De Thessalonique à la mer Noire, en passant par la Turquie (semaine 9 et 10)

Je commence cet article avec une carte de mon parcours, en vert celui de ces deux dernières semaines, et en orange celui des deux semaines d’avant 🙂 c’est approximatif mais ça vous donne une idée !parcours vélo.png

JOUR 43 : et on partage l’aventure !

A Thessalonique, je me repose quelques jours chez mon ami grec Giannis. Sa famille a une superbe maison avec piscine en banlieue, et qui surplombe la ville. Il me fait visiter la ville, me montre les ruines, et nous revoyons la cycliste allemande que j’avais rencontrée sur la route. Elle est hébergée par une belge flamande, qui voyage à vélo…jusqu’en Nouvelle-Zélande ! Elle nous raconte ses périples sur la bicyclette, à commencer par un voyage dans le Sahara occidental jusqu’au Sénégal. Il y a toujours plus fou que soi !

Le jeudi 5 septembre, il est temps de repartir. On se motive un peu trop tard pour faire réparer mon vélo (il faut changer les pédales et réparer un rayon qui s’est cassé, entre autres) et le premier magasin nous dit qu’il ne peut me rendre mon vélo qu’en fin d’après-midi…L’autre magasin, carrément le lendemain. Finalement, Giannis parlemente un peu avec le 2e magasin, qui n’a pas l’air d’avoir de clients, et je ne sais pas trop quels arguments il utilise en grec mais ça fonctionne. Ils s’occupent de mon vélo dans l’heure !

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Hop, en selle, et je m’élance. Au final ce n’est pas si tôt que ça (17h45), j’ai un peu traîné chez lui mais c’est pas grave. Je faisais joujou avec le téléphone que je me suis achetée d’occasion à Thessaloniki : il permettra au moins de me repérer sur maps.me même s’il ne me localise pas, sans carte sim (maps.me, c’est google maps en mieux : on peut télécharger gratuitement les cartes de chaque pays) et de communiquer lorsque j’aurai du wifi. Ca ira plus vite que d’allumer mon ordinateur… Pour 60€, j’ai ainsi un téléphone Sony Ecicsson à l’écran tactile plus grand que tous les téléphones que j’ai jamais eu ! Ca me fait bizarre d’avoir de nouveau un téléphone dans les mains, après deux mois sans. Mais ça me facilitera un peu le reste du voyage !

En selle, la route commence bien : que de l’ascension, déjà que pour arriver à Panorama c’était 300m de montée. Alors que je sors à peine de chez Giannis, je vois au loin un cycliste bien chargé : serait-ce mon jour de chance ? Je le perds de vue, puis le revois juste avant la longue descente qui mène dans les plaines grecques. Je fais la connaissance d’un allemand de mon âge, qui voyage en vélo avec 2 amis jusqu’en…Inde au moins ! Il m’explique qu’ils se sont séparés pendant quelques semaines pour revoir leurs copines respectives, et qu’ils se retrouvent ce soir. Ses deux amis ont trouvé un spot où camper près d’un lac, et il me propose de me joindre à eux. J’accepte bien évidemment !

On roule tous les deux jusqu’au lac à la tombée de la nuit, puis dans le noir (il fait nuit vers 20h30. On se retrouve à un moment à rouler sur un petit chemin de terre qui passe par des champs et que son application nous a recommandée. Superbe coucher de soleil depuis cet endroit !

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On galère un peu pour trouver le spot de ses amis, il y a plusieurs chemins et tous sont pleins de sable. Le vélo s’enfonce et on finit par le pousser. Quand on arrive, c’est 21h30 et les 2 allemands sont déjà bien installés. Ils ont vraiment trouvé un spot de rêve ! On est à côté du lac, et il y a assez de place pour mettre une dizaine de tentes au moins. Ils ont déjà fait à manger, et je partage du fromage, pain et autres choses que j’ai achetées le jour même. En bons allemands ils ont des bières, et je ne dis pas non, je n’ai quasiment pas bu d’alcool de l’été ! Et après une heure de galère, ils parviennent à ouvrir une bouteille de vin blanc au couteau.

