De l’île de Corfu à Athènes (semaine 7)

JOUR 29 : exploration de l’île de Corfu

Après quelques jours de pause à Corfu et des retrouvailles avec un ami d’école, c’est l’heure de repartir. La mauvaise nouvelle, c’est qu’on m’a volée des affaires sur mon vélo (l’hôtel m’avait conseillé de l’attacher sur leur parking) dont ma trousse d’urgence avec une chambre à air, mon kit pour changer la roue, un cadenas, ma bombe lacrymo, ma pompe…et ma boussole. Ce sont des petites choses, mais qui font la différence. Et les voleurs ont aussi crevé mon pneu arrière…Je ne pensais vraiment pas me faire piquer des affaires, surtout aussi futiles. Je me dis que ça m’apprendra à laisser mon vélo en extérieur ! Mais j’ai pu trouver un magasin sur l’île qui a réparé mon vélo, changé mes pneus (j’ai donc ENFIN des pneus routes, et pas tout terrains, après 2300km de vélo !) et effectué d’autres petites améliorations.

Samedi, à 17h, je suis donc prête à repartir. Ne souhaitant pas quitter l’île de Corfu tout de suite, je me décide à partir à vélo vers la côte ouest. La route est plutôt fréquentée, et un peu vallonnée, mais je suis vite de l’autre côté. Et je croise pour la première fois un couple de cyclistes en Grèce, ça fait plaisir !

J’arrive à la ville de Paleokastritsa , au moment du coucher de soleil. Je me motive pour faire l’ascension jusqu’au monastère, depuis lequel on a une jolie vue sur les environs. J’espère faire d’une pierre deux coups en y trouvant un spot où dormir dans la nature, mais il y a trop de touristes et quasiment aucun endroit sauvage. Tant pis !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Je redescends donc, et prends la première route que je vois qui s’éloigne de la route principale. Il est plus de 20h, et je me retrouve dans une ascension à 20%. Avec toute la nourriture que je viens d’acheter, mon vélo est vraiment lourd et je suis obligée de le pousser. Ne sentant presque plus de forces dans mes bras, je puise au fond de moi pour continuer d’avancer et finis par trouver un champ d’oliviers proche de maisons de location. Ni une ni deux, je traverse la route et m’y installe avec mon sac de couchage. J’y passe une bonne nuit, malgré les quelques moustiques, à regarder les étoiles en m’endormant.

Bilan : 2 petites heures de vélo et 24 kilomètres parcourus !

Jour 30 : retour sur la côte grecque

Le lendemain, je repars au lever du jour et m’arrête en route pour me préparer mon petit déjeuner. Je suis de retour à Corfu un peu avant 9h, prends mon ticket pour retourner sur la côte, et me retrouve pour midi à Igoumenitsa. Ca me fait bizarre de me dire que j’étais là une semaine avant, et de repasser par la même route…

Je mange de la feta avec du pain sur le bord du quai, puis repars sur les routes sous une chaleur écrasante. La route est bien vallonnée, comme je m’y attendais, et alors que je suis en plein effort dan une montée, je me fais aborder  par Tsanassis, un retraité grec qui circule à moto, parle français et souhaite m’aider. Je le suis jusqu’à la ville d’après, il m’offre à manger et me répète plus d’une fois qu’il faut que je fasse une pause quand il fait aussi chaud. Je sais… On parle de la Grèce, du fait que cette année il y a moins de touristes que l’année dernière, et que les récoltes d’olives sont mauvaises. Cette région est très aride, ça se voit qu’il n’y a pas eu une goutte de pluie depuis longtemps et on se demande de quoi les gens vivent…Mais ça n’empêche pas qu’ils sont accueillants comme ce Grec qui aura été ma bonne fée du jour, et repars après m’avoir laissé un bon sac de nourriture.

20190818_133229.JPG

J’en profite pour me baigner un peu, et me relaxer à la plage.

IMG_3586.JPG

Je me remets en route et suis surprise de voir que ce n’est pas trop vallonné. Alors que je m’arrête à une fontaine à eau en bord de route, deux retraités italiens qui voyagent en moto m’abordent (en italien, forcément !) et malgré mon niveau maternelle je parviens à me faire comprendre, en disant grosso modo « moi finir étude alors partir à vélo ». L’italienne ne cesse de répéter « cosa bellissima », « cosa bellissima »… et ils demandent à faire une photo avec moi ! Je deviens la petite célébrité de l’aire et d’autres motards s’arrêtent, en me souhaitant du courage. Andiamo, c’est reparti !

