D’Athènes à Thessalonique (semaine 8)

JOUR 36 : départ d’Athènes 

Après un weekend de pause à Athènes, il est lundi matin et c’est l’heure de repartir sur les routes. J’ai passé un très bon weekend dans la capitale, après avoir trouvé une auberge de jeunesse grâce à l’aide d’un guide mexicain que j’ai alpagué à l’acropole. Ca faisait longtemps que je n’étais pas restée dans des auberges où le personnel s’intéressait autant aux voyageurs, c’était presque du couchsurfing ! Et aussi de belles rencontres, à commencer par une allemande qui a quitté son job et qui entame son tour du monde par Athènes puis un périple d’un mois sur un bateau à voile avec un retraité, mais aussi la rencontre de Terry et Georgie, les deux âmes de l’auberge. Ce weekend, c’est donc une soirée jusqu’à 3h du matin dans un parc de la ville, à écouter et danser sur de la musique pop avec Georgie, Terry et d’autres voyageurs, une autre à observer le coucher du soleil depuis la montagne la plus haute d’Athènes…Sans oublier la visite de l’Acropolis. Bref, un bon weekend !

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Je repars donc vers 9h du matin, et sortir d’Athènes me prend un temps fou. Il y a 4 millions d’habitants dans la ville, et en la traversant je m’en rends compte… J’y vais à la boussole, sachant que je dois retrouver la route collée à l’autoroute, mais n’en vois pas le bout. Après plus de deux heures, je suis toujours quelque part dans les faubourgs d’Athènes… Je tombe par chance sur un marché de fruits et légumes, m’achète quelques pêches, puis continue ma route en mettant toujours cap au nord est.

Alors que c’est plus de 12h et que je suis encore dans les environs d’Athènes, un cycliste grec arrive à ma hauteur et fait mon poisson pilote jusqu’à la route principale. Giorgios est un cycliste passionné, il m’explique qu’il fait du vélo tous les jours après le boulot et qu’il faisait ainsi du 8000km/an lorsqu’il était plus jeune ! C’est agréable d’être guidée par un local, d’échanger et de faire un bout de route ensemble. Il m’offre une bouteille d’eau et un snack de sportif, puis me laisse continuer sur la route secondaire. Belle rencontre !

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Je passe ainsi le reste de la journée à naviguer sur cette route, surtout empruntée par des camions car je traverse une zone industrielle qui s’étend sur des dizaines de kilomètres. J’ai l’impression de ne jamais en voir le bout, je passe à côté d’usines de céramiques, de pâtes Barilla, de construction de bateau, de logistique…C’est à n’en plus finir. Et comme me l’avait annoncé Giorgios, c’est 500km de vent de face jusqu’à Thessaloniki. Ca me ralentit énormément, et me décourage par moment : j’ai l’impression de ne pas avancer..

Alors que la fin de journée approche, je remarque qu’il y a moins de monde sur ma route et arrive à un lac, sur la route qui suit toujours en parallèle l’autoroute. J’établis donc mon campement pour la nuit au bord du lac, heureuse comme tout de trouver un endroit un peu sauvage après être passée par tant d’endroits touristiques ces derniers mois.

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Bilan : 116km et 8h de vélo !

JOUR 37 : une belle frayeur

Je repars le lendemain matin après un bon petit déjeuner, passe une heure à chercher en vain un de mes gants de vélo qui a du s’envoler, puis comprends rapidement pourquoi il n’y avait plus personne sur la route. Elle semble s’arrêter… Je me rappelle avoir vu un panneau « road closed », mais il était dans l’autre sens. Je me rappelle aussi avoir vu sur google maps que l’itinéraire recommandé pour les voitures passait par le nord est du lac, et non le sud ouest…

Mais voyant qu’il y a une route de terre qui continue le long du lac, je me dis qu’elle doit forcément à un moment ou à un autre rejoindre l’autoroute. Je tente ma chance, et m’élance sur la route en mode mountain biking ! Après dix kilomètres de secousses, j’arrive à un croisement et vois une route qui remonte vers l’autoroute. J’y vais à pied et bingo : je vois la route secondaire qui suit en parallèle l’autoroute ! Sauf que…à peine de nouveau sur la route, elle s’arrête brusquement et je dois pousser mon vélo chargé le long du ravin, avant de récupérer un chemin rocailleux. Après plusieurs kilomètres, la route est enfin de nouveau asphaltée, et je recommence à voir des voitures. Sacré début de journée…