Je me dis que c’est bien sympa de partager l’aventure. C’est complètement différent de lorsque je campe seule, là on discute, écoute de la musique, bref on passe plus de temps ensemble alors que seule je reste dans ma tente. Après seule je dors davantage, parce qu’en étant entouré on veille plus… Et comme ils sont 3, ils me disent que le temps de s’organiser le matin, ils partent souvent à midi. Ca fait tard ! Ils sont aussi bien chargés : ils portent chacun 50kg… Quoi qu’il en soit on passe une agréable soirée, et je dors comme un bébé.

Bilan : 45,5km et 3h de vélo !

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Jour 44 : des galères, mais une belle fin de journée

Je repars vers 10h30, voyant bien que mes amis allemands ne seront pas prêts avant une bonne heure. La route est plutôt plate, et je suis les panneaux. Je vois sur ma carte qu’il y a une route nationale qui mène jusqu’à la frontière turque, donc elle sera facile à trouver. C’est bien évidemment quand je me rachète un téléphone qu’il ne me sert à rien !

J’avais déjà eu du vent de face en continu d’Athènes à Thessalonique, et c’est la même chose vers l’est. Je me demande quand est-ce que le vent va finir par tourner..

Je m’arrête au premier Lidl que je vois pour m’acheter un short, car mon short de cyclisme s’est complètement troué entre Athènes et Thessalonique. Bien sûr, on est début septembre et comme l’été est fini, les seuls shorts que je vois sont au rayon lingerie…Je m’achète donc un short ultra fin avec un petit nœud papillon. Ce n’est pas l’idéal mais ça fera l’affaire pour quelques jours ! Et pour 4€, ça va.

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Je trouve une plage quasiment déserte un peu plus loin, et y fais une bonne pause. Au moment de repartir, mauvaise surprise : le pneu avant est à plat. Ca m’énerve ces galères de pneus depuis Athènes, mais je fais avec. Je n’arrive pas à trouver de trous, et ne comprenant donc pas d’où vient le problème, je ressors une ancienne chambre à air que je n’avais pas eu le temps d’étudier. Alors que je galère avec ma chambre à air dans l’eau de mer pour trouver le trou, deux bulgares viennent m’aider et le trouvent rapidement. Ils me disent que l’eau de mer n’était pas une bonne idée : ça va attaquer ma chambre à air. On la nettoie aussi bien qu’on peut, puis la remet dans le pneu une fois que j’ai mis la rustine. Ce vélo commence à me gonfler, les pneus sont extrêmement galères à enlever et remettre, même dans les magasins de vélo je les vois en difficulté !

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Je repars enfin, vers 17h, et continue ma route en bord de mer. Je vois un superbe coucher de soleil, et on comprend bien que l’été est fini : il n’y a plus personne sur les transats. C’est étrange que ça se soit vidé d’un coup, alors qu’il fait encore beau début septembre…

 

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Je cherche un spot où dormir, et voyant sur plusieurs kilomètres que le camping sauvage doit être plus ou moins toléré car des voyageurs en van ou camping-car sont installés ça et là, je monte ma tente un peu plus loin sur la plage au bout d’un petit chemin de terre. Superbe spot, et plage privée pour moi, c’est cool !

Bilan : 66km et 4h de vélo !

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Jour 45 : champs d’oliviers, le retour

Je profite de mon spot et y reste à lire jusqu’à 11h du matin. Alors que je suis assise sur la plage, un grec arrive avec sa famille pour chercher des cailloux (drôle de hobby ?) et m’offre un melon ! C’est lourd dans les sacoches, mais je le mangerai plus tard quand je serai en manque de sucre et d’eau.