Alors que le coucher de soleil approche, et après une belle montée, je vois une sorte de falaise qui semble inhabitée sur ma droite. Je continue un peu, et m’enfonce dans le chemin de terre que je vois. Pas de chance pour moi, il y a une maison et le spot que j’avais vu depuis mon vélo est derrière leurs barrières…Et les gens sont chez eux. Mais il y a un champ d’oliviers en contrebas, et je m’y installe. Je me motive pour cuisiner, me fais des pâtes avec mon réchaud et me mets dans mon sac de couchage. Il fait nuit à 21h,  et c’est une nouvelle nuit que je passe sous le beau ciel étoilée !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Bilan : 5h30 de vélo et 75 kilomètres !

JOUR 31: encore plus de côte grecque

Je repars un peu avant 8h, une heure après qu’il ait commencé à faire jour. Et surtout, je repars après un bon petit déjeuner : l’américain qui m’avait hébergée à Ljubljana m’avait conseillé les flocons d’avoine, et je commence enfin à l’apprécier. Réchauffés avec de l’eau, des fruits et des bouts de chocolat, ça passe très bien ! Je suis vraiment satisfaite de ce réchaud que j’ai achetée chez Décathlon en Croatie, l’eau bout en à peine quelques minutes et il ne prend pas de place dans mes sacoches.

J’arrive rapidement à la ville de Preveza, et me motive à la visiter après avoir hésité. Finalement il ne semble pas y avoir grand-chose à faire, mais au moins je vois comment les locaux vivent et j’en profite pour faire un détour par un marchand de fruits et légumes et une boulangerie. Je m’achète une sorte de fougasse locale d’un demi-kilo, que je dévore dans la matinée. Miam !

20190819_092939.JPG

Quand je reviens sur la route principale, je tombe sur le tunnel dont le cycliste italien que j’avais rencontré en Albanie m’avait parlé : les vélos n’y sont pas autorisé, et il faut prendre un bus pour le traverser . Voyant que le tunnel ne fait pas plus de 2km, et qu’il a l’air safe, je tente le tout pour le tout et me dirige vers l’entrée. C’est alors qu’un message rouge défile sur le panneau, et qu’il est clairement pour moi : « BICYCLES ARE NOT ALLOWED ». Je me dis que je ne vais pas jouer avec le feu, et me résigne à faire demi-tour. Une patrouille d’urgence vient me voir pour m’expliquer que je dois prendre un bus, mais que le prochain arrivera sûrement dans 3h…

Attendre sous ce cagnard ne me motive pas trop, alors je me mets en mode auto-stop. Pouce en l’air, j’agite aussi mon gilet jaune pour attirer l’attention. Il a beaucoup de passage, mais personne ne daigne s’arrêter : ni les bus, ni les pickups…J’attends, j’attends, et les minutes sont longues quand il fait aussi chaud. Une voiture s’arrête mais il n’y a clairement pas de place pour mon vélo. J’attends encore, et après une heure sous une chaleur écrasante un pickup s’arrête enfin : Panos, un grec qui travaille sur l’île de Lefkada propose de me prendre et de m’amener sur l’île si je veux. Après Corfu, je me dis que j’ai besoin d’un break des îles grecques et je décline, mais Panos est très sympathique et me donne des conseils pour descendre jusque sur le Péloponnèse. Voici l’expérience auto-stop en vidéo 🙂 https://youtu.be/iT0iWZlnu38

Je continue ainsi ma route après le tunnel, un peu déçue d’avoir aperçue une cycliste depuis le pick-up et de ne pas avoir pu lui parler (on en croise tellement peu en Grèce !), et me retrouve quelques kilomètres à rouler sur l’autoroute heureusement déserte avant de retrouver la route nationale. Je fais une pause à Vonitsa, puis retourne sur la route et là c’est la surprise ! Je vois marqué en gros « EURO VELO 8 ». je n’ai pas vu d’itinéraire euro vélo puis la Slovénie, si on omet les trois panneaux que j’ai vu en Croatie. Et très rapidement, je retrouve les sensations que j’avais en Autriche à traverser la campagne par de paisibles routes secondaires, et à observer des sommets impressionnants. Ici, il y a en plus des champs d’oliviers à perte de vue, et la mer un peu plus à l’ouest. J’adore !

IMG_3618.JPG

Je continue ma route, en rêvassant et me disant que j’irais jusqu’en Chine si les routes étaient tout le temps comme ça.