A droite l’autoroute, en face le « chemin » où j’ai poussé mon vélo :

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J’avais filtré l’eau du lac, et fait un stock, mais je suis rapidement à sec et ça devient dur. Je traverse des champs de coton et grenadiers, et pique quelques fruits quand j’en vois. Au moins, ça me fait du sucre et un peu d’eau…

Entre 13h et 14h, c’est vraiment dur : ça monte, il fait chaud et je n’ai plus une goutte d’eau. Heureusement, je vois que le panneau de l’autoroute indique une sortie, et me doutant qu’il doit y avoir un village par là, m’y arrête et tombe sur une station essence. Enfin de l’eau fraîche ! Je me prends aussi de la limonade, quelques croissants industriels et des Oreo. Il n’y a rien d’autres d’intéressant dans le magasin…

Je continue ma route, et c’est toujours aussi bien signalisé : parfois la route s’arrête de manière abrupte, et je comprends qu’il faut passer sous le pont car la route continue à gauche. Je fais ce yoyo régulièrement depuis Athènes, et c’est fatiguant à la longue que ce ne soit pas indiqué. Aussi, les panneaux qui étaient jusqu’alors tout le temps traduit en alphabet latin le sont moins, comme c’est une zone moins touristique. Heureusement que j’arrive à lire le grec maintenant !

D’ailleurs saviez-vous qu’en grec v signifie n, ou encore que p veut dire r ? Perturbant…

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J’arrive en fin d’après-midi à une plage et peux enfin me baigner, mais aussi remplir mes bouteilles d’eau. C’est parfait ! Aussi, je trouve ENFIN un vrai supermarché, où cette fois-ci je ne lésine pas : je n’ai pas envie de me retrouver en manque de sucres comme ça m’est déjà arrivé. Je me prends ainsi de la feta, du pain, des fruits, des barres de céréales, une boisson sucrée… Et repars sur la route.

Ca grimpe un peu, et le coucher de soleil approchant, je me cherche un spot pour la nuit et opte pour un nouveau champ d’oliviers, qui se trouve sur ma gauche. On entend le bruit de l’autoroute, mais c’est pas grave, je peux voir les étoiles ! 🙂

Je trouve mon spot sur cette route aux cavités rocheuses impressionnantes :

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Bilan : 102km et 7h de vélo !

Jour 38 : première crevaison

On est mercredi, et pour la première fois cette semaine je parviens à partir avant 8h. Je suis fière de moi, mais ça ne dure pas longtemps car je vois un camping 2km plus loin et que je voulais me connecter à internet la veille pour avancer sur mon mémoire de master…que je dois rendre le 5 septembre, avec mes collègues. Tant pis.

Le vent de face a rarement été aussi fort depuis le début de ce voyage, et c’est difficile. La route jusqu’à Lamia n’est pas une partie de plaisir, je m’arrête régulièrement pour consulter ma carte et ai l’impression de faire du surplace…

J’évite la ville puis me pose dans le resto d’une station essence, où je trouve enfin un peu d’internet et mange un burek à l’épinard (ça ne s’appelle pas burek en Grèce, mais c’est la même chose que dans les balkans !).

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A peine repartir sur la route, c’est la surprise : je me rends compte que je n’avance plus et pour cause, mon pneu arrière est à plat ! C’est la première fois que ça m’arrive, après 3000km sur les routes…. Je suis un peu décontenancée, je sais comment changer une chambre à air mais je ne l’ai encore jamais fait sur son vélo et ça me prend du temps. C’est surtout pour remettre la roue que je galère, mais j’ai un autre problème : je pensais que la pompe que j’avais achetée à Corfu marcherait sur mon vélo, mais ma chambre à air n’est semble-t-il pas standard et ça ne fonctionne pas

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Alors que je commence à me dire que je vais agiter mon gilet jaune pour qu’un véhicule m’ammène à une station essence, un pick-up s’arrête et Lukas, un pharmacien qui travaille à Lamia, devient mon sauveur du jour. On met mon vélo à l’arrière de son pick-up, le regonfle à la station d’essence suivante, puis il me dépose un peu plus loin à un croisement. Il me donne ses coordonnées pour que je le contacte si j’ai un problème. L’hospitalité grecque, check !

Je fais moins la maligne lorsque je suis de retour sur la route secondaire, et qu’une montée à environ 20% se profile face à moi. C’est marqué 10%, quelle blague, je parviens seulement à la grimper en zigzaguant..Je comprends mieux pourquoi plusieurs véhicules m’avaient fait un signe pour m’aider. Mais c’est pas grave, j’ai les jambes endurcies maintenant et je continue l’ascension. Ca continue de grimper pendant plusieurs kilomètres, avec cette fois-ci des pourcentages moins élevés, et je passe au-dessus de l’autoroute autour de 19h.