Quand je repars, je retrouve une route vallonnée comme partout en Grèce. Je tombe sur un nouveau Lidl et y fait quelques courses, et me « douche » dans la mer. Je vais repartir dans les terres grecques et ma prochaine baignade ne sera pas tout de suite. Je suis sur le point de repartir, et un allemand, Max, la trentaine, décontracté, m’aborde : il m’a vue avec mon vélo et est curieux. Lui voyage en van avec sa famille, « jusqu’en Iran au moins », et a suivi le même itinéraire que moi en van. Ils sont partis de Dresde en mai ! Je n’ai pas le temps de lui demander mais je pense qu’il doit faire l’école à ses enfants, étant sur la route si longtemps.

Je continue mon chemin, et je suis surprise par la ville de Kavala : je n’y serais jamais allée de ma vie, mais c’est sur ma route et la ville est charmante avec sa forteresse.

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Après, par contre, c’est moins intéressant : je traverse une grande zone industrielle, avec des installations de pétrochimie. Ca me rappelle mon arrivée à Athènes !

Alors qu’il est 19h30, je recherche un spot où dormir. Sur la route nationale, il n’y a pas vraiment d’opportunités donc je prends un route de campagne sur la gauche, et dors dans un champ d’oliviers un peu avant Gerontas. J’observe un magnifique coucher de soleil depuis mon champ, et les couleurs me donnent l’impression de regarder un documentaire sur la savane.

Pas de chance pour moi, c’est samedi soir et des grecs pas loin de là ont décidé de faire la fête : j’ai droit à Despacito, et tout un tas de chansons pop, jusqu’à 2h du matin ! Aussi la nuit est fraîche, j’avais pris l’habitude de dormir à la belle étoile en Grèce mais je sens que je ne vais plus pouvoir faire ça longtemps…

Bilan : 85,5km et 6h de vélo !

 

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Jour 46 : les galères, le retour

Je pars tôt, pour une fois : c’est à peine 7h45, et j’ai déjà mangé mon petit déjeuner. La route jusqu’à Xanthi est plate, et pas des plus intéressantes. Le seul truc sympa, c’est les figues que je trouve régulièrement en bord de route et dont je me gave ! Après cette ville, il y a davantage à voir et je longe un lac, tombe sur un marché turc où je m’achète des bananes, et vois une jolie église.

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Je touche mon pneu avant, et il est quasiment à plat. Je le regonfle 5 fois en 20km, souhaitant m’arrêter à une station essence pour être sûre de bien le regonfler. Et évidemment c’est quand on en cherche une qu’il n’y en a pas, alors que d’habitude j’en vois tous les 2km !

Finalement, à Komotini, je m’arrête à la station Shell et vois que le sel a attaqué ma chambre à air. Je la change pour une fois assez rapidement (en 45min, je m’améliore !), et au moment de partir, les employés m’offrent de l’eau ! Ils sont quand même sympa, ces grecs 🙂

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On est dimanche, et la ville est désertique : c’est un pays orthodoxe, et c’est aussi mort que l’Autriche catholique. Tous les magasins sont fermés à part quelques supérettes de quartier, et il n’y a personne sur la route. J’emprunte un grand boulevard, et suis quasiment seule dessus.

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Après la sortie de la ville, c’est bien vallonné et la route nationale se rétrécit. C’est plutôt une petite route de campagne maintenant. Je vois toujours autant de champs de coton, et c’est impressionnant de voir la quantité d’eau que cela nécessite. Je me demande pourquoi c’est un pays aussi sec que la Grèce qui est le plus gros producteur de coton en Europe…La Grèce fournit 80% du coton européen selon les chiffres officiels. Rien que ça !

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A la sortir d’un n-ième village, c’est une grande descente et je tourne au bonheur la chance à ma droite sur une petite route en terre. J’y ai repéré un espace isolé avec quelques arbres, dans un champ de coton. J’ai la flemme de monter ma tente, mais sentant qu’il fera froid, je la déplie et utilise le plastique vert comme couverture. Je dors très bien et n’ai pas froid !

Bilan : 112,5km et 7h de vélo !

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Jour 47 : retour sur la côte

On est lundi, et je vais donc enfin pouvoir trouver des magasins ouverts. La veille j’ai fini quasiment toute la nourriture qu’il me restait et je suis un peu affamée !