Assoiffée, je bénie de Dieu les Grecs et leurs fontaines à eau, même si elles sont malheureusement difficiles à trouver à l’œil nu. Quand on voyage à vélo, on pourrait boire 3L d’eau d’un coup… Je fais quelques courses dans un supermarché, puis continue sur ma route de campagne.

Je suis choquée de voir toujours autant de déchets au bord des routes, et me lance dans un projet de collecte : en quelques minutes mon bagage arrière est déjà plein à craquer, et je les dépose dans la prochaine benne de tri que je vois.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Après de belles montées et descentes, je suis de nouveau proche du niveau de la mer et me dis que j’ai trouvé un bon spot pour la nuit. Pour une fois c’est 18h, et pas 20h, ce qui me laisse du temps pour aller me baigner et lire un peu. Il y a une sorte de bar en contre-bas, avec quelques vacanciers, mais sinon c’est très paisible.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Alors que la nuit approche, je commence à entendre les cloches des moutons et me dis que je vais sûrement me faire repérer par le berger. Finalement c’est les moutons qui me repèrent, prennent peur en me voyant, alertent le troupeau et repartent un peu plus bas.

Je m’endors dans mon sac de couchage, sous un arbre, à regarder les étoiles comme les soirs d’avant. La vie grecque, ça vous gagne !

Bilan : 4H de vélo et 76 kilomètres parcourus !

JOUR 32: et ça continue sur l’euro vélo 8

Le lendemain, je prends mon petit déjeuner avec une superbe vue sur la mer et des îles grecques. Ce petit dej à base de muesli commence à bien me plaire et c’est agréable de manger quelque chose de chaud !

IMG_3707.JPG

Je repars un peu après 8h, sur une route bien vallonnée (on doit être sur du 10% par moment) mais peu fréquentée. Alors que je suis sur le vélo depuis moins d’une demi-heure, je fais une rencontre assez improbable avec deux chèvres qui sont installées en bord de mer. Alors que je pose mon vélo pour faire quelques photos, elles s’en approchent et le reniflent. J’ai deux nouvelles amies !

IMG_3721.JPG

Un peu plus loin, je tombe sur un cimetière où je trouve de l’eau potable : et c’est un nouvel épisode de passion cimetière, bien sûr : https://youtu.be/p6c3E6-Q_1Q

Je continue toujours sur l’itinéraire euro velo 8, heureuse comme Ulysse et c’est le cas de le dire comme je suis en Grèce. J’arrive à Astakos, une ville de taille moyenne, où je trouve une nouvelle fontaine à eau et bois facilement 2L. Je me fais une belle pause en bord de mer, où pour une fois je tombe sur un coin ombragé avec des tables et des chaises. La pause et la baignade me font du bien, puis je repars sur la route. Voici une idée de la route si vous êtes curieux 🙂 https://youtu.be/sCO4JAJboEw

Et là, c’est dur : il est 15h, et ça monte sec pendant une bonne demi-heure.

20190820_101408.JPG Je vois une voiture accidentée sur ma gauche, et comprends que cette route peut être dangereuse si l’on ne fait pas attention ! Arrivée au sommet, j’ai une belle vue sur les environs même si ça ne rend pas bien en photo.

IMG_3765.JPG

Ensuite, j’ai droit à une excellente descente qui me rappelle beaucoup les routes principales albanaises, avec une large place pour les vélos. Ca fait du bien d’en profiter à fond, de tout lâcher et de s’imprégner des paysages : champs d’oliviers à ma gauche, superbe montagne en face, je dois descendre à plus de 40km/h. Belles sensations, que je vous partage en vidéo 🙂 https://youtu.be/MVG18raAjr0

Vers 18h, je ne vois plus de panneaux et ça dure une bonne vingtaine de kilomètres. Surtout, ma carte n’indique pas le nom de ces petits bleds que je traverse donc je ne vois pas trop où je suis. Je me repère en sortant la boussole que j’ai achetée à Corfu, et en devinant que la route qui doit me mener où je vais est indiquée par les panneaux qui mènent d’où je viens et qui sont dans l’autre sens…Si ça fait sens. C’est tordu comme raisonnement, mais ça fonctionne, et j’arrive à la grande ville de Mesologi un peu plus tard.

Mis à part une église orthodoxe, dans le même style que toutes celles que j’ai vues jusqu’à présent, je ne vois pas grand-chose de marquant. J’en repars donc rapidement, après m’être prise une glace sur le passage.