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Je traverse le village d’AG Thedori, et m’offre une belle descente sur une route de campagne à travers des champs d’oliviers. Je me fais la réflexion que je n’ai jamais vu autant d’oliviers de toute ma vie, il n’y a que ça peu importe où je regarde ! La luminosité de fin de journée est incroyable, et je profite à fond de la descente. Surtout qu’il y a sur ma route un figuier et que je me gave de figues.

IMG_4328.JPGVoyant que la route ne va pas descendre beaucoup plus, je me trouve un spot où dormir dans un champ d’oliviers, sur la gauche. C’est calme, on entend juste au loin une ferme et le bruit des clochettes des moutons. Quelques voitures passent tout au plus. Je m’endors une nouvelle fois sous un olivier, avec les étoiles comme toit.

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Bilan : 76km et 5h de vélo !

Jour 39 : bis repetita

La journée ressemble beaucoup à celle de la veille, pour le meilleur et le pire : après un petit déjeuner dans un champ d’oliviers, je repars sur les routes et crève à l’arrière. Encore. La seule différence, c’est que je commence la journée avec  une belle ascension qui me prend 40 minutes, mais je me sens étonnement en forme dans les jambes et me vois bien continuer de grimper plus longtemps.

Bref, rebelote, cette fois-ci je suis dans un village et je pousse pendant 1km mon vélo pour revenir sur mes pas, là où j’avais vu une station essence. L’employé grec n’est pas très futé, et plutôt mou du genou pour être honnête. Après avoir mis des rustines sur mon pneu (un bout de scotch sur le trou dans la chambre à air, où j’ai du me prendre une mauvaise épine), il s’agit de le regonfler. Alors que la veille cela avait pris deux secondes, même si ma chambre à air n’est pas standard (les grecs avaient improvisé un adaptateur avec un petit tuyau), il tourne en rond. Je trouve finalement dans mes affaires un petit tuyau, mais le pneu ne se regonfle pas : et pour cause ! Je lui montre qu’il faut tourner l’embout de la chambre à air, sinon c’est fermé. Finalement on parvient après 1h30 à regonfler mon pneu arrière, et je repars sur la route.

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Me disant qu’il faut vraiment que je m’achète une pompe, je m’arrête dans la ville d’après, Almyros, où il doit y avoir un magasin vélo. Je demande ma route à la première station essence que je vois, et me retrouve au final à y rester car les grecs proposent de m’aider ! Le premier employé qui m’aborde ne parle pas un mot d’anglais, mais un semblant d’allemand car il a travaillé à Stuttgart dans la restauration, et on parvient à communiquer. Un autre grec parle anglais et je lui explique la situation (j’ai aussi découvert la veille que j’avais un rayon cassé), et l’un des grecs de la station essence part roue en main et à moto dans un atelier de réparation.

Le grec qui parle anglais résume bien la mentalité du pays : « les Grecs sont flemmards mais de bonnes personnes ». Je deviens un peu l’attraction de la station essence, la moitié des employés pensent que je suis folle mais j’en ai l’habitude !

Finalement, le grec qui parle allemand m’emmène dans sa Mercedes au magasin de vélo, et j’y trouve un petit adaptateur pour utiliser les pompes standards et gonfler mon vélo. C’est top ! On repasse par l’atelier, et je vois que c’est un grand-père grec qui s’occupe de mon vélo et commence à vouloir toucher à mon système de vitesse. Je répète « ohi » (non, en grec) l’un des seuls mots utiles que je connais, sachant que c’est un système Shimano dans lequel on peut avoir 100% confiance. Il ne connaît sûrement pas la technologie, et c’est hors de question qu’il y touche ! Après une dizaine de « Ohi », il comprend et me rend ma roue : OUF…Et le grec ne parlant qu’un peu d’allemand, me dit que c’est « kein Problem » qu’il me manque un rayon. D’accord… On retourne donc à la station essence, ils me regonflent mes pneus et n’acceptent pas d’argent en échange de leur aide. Sacrée hospitalité en Grèce !!