Je repars vers 9h30 de mon champ de coton après mon petit déjeuner. Je découvre que je n’ai plus de gaz dans ma cartouche, et qu’il va falloir que j’en trouve une compatible..

Pas de chance, c’est une longue montée qui m’attend et aucun village n’est en vue. Je suis vraiment à sec niveau nourriture, et l’effort est difficile. Je traverse une forêt, puis c’est enfin la descente qui me ramène sur la côte. J’ai un gros vent de face, et ça me limite souvent à 30 ou 40km/h…

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J’arrive enfin à Alexandroupoli, la dernière « grosse » ville grecque avant la Turquie. Je trouve un camping municipal à l’entrée de la ville, et y reste une nuit pour 10€. Seulement mon 3e « vrai » camping en Grèce, après un mois dans le pays, et le plus « cher ». Je peux enfin faire une lessive (enfin, laver à la main), et faire des courses au Lidl. Inutile de dire que je ressors du supermarché chargée comme un âne, j’ai grand faim !

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Le soir, alors que je fais un tour dans le camping, je vois un motard avec une plaque française. Je tombe sur Christophe, un français quinquagénaire originaire de Toulouse, qui a tout vendu pour voyager en moto jusqu’en Australie. On passe la soirée à discuter, et ça me fait plaisir de rencontrer un bon vivant du sud-ouest. Je me dis que les voyages à moto et à vélo ne sont pas si éloignés que ça : la vie à côté de la machine est la même, on fait du camping sauvage et rencontre des locaux. La grosse différence, c’est la vitesse (il fait 300km par jour) et l’effort physique bien sûr. Quoi qu’il en soit je suis ravie de rencontrer un aventurier !

Bilan : 33km et 2h30 de vélo !

Jour 48 : direction la frontière turque

Je traîne au camping, voulant profiter du wifi, mais ce n’est pas une bonne idée car il est ultra lent. Comme partout où j’ai été en Grèce, que ce soit des campings, auberges ou chez les gens…Je repars donc vers 16h30, après avoir fait quelques courses et cherché en vain une cartouche à gaz. Les stations essence n’en vendent que de 500g et c’est beaucoup trop pour moi !

La route monte bien, je quitte la côte pour les terres, et me retrouve dans la campagne. Ici, quelques bergers, des usines, champs de coton, et c’est tout. Il n’y a quasiment personne, et aucune plaque turque sur la route. Je n’ai pas l’impression d’être si près de la frontière… Je pédale un peu de nuit, puis cherche un spot. Il n’y a que de grands espaces à découvert, avec tous ces champs, et j’opte finalement pour un petit bosquet en marge de la route, à 6km de la frontière, avec des fourrés qui me protègent un peu.

Je m’endors bouffée par les moustiques, en me disant que les nuits suivantes je monterai ma tente. Je me réveille avec les lèvres des frères Bogdanov, et une joue qui a doublé de volume. C’est pas sexy

Bilan : 42km et 3h30 de vélo !

 

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Jour 49 : Merhaba, bonjour la Turquie !

Je repars vers 10h30, pas pressée par le temps, lis un peu puis enchaîne des montées et descentes avec un fort vent de face en continu jusqu’à la frontière turque. Je ne dépasse pas les 13km/h sur le plat, et 5km/h quand ça monte. C’est frustrant..

A la frontière, je suis surprise de voir des files aussi longues de camions : il y a à tout craquer 10 voitures, et je n’attends quasiment pas. Par contre, les camions doivent attendre des heures côté grec et côté turc…

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On me demande une fois de plus où je vais, ce que je vais y faire, et si je suis seule. Tourisme ? Si transpirer sur son vélo comme un bœuf est du tourisme, alors oui…

Arrivée en Turquie, je me retrouve directement sur une voie rapide et à rouler sur la bande d’urgence. Je regarde sur mon application s’il y a d’autres options, et la seule solution serait de faire un détour de 30km par le nord…J’en ai aucune envie, avec ce terrible vent de face qui me freine et m’erreinte. Ce sera donc 200km sur la voie rapide en Turquie, car il ne semble y avoir que ça ! Ca ressemble d’ailleurs plus à une autoroute, les turcs roulent vite, il y a deux voies, et des sorties comme sur l’autoroute. Mais je me sens en sécurité car la bande d’urgence est large, et que j’ai assez de place.