Alors que je viens encore de me faire une jolie montée, je me décide à tourner à route sur une route de bergers pour m’y poser cette nuit. J’ouvre discrètement le portail, fermé avec du fil de fer, et me pose cachée de la route dans le chemin. J’ai les jambes KO, et faim, mais à cause du vent je ne peux pas trop cuisiner et parviens juste à réchauffer un peu d’eau. Ce sera thé blanc et biscuits !

IMG_3921.JPG

Je m’endors à regarder le ciel étoilé, qui me fascine toujours autant. Je suis en train de devenir accro à ces nuits passées à dormir à la belle étoile, ça me berce de regarder le ciel et de m’endormir en m’imaginant la vie dans d’autres galaxies.

Bilan : 6H10 de vélo et 108 kilomètres !

JOUR 33 : arrivée sur le Péloponnèse

Aujourd’hui c’est mercredi, et je pars vers 8h après un petit déjeuner sur mon chemin de bergers. J’ai entendu les clochettes des moutons une bonne partie de la nuit, mais j’ai vite compris qu’ils étaient dans un champ en face donc pas de risque d’être dérangée !

Avant d’arriver à la ville d’Antirrio, la dernière avant le Péloponnese, c’est une belle montée qui me prend une demi-heure et je me désaltère régulièrement. Contente d’être récompensée par une jolie descente, je me fais plaisir au supermarché de la ville où la caissière parle quelques mots de français.

Voyant que la seule route permettant de rejoindre le Péloponnèse est l’autoroute, et que ça a l’air de circuler fort, je me dirige vers le port pour prendre un ferry. Aucun signe, on ne sait pas où vont les bateaux ni à quelle heure ils partent ou combien ça coute : c’est à la grecque. J’aborde le premier employé que je vois, et monte avec mon vélo dans le ferry « ZEUS » en compagnie d’un motard suisse qui a eu le même itinéraire que moi, plus ou moins. Mais en moto.

20190821_090531.JPG

Je ne comprends pas si la traversée est gratuite à vélo, où s’ils oublient de me faire payer (le motard a déboursé 1€), mais je ne paie rien. J’arrive rapidement de l’autre côté, où je me fais une petite pause baignade, repas et « lessive » (si on peut appeler ça une lessive, un savon à base d’huile d’olive et un peu d’eau de mer).

Voyant que la ville de Patra est proche, je me décide à aller y faire un tour. Je galère un peu pour trouver la route, et me retrouve sur une voie rapide à l’approche de la ville. Finalement je trouve la route du port, et un grec qui a des bases d’anglais propose spontanément de m’y prendre en photo. Vraiment sympa ces grecs 🙂

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Il n’y a encore une fois pas de monuments dignes de ce nom, et je ne m’éternise pas dans la ville. C’est parti sur le Péloponnèse !

Ca ne commence pas spécialement bien, je reprends la même route pour revenir sur mes pas puis ne vois plus la route nationale. Finalement après avoir un peu tourné, j’y vais à la boussole et retombe dessus. Elle est plutôt fréquentée, vallonnée et pas forcément en très bon état par endroit. Ca me rappelle souvent l’Albanie !

Surtout, je suis choquée de voir autant de déchets et de poubelles pleines. Déjà que les Grecs n’ont pas vraiment l’air de faire le tri, c’est à se demander s’il y a tout bonnement des éboueurs ici.

IMG_3832.JPG

La bonne nouvelle, c’est qu’il y a souvent de l’eau potable à la plage et j’en profite pour tourner un épisode de passion plage : https://youtu.be/igclmrMi8-g

Je m’arrête un peu dans un café, me prends une boisson gazeuse et me fais aborder par un Grec qui veut m’aider. Il est très sympathique, habite Patra, mais j’ai fait le plein d’eau et de nourriture il a peu donc je n’ai besoin de rien !

Je continue donc, et commence à me demander si je vais finir par trouver un spot où dormir. Je ne fais que traverser les villes, colées les unes aux autres, et me dis que ce n’est pas en restant sur la route principale que je vais m’en sortir. Et j’ai raison : je vois une petite route de campagne sur ma gauche qui va vers le village de Rodia, et la suis. Après la traversée d’un premier village, je me retrouve au milieu de champs d’oliviers et prends la première route en terre que je vois.

Je m’enfonce un peu dans le champ pour ne pas être trop à découvert, surtout qu’il fait encore un peu jour à cette heure-là (20h). Alors que je suis en train de me faire des pâtes un pick-up passe et je me dis que je vais sois me faire engueuler, sois me faire inviter à boire un coup. Finalement le riverain doit être dans ses pensées et ne me calcule pas.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Je m’installe donc sous un olivier dans mon sac de couchage, et m’endors rapidement. Je dors tellement bien à la belle étoile !