Je repars donc le long de l’autoroute, et après une belle descente où je fais du 57km/h en vitesse de pointe, arrive à un croisement où je me perds une bonne demi-heure. Finalement, je retrouve la route principale et je m’ennuie rapidement. C’est une immense ligne droite de 40km, qui me rappelle les routes nationales françaises et notamment la N7 dans le sud. A la différence qu’il n’y a pas de platanes mais des arbustes verts.

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Après 20km, j’en ai marre et regardant ma carte, je me dis que je vais couper par la côte. Cap à l’est, donc, et à travers les montagnes ! A vue d’œil, je me dis que ça doit être du 500m d’élévation, et ayant de bonnes sensations, je pense que j’en suis capable.

Après une belle heure de montée, en m’hydratant bien, c’est le coucher du soleil et j’observe une luminosité magnifique. Je sens que la fin de la montée approche (ou bien ?) et fais une pause photo.

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Alors qu’il est 20h30, et que je traverse le village de Sklithro, je suis arrêtée par des premiers villageois qui m’alertent en me disant qu’il est tard et qu’à cette heure-là c’est dangereux de continuer l’ascension : il y aurait des sangliers ou que sais-je dans la forêt…Je continue une centaine de mètres, et 2 couples de retraités grecs m’arrêtent. L’une des femmes parle quelques mots d’allemand (décidément, parler cette langue n’aura jamais été aussi utile qu’en Grèce !), me dit qu’il faut « schlafen » (dormir) et que c’est « gefährlich » (dangereux) là-haut…

L’un des couples propose de m’héberger, et je me retrouve assise sur leur balcon à raconter mon aventure par mots clés. Par chance j’ai appris à dire « vélo » en grec le jour même, et je répète « podilato » à chaque fois que je mentionne un pays que j’ai traversé. Les 4 retraités renchérissent et répètent « podilato ?? » toujours plus étonnés. Je deviens l’attraction du soir pour ces deux couples, qui parlent avec moi pendant deux heures sur le balcon. Enfin parler est un bien grand mot, j’essaie de caser quelques mots d’allemand, de grec, ou quelques mots tout court. C’est un moment magique, mythique, on se comprend grâce aux mimiques du visage, aux signes, et aux mots parfois transparents…Sur la France j’aurai compris « Macron, démocratie », et sur mon voyage « péripéties ». Je leur explique que je vais à Thessaloniki, pour y retrouver un ami, Giannis, mais la grecque ne connaît pas le mot « Freund » en allemand ou le comprend mal, et les retraités pensent que je vais me fiancer avec un grec

Lukas et Maria, le couple qui m’a hébergée :

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Plus tard, Maria, la grecque du couple qui m’héberge, me fait à manger et c’est délicieux : des pommes de terre, de la feta, des fruits…Ils me proposent d’utiliserla salle de bain, et après trois jours à dormir dehors ça me revivifie. Quand je sors de la douche, c’est sûrement LE moment de solitude le plus gênant depuis le début de ce voyage : il croit que je me suis lavée les cheveux, et me tend le sèche-cheveux alors que mes cheveux sont simplement gras car je n’ai pas vu de bouteille de shampooing dans la salle de bain…Je répète « OHI » (non) mais il insiste, et je me retrouve donc à faire semblant de me sécher les cheveux devant une télé novela grecque, sous les yeux inquisiteurs de mes hôtes. Mais le pire arrive quand il me tend un peigne, ça fait 2 mois que je ne me suis pas brossée les cheveux (je suis partie sans brosse pour économiser de la place) et j’ai d’énormes nœuds. Je fais devant moi une pile de cheveux qui pourrait monter jusqu’au ciel, et Lukas ramène un morceau de sopalin…Je me demande ce que mes hôtes pensent de moi,  mais c’est ça aussi le voyage, des moments atypiques

Bilan : 98km et 7h30 sur les routes !

Jour 40 : départ supersonique

Le lendemain, je mange un bon petit déjeuner et bois un café grec, qui ressemble comme deux gouttes d’eau au café turc, et commence à préparer mes affaires.

Je suis triste de quitter Maria, qui est un peu devenue ma maman d’adoption et me tend un gros sac de vivres contenant des tomates de son jardin, un pot de confiture de prunes violettes faite maison, du fromage, 1/2kg de pain…

Je comprends qu’ils tiennent encore à m’aider avec mon podilato, mais je ne vois pas comment : c’est alors qu’il me montre son quad, et qu’il propose de mettre ma valise à l’arrière pour la porter jusqu’au sommet. Il reste encore 8km d’ascension, donc ça m’éviterait de trop porter pendant ces quelques kilomètres.. J’accepte, et au passage utilise leur balance à légumes pour peser mes bagages : mes 2 sacoches et ma valise scratchée font 25KG ! Moi qui pensais n’en avoir que 15 ou 20…Et j’ai encore 5kg de plus sur le vélo, avec de l’électronique à l’avant, 2 gourdes, ma chaîne pour attacher le vélo…Donc je porte 30kg, hors poids du vélo. Je n’en reviens pas !