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Surtout, il y a plein de tracteurs qui l’empruntent, dont un que je croise à contre-sens (voici la vidéo !) : https://youtu.be/qYz0d-iaGnU

C’est quand même un autre délire la Turquie, non ?

Je passe mon après-midi à saluer des tracteurs et camionneurs sur mon vélo, les gens aiment l’intéraction ici et ça m’avait manqué ! Le dernier pays en date était l’Albanie. C’est amusant, et j’y prends goût. Le temps passe beaucoup plus vite ! Je fais aussi mes premières courses en Turquie, un pays toujours aussi peu cher depuis que j’y suis allée en décembre.

C’est rapidement la fin de journée, et je cherche un spot où dormir. Je trouve un petit chemin en bas d’une belle descente, à 45km de la prochaine grande ville, et c’est parfait : l’endroit est plat, un peu abrité, et de toute façon vu la vitesse des voitures personne ne me verra. En plus, le camping sauvage est légal en Turquie !

Bilan : 73,5km et 6h de vélo !

 

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Jour 50 :premières rencontres

Je profite du fait que le camping sauvage soit légal pour traîner dans ma tente, et repars un peu avant 11h.

C’est difficile car la route n’est jamais plate. C’est des montées à 5, 6, 7%, qui sont longues et fatiguantes avec le vent, et de courtes descentes. Aussi, je suis surprise des paysages : il n’y a que des champs de blé, ou presque. Ca explique le vent, on n’est jamais à l’abri…

Après une bonne pause sur une sorte d’aire, je repars et un turc en tracteur me fait un signe : il m’invite à boire du thé avec lui, une tradition en Turquie. Il ne sait compter que jusqu’à un en anglais, et ne semble pas connaître d’autres mots que « one » donc la conversation est limitée, d’autant que mon turc est très basique. Mais comme j’avais déjà pu le découvrir lorsque j’étais allée en Turquie en décembre, il y a énormément de mots français depuis que la langue a été réformée par Ataturk il y a quasiment un siècle. Par chance, vélo se dit « bisiklet » ! Je répète ça, et le nom des pays où je suis allée. Je bois (au moins) trois tasses de thé dans le petit verre typique, et je comprends en discutant avec lui en faisant des gestes qu’il ne gagne pas très bien sa vie, mais que c’est son métier et qu’il l’accepte. Il me fait des signes, me montre son champ derrière, et on se quitte après une petite photo sur sa demande :

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La route jusqu’à la prochaine grande ville, Tekirdag, est toujours aussi vallonnée et venteuse, et la descente à l’entrée de la ville est dangeureuse.La route tourne, et le vent aussi, sans oublier les appels d’air des camions qui me doublent et qui me propulsent un coup à droite, un coup à gauche. Je serre les dents et surtout mon guidon. C’est comme les montagnes russes, mais en moins fun…

Je découvre trop tard que j’aurais gagné du temps en traversant la ville plutôt qu’en restant sur la voie rapide, qui contourne la ville par la colline alors que la ville était au niveau de la mer. Je perds du temps, et la circulation est dense donc ce n’est pas une partie de plaisir.

Après une heure sur cet espèce de périphérique, je suis enfin à la sortie de la ville. Je vois marqué « camping » sur ma droite et un turc me fait signe d’avancer. Je lui demande : « english ? » il me répond « turkish ». Et merde… Heureusement je sais dire oui et non en turc, et je me fais comprendre lorsqu’il me dit de mettre ma tente sur la plage. C’est mort avec un tel vent !

En fait, c’est pas un camping comme on l’entend : il n’y a que des bungalows, pas d’emplacements pour les tentes. Mais il me trouve finalement un spot à peu près abrité, et j’y monte ma tente.

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Je lui demande s’il y a un petit restaurant où aller manger, il me fait un signe puis me dis d’attendre. Je ne comprends pas pourquoi, et il commence à faire tard alors je finis le fromage grec qui me reste et mon pain. Je me dis qu’il veut peut être m’offrir à manger, mais non, on ne saura jamais. Il revient les mains vides, et essaie de faire un peu la conversation. Alors que je fais charger quelques appareils électroniques sur l’unique prise, il fait un signe en voyant ma petite enceinte et me demande de mettre un peu de musique. Ok, pourquoi pas ! Il veut ensuite danser, et tente alors de m’embrasser : je le repousse énergiquement, et se sentant visiblement mal, il part et reste cloîtré dans sa pièce à regarder la TV le reste de la soirée. Cette mésaventure me rappelle qu’il faut toujours être sur ses gardes, peu importe où l’on est !

Malgré le vent, je dors bien 10h et me sens reposée le lendemain.

Bilan : 63km et 5h15 de vélo !

Jour 51 : gros vent de face

Je repars en fin de matinée, après avoir lu un peu. Le turc cherche visiblement à expier ses fautes, et m’aide à démonter ma tente. Je repars sans lui sourire, trouve rapidement un supermarché où faire des courses, et fait face aux pires conditions climatiques depuis le début de ce voyage. Le vent n’a jamais été aussi violent. Je pensais ne plus en avoir car je mettais cap au nord-est et plus à l’est, mais le vent vient semble-t-il du nord-est donc je me le prends plein face. C’est simple, je fais 15km en 2h, et même si la route est vallonnée, c’est un record de lenteur. Ce n’est pas un petit vent de face, c’est un mur de glace

J’écris d’ailleurs ce poème, pour l’illustrer :

Vent de face

Quelle grâce !

Je fais du sur place

Et tel un mur de glace,

 

Tu me raidis le corps.

Les muscles ensuqués

Je suis gelée, et,

Lutte pour vivre encore.

 

Je vois ton onde sur la broussaille

O vent, quel adversaire de taille !

Déchaîné comme dix maux sortis de leur cage,

Tu tords même le fer sur ton passage.

 

Cesseras-tu un jour, ou cherches-tu notre perte ?

Veux-tu trouver l’amour, ou rendre nos corps inertes ?

Je suis en apnée, j’arrive à peine à respirer et je me bats chaque seconde contre le vent. Mais c’est un combat qu’on subit, on n’en sort pas vainqueur. C’est la survie. Je maudis les turcs d’avoir rasé toutes leurs forêts pour faire des champs de blé, le vent se déchaîne sur les grandes plaines. C’est terrible, d’autant plus que je suis toujours sur la bande d’arrêt d’urgence et qu’il commence à y avoir des bouts de verre sur la chaussée. Et comme j’ai fait des courses, j’ai facilement 30kg sur le vélo. C’est dur. J’ai pas d’autres mots. Voici un extrait, en vidéo : https://youtu.be/Vwkz85_MSKY

J’arrive enfin à la ville de Corlu, et mets une heure avant de trouver le magasin Décathlon.La ville n’a pas vraiment de charmes, c’est une ville de banlieue avec de gros immeubles.

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C’est la raison principale pour laquelle je suis passée par là, il faut vraiment que j’achète un kit pour réparer la fibre de verre de ma tente, que je trouve une cartouche de gaz qui corresponde à leur réchaud, et que je m’achète enfin un short de vélo… Le personnel est adorable, ils sont tout contents d’apprendre que je suis française: « mais Décathlon, c’est français !! » et je trouve deux employés qui parlent anglais. l’un d’entre eux s’occupe un peu de mon vélo, me regonfle les pneus et vérifie ma chaîne pour 0€. Je crois que je deviens hypocondriaque pour mon vélo : depuis que j’ai eu un problème avec ma chaîne au début de ce voyage, dès que j’entends un bruit, j’ai peur que tout le système soit à changer…mais tout va bien, ouf.