Bilan : 6H10 de vélo et 93 kilomètres !

JOUR 34 : on continue sur le Péloponnèse

Je me prépare mon super petit-dej à base de muesli et chocolat, et me remets en mouvement. Je suis surprise de trouver une route aussi plate ! Après une petite pause pour faire des courses, c’est la surprise : un couple de cyclistes retraités hollandais arrive à ma hauteur, et on discute un moment. C’est la première fois que ça m’arrive, et ça fait plaisir de rencontrer des gens par hasard sur la route ! Ils sont partis d’Hollande il y a trois mois, et iront peut être jusqu’en Iran. Je me retrouve à rêver une bonne partie de la journée, à m’imaginer traverser la Turquie et l’Iran…Je sais que les locaux seraient très accueillants dans ces pays, et une partie de moi a bien envie d’y aller.

La route est bien animée, je ne vois pas vraiment de coins sauvages. C’est dommage que l’homme transforme tout ce qu’il voit en appartement hôtels et résidences pour touristes.

Pour faire passer le temps, je m’occupe un peu et pousse la chansonnette : https://youtu.be/LGMV4LxTNXE

Finalement je trouve une petite plage pas trop busy, et me fais une pause repas et baignade.

IMG_3889.JPG

Alors que je m’apprête à repartir, je retombe sur le couple d’hollandais qui est décidément partout et une vacancière allemande d’origine syrienne m’aborde en m’offrant du gâteau à l’orange fait maison. Dounia passe ses vacances avec sa mère dans l’appartement par-derrière, m’a vue avec toutes mes affaires et est sortie me l’offrir. On parle un bon quart d’heure de la vie en Allemagne, s’accordant sur le fait que les Grecs se prennent beaucoup moins la tête même s’il n’y a pas trop de travail ici. Motivées par ces rencontres, je repars sur la route pour Corinthe et la chance continue car je tombe sur un magasin Décathlon. Malheureusement c’est le premier et seul du pays, m’expliquent les employés, et ils ne réparent que les vélos de leur propre marque…C’est débile, je me dis, ces grands groupes avec leurs process à la noix. J’ai juste besoin de quelques réparations, rien de bien fou, m’enfin, je repars de là avec un petit indicateur de vitesse et de kilométrage. Ca faisait quelques temps que j’avais envie de m’en procurer un, et je suis contente à l’idée d’avoir des statistiques précises sur ce que je fais.

J’arrive rapidement à la vieille ville de Corinthe, où je vois (ENFIN !) un site archéologique. Moi qui pensais en voir des centaines en Grèce ! L’entrée n’est pas donnée (8,5€), on peut plus ou moins tout voir de l’extérieur et je ne me sens pas de laisser mon vélo dehors avec toutes mes affaires donc j’observe juste de dehors. Ca me fait tout bizarre de me dire que l’ancienne ville de Corinthe était précisément ici, après avoir tant lu sur la mythologie grecque !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Je me remets en route après une pause photo et réflexions philosophiques, et galère pour retrouver la route pour Athènes. Je me retrouve à descendre et remonter la même route, puis ne voyant pas de signes, j’y vais à la boussole et prends celle qui indique « Corinthe centre ». Ca fonctionne, la route suit l’autoroute donc c’est bon signe. Et il n’y a pas grand monde sur la route : normal, tout le monde est sur l’autoroute !

Je commence à avoir vraiment mal aux jambes, ça fait quelques jours que je sens les courbatures. Ce qui n’était pas le cas avant : j’avais de l’huile massante, mais je l’ai finie au nord de la Grèce, et je sens que ça faisait la différence. Aussi, la pause de 5 jours à Corfu m’a fait changer de rythme et je sens que c’était plus dur de repartir…

Quoi qu’il en soit je continue ma route, et après une n-ième pause dans un supermarché, c’est 20h et je me dis qu’il est temps de trouver un endroit où dormir. Je traverse beaucoup de villes, et espère vraiment finir par tomber sur un spot un peu sauvage… Alors que je sors d’une ville, je scrute à ma droite et ne vois que des maisons privées cadenassées sous surveillance vidéo… mais je vois (ENFIN !) un petit chemin de terre qu’aucun automobiliste ne pourrait remarquer vu la vitesse à laquelle il roule, attends qu’il n’y ait plus de circulation et m’élance dessus. On est pas bien haut au-dessus de la mer, et j’observe un magnifique coucher de soleil depuis mon sac de couchage. Encore une belle nuit à observer les étoiles 😊

IMG_3941.JPG

Bilan : 7H55 de vélo et 111km kilomètres parcourus

Jour 35 : direction la capitale !