Je repars ainsi du village, avec Lukas qui me suit derrière en quad. Après 500m, et voyant que je ne fais que du 6km/h, Il innove et attache mon vélo à son quad avec une corde. Je suis ainsi tractée par un quad pendant 8km, à faire du 20km/h quand ça grimpe, le paradis ! Je profite à fond de l’expérience, et me dis que ces grecs ont de la ressource !!! Voici une idée de l’expérience en vidéo : https://youtu.be/2_0lSxuiZeE

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Arrivée en haut, je suis triste de le quitter. J’avais l’impression d’être retournée dans mon petit village de France, et ça me fait tout bizarre de m’élancer seule dans cette descente qui va me ramener sur la côte…

J’arrive ainsi rapidement dans un petit restaurant, où je me pose quelques heures pour souffler un peu et y boire une limonade maison. Alors que je suis sur le départ, je me fais une nouvelle fois aborder par un local qui parle un allemand très basique (il a travaillé en Allemagne, et sa femme est allemande me dit-il) et m’offre des tomates de son jardin ! J’en ai déjà 4 dans mon sac, mais ne peux pas refuser. J’en prends 2, et les mange en route. Moi qui n’avais pas mangé de tomates du jardin de mes parents depuis 2 ans, ça me fait plaisir !

La route est vallonnée sur la côte, mais pas si touristique que ça. Il y a surtout des grecs. Mon pneu avant est poreux, et semble dégonflé, ce qui n’est pas bon signe. Par chance je tombe sur une station essence qui me le regonfle, mais je sais que ça ne va pas durer… Une fois à Thessalonique, je devrai sûrement changer de pneus.

Je trouve vers 20h un camping sur la côte, un peu au bonheur la chance après avoir tenté une descente vers un village.

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J’y reste une journée, et fais quelques rencontres sympa : une famille roumaine passionnée de cyclisme, dont la fille de 19 ans qui est championne nationale de mountain biking ; et une cycliste française, Jeanne, 27 ans, qui est parti à vélo de Toulouse et a traversé toute l’Europe en passant par la Suisse, l’Allemagne ou encore l’Autriche, et qui finit son périple à Athènes.

Bilan : 50km (j’ai enlevé les 8 que j’ai fait tirée par un quad !), et 3h de vélo

Jour 41 : problèmes de signalisation, coucou

Après une journée de pause au camping, la réparation de mon vélo par mes voisins roumains, et une soirée passée avec un couple de retraités autrichiens qui m’ont invitée à boire du vin rouge, je repars du camping en me disant que j’ai bien fait de m’y arrêter.

Triomphante, je m’élance sur la route vers 11h et déchante rapidement. Je perds 2h à pédaler sur la mauvaise route, suivant les panneaux bleus (qui indiquent normalement une route nationale ou secondaire) mais qui cette fois mènent à l’autoroute… Connaissant le « trick » en Grèce, avec la route secondaire collée à l’autoroute, je la cherche. A gauche, à droite. Rien. Perplexe, je demande par deux fois à des locaux qui me disent qu’il n’y a que l’autoroute, et qu’il y a assez de place pour y rouler à vélo…

Sachant qu’il y a forcément une route secondaire pour aller à Thessalonique, je décide de revenir sur mes pas, perds une heure de plus et me pose finalement dans un café pour regarder l’itinéraire sur le site bikemap. Ma carte grecque n’est décidément pas satisfaisante, elle n’est pas assez détaillée et il me manque souvent les petites routes de campagne et les nuances des routes principales…Je me dis que j’aurais du sûrement acheter mes cartes routières en avance, plutôt que de vouloir les prendre dans le pays. A retenir pour une prochaine fois ! Aussi, c’était bête de ne pas avoir demandé à la française par où elle était passée, l’idée m’était sortie de la tête.

Bref, la pause est bienvenue comme c’est le pic de chaleur (14h) et je repars après avoir bien mémorisé la route à suivre. Enfin, je me perds encore car toutes les routes de campagne se ressemblent et ne sont pas vraiment fléchées.

