma droite qui longe la mer, et me sens inspirée. Je descends la route, observe le coucher de soleil et me mets en quête d’un spot.

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Je bataille un peu avec mon vélo sur la terre caillouteuse, mais j’arrive à suivre un semblant de chemin qui coupe le champ et me trouve rapidement un spot, face à l’île de Corfu. Je m’endors en regardant les étoiles dans mon sac de couchage, pour ma dernière nuit en Albanie.

Bilan : 68km et 5h de vélo !

Sympa ce spot, non ?

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Jour 28 : direction la Grèce

L’avantage, quand je dors à la belle étoile, c’est que je me réveille avec le Soleil et que je suis plus efficace le matin. J’utilise mon réchaud pour finir mon muesli, lis un peu et repars tranquillement vers 9h.

20190812_060236 Je ne suis pas pressée de quitter l’Albanie, ce pays m’a vraiment plu et je sais déjà que la Grèce, ce sera moins l’aventure…et de moments insolites, comme par exemple des brebis qui envahissent l’aire de pause un peu plus tard dans la matinée :

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Et parlant d’aventure, alors que j’arrive à Betrint, je remarque que la route s’arrête et qu’il n’y a pas de pont. C’est alors que je vois un système maison digne de ce que j’avais vu en Bolivie  avec une structure en bois tirée par des poulies sur laquelle vont les voitures et passagers pour traverser. J’embarque donc sur ce radeau version albanaise, et me retrouve rapidement de l’autre côté pour la modique somme d’1€.

Ca marche comment, niveau asssurance voyage ?

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La route jusqu’à la Grèce, c’est encore une route albanaise comme on les aime avec plein de trous. L’avantage c’est qu’en prenant cette route secondaire, j’évite une bonne partie de la circulation et qu’il y a moins de monde. A quelques kilomètres de la frontière, je récupère cependant la route principale et là je suis dans le dur : ça monte bien, et il fait très, très chaud. Autour de 40 degrés selon les prévisions que j’avais pu voir. Mon eau est brûlante et ne me rafraîchit pas, et la magie des routes secondaires n’est plus là. Je m’arrête dès que je peux pour me prendre 1/2L d’eau que je bois en moins de dix secondes, essaie de rester un peu à l’ombre et repars.

La végétation se fait de plus en plus rare à l’approche de la Grèce :

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Contrairement aux fois précédentes, il n’y a pas grand monde à la frontière mais je double quand même une dizaine de voitures (j’appellerai ça le « privilège vélo » !). Arrivée côté grec, l’employé me tend mon passeport en me disant « you must have strong legs ». J’imagine…Et comme après les frontières croates et monténégrines, j’ai droit à une belle descente de bienvenue jusqu’à la côte. Youpi, bienvenue en Grèce !

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Bon, ça commence vite à remonter et la route est vallonnée, comme toujours sur la côte adriatique. Mais je trouve rapidement des fontaines à eau et alors que je m’arrête un peu sur un semblant d’aire de pause, j’entame la discussion avec des vacanciers albanais qui m’offrent une pita et de l’eau fraîche en apprenant que j’ai tout fait à vélo. J’ai juste envie de repartir en Albanie après les avoir rencontré, le pays me manque déjà !

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J’arrive à Igoumenitsa, la ville portuaire où j’irai prendre un ferry pour Corfu le lendemain. Je vais y retrouver un ami pour quelques jours, et faire enfin une belle pause hors du vélo !

Mais pas de chance, il n’y a pas de camping avant la ville et je suis obligée de continuer pendant plusieurs kilomètres. Sauf que la route remonte bien, avant de descendre pour revenir au niveau de la mer. C’est 15h bien sonnés, et je souffre dans cette montée. Surtout, je vois que le gradient est plus élevé qu’en Croatie : ça monte et descend plus vite, et ça m’annonce la couleur pour le reste de la côte grecque. Si je la fais toute, ce sont 1000km qui m’attendent…

Trouvant refuge dans un camping, je pique une tête en face de l’île de Corfu, plus contente à l’idée de retrouver mon ami le lendemain que de me refaire la montée…

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Bilan : 63km et 5h de vélo !

Bilan de la semaine :

413km, soit 2369km depuis Vienne !

C’était une bonne semaine sur les routes, avec un rythme de 1 jour sur 2 qui m’a permis de m’imprégner un peu plus de l’Albanie. Maintenant du repos à Corfu, avant de retourner à vélo sur la côte grecque…A la semaine prochaine 🙂

 

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