Après un bon petit dejeuner et un superbe lever du soleil, je remets mon casque et pédale. Assez rapidement, je vois un panneau avec marqué « plage » et me dis que j’ai besoin d’une bonne douche (et d’eau !). C’est à peine 9h du matin, la plage est quasiment déserte, l’eau est presque tiède et il y a une magnifique vue sur les montagnes. Le rêve !

IMG_3945.JPG

J’y reste un peu, puis repars sur la route nationale. Après de nouvelles courses au supermarché My Market qui devient mon point de chute quotidien, je repars et arrive rapidement à la ville d’Elfsina. Alors que je m’arrête en bord de route, des retraités grecs attablés sous leur véranda me voient et agitent une bouteille d’eau fraîche. Qu’ils soient bénis !! L’eau fraîche, c’est un peu comme trouver de l’or. On ne sait pas où il y en a, mais quand on en trouve, c’est une satisfaction profonde et incommesurable..

Alors que je circule dans la ville, je vois un magasin de vélo et le commerçant checke mon vélo et m’annoncent que le bruit que j’entendais est sûrement lié aux pédales qui sont mortes. Je pourrai encore faire 500km avec, si je fais attention. De quoi m’ammener jusqu’à Thessaloniki, au nord-est ! Il vérifie mes freins, mon système de vitesse, me regonfle mes pneus et m’installe une pompe que je m’étais achetée. Tout ça pour…0€ ! Je suis vraiment surprise de voir autant de générosité depuis le début de mon voyage. Je remercie le commerçant, puis repars sur la route nationale.

Qui n’est plus nationale du tout, et débouche sur l’autoroute…Je tourne un peu, étudie ma carte, regarde ma boussole, et me dis qu’il n’y a pas d’autre solution que de prendre l’autoroute. Environ 10km à serrer les dents, mais au moins j’arriverai à Athènes..

20150101_132003.JPG

La circulation est dense, il y a beaucoup de camions, et comme je roule bien à droite je me farcis toutes les bouches d’égoûts. Ca secoue énormément, d’autant plus que j’essaie d’aller vite pour ne pas rester trop longtemps sur cette route pas bien safe : https://youtu.be/OxYW5jigSro

A l’approche de la capitale héllénique, je roule sur de grands boulevards et ce n’est pas plus agréable : la circulation est toujours aussi intense, et à un moment je me retrouve projetée sur la voie de gauche et n’arrive plus à décaler à droite. Les voitures me frôlent, je reste autant concentrée que possible et pense à une solution. Finalement, j’arrive à me décaler alors qu’il y a un feu rouge derrière qui bloque les voitures, et arrive en trombes dans Athènes.

Je vois enfin un panneau « Akropolis » et me décide à le suivre. La route est enfin plus tranquille, et d’un coup, je vois les ruines de l’acropole… C’est fou, je ne réalise pas que j’ai quasiment 3000km sur les routes d’Europe et que je suis arrivée à Athènes, dans une ville qui me faisait rêver devant ma télévision quand j’étais gamine et que je regardais les jeux olympiques. Je laisse couler quelques larmes de joie, flanne avec mon vélo, invisible au milieu des touristes affairés. Je reste assise là, ayant du mal à réaliser que je l’ai fait, que je suis en Grèce dans cette ville qui a fasciné mes années collèges lorsque je dévorais les livres de Percy Jackson et des Héros de l’Olympe. Abasourdie, je m’assois avec mon vélo et me dis que j’irais bien demander aux Dieux un peu de Nectar et d’Ambroisie.

IMG_3963.JPG

Bilan : 4H50 de vélo et 64km !

Bilan de la semaine :

440km soit 2809km depuis Vienne ! J’ai adoré cette semaine à vélo, à dormir à la belle étoile et me débrouiller. J’ai pu utiliser mon petit panneau solaire et être 100% indépendante ! Ca a aussi été ma semaine la plus économique depuis le début, puisque j’ai seulement dépensé de l’argent pour la nourriture (56€ en tout) et 11€ de matériel. Voyager, ça peut être presque gratuit…

A la semaine prochaine pour un nouvel article, demain je m’élance en direction de Thessaloniki 🙂

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s