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La bonne nouvelle, c’est que je passe par des champs de kiwis et que j’en ramasse quelques uns. Je retrouve finalement la route qui suit l’autoroute, et qui est parfois aussi large qu’une ancienne piste de chemin de fer, puis trouve enfin une vraie route secondaire.

Dans une descente, je me fais aborder par un grec à vélo, qui me fait essayer son vélo de cyclisme sur route ultra léger. Je me dis qu’avec un tel vélo, j’irais tellement vite ! Il propose de m’héberger mais ce soir là j’ai envie d’avancer et de rouler un peu de nuit.

J’observe ainsi un magnifique coucher de soleil sur le Mont Olympe, et me demande ce que les dieux olympiens peuvent bien y faire là-haut..

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Je continue ma route dans un premier temps à la recherche d’un vrai camping (je dois finir mon mémoire d’étude pour le 5 septembre, rappelons-nous), puis n’en trouvant pas, je me ravise et trouve un spot dans un champ d’oliviers autour de 22h.

Bilan : 125km et 8h de vélo !

Jour 42 : direction Thessalonique 

Je repars vers 7h du matin, un record matinal en Grèce. La route est tranquille, et il n’y a pas grand monde, mais arrivée à Eignion je me perds encore. Je décide de suivre le panneau bleu, qui doit normalement me ramener sur la route secondaire pour Thessalonique, mais elle m’ammène à l’autoroute (alors que c’est un panneau vert pour l’autoroute!). Je cherche la route qui suit l’autoroute, pense la trouver, avant de voir qu’elle se transforme en chemin de terre...N’ayant pas envie de me retrouver dans les mêmes galères que quelques jours plus tôt, au bord du ravin, je me dis qu’il vaut mieux faire demi-tour. Ca commence à me saouler qu’il n’y ait plus de bonne signalisation depuis 2 jours, et que la route collée à l’autoroute disparaisse sans raison

Rebelote, je reviens sur mes pas, me pose sur la place principale et cherche du wifi pour trouver ma route et avancer sur le mémoire. Finalement, je vois que l’itinéraire vélo fait un détour par le nord, car on ne peut plus suivre l’autoroute. Et comme ma carte n’est pas assez précise, je n’ai pas ces petites routes de campagne…Je note le nom des bleds que je dois traverser, puis repars.

Après une demi-heure, j’arrive à un croisement et aperçois une cycliste avec un t-shirt jaune flashy. Je vois qu’elle s’élance sur la mauvaise route, et pars à sa rencontre. C’est Claudia, une allemande qui arrive à vélo de Londres (à 4000km!) et qui est partie il y a deux mois. C’est la première fois qu’elle rencontre une autre femme voyageant seule à velo, me dit-elle, et puisqu’on va toutes les deux à Thessalonique, on pédale ensemble pendant une demi-journée.

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Je suis contente de partager la route avec quelqu’un, et le temps passe vite, même si parfois ce n’est pas facile de suivre son rythme. Aussi, on perd moins de temps car elle a une application de voyage à vélo, qui nous perd cependant quelques fois. Après quelques galères de route, on arrive finalement à Thessalonique, et célèbre la fin de son voyage par une pinte de bière. J’ai aussi du mal à croire que je suis arrivée jusqu’ici, après avoir fait plus de 1000km de côte grecque !!!

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Je me remets en selle pour retrouver un bon ami grec (Giannis) que j’avais rencontré à Stuttgart et qui m’héberge chez ses parents. Il habite dans un petit village, à 10km de la ville et sur une colline. C’est 300m d’ascension pour y aller, et avec une bière dans l’estomac, ce n’est pas facile…J’y vais à la boussole, sachant que c’est au sud-est de la ville, et trouve étonnement facilement la route ! Arrivée chez lui, il explique à sa mère que j’ai fait 3500km à vélo de Vienne jusqu’ici. Elle semble impassible, mais lorsqu’il lui dit que j’ai fait à vélo les 10km de Thessalonique au village, et grimpé la colline, les yeux lui sortent de la tête !

Bilan : 108km et 7h de vélo 🙂

Bilan de la semaine : 675km, soit 3484km depuis Vienne !

Une semaine assez compliquée en termes de navigation, qui me fait penser que je dois soit 1. trouver de meilleures cartes (ce qui ne semble pas facile quand on est dans le pays, je suis allée dans 2 magasins hier qui n’en n’avaient pas…) 2. soit me reprendre un téléphone… A voir ce que je vais faire, mais j’en ai marre de perdre des heures tous les jours ! A la semaine prochaine 🙂

 

 

 

 

 

 

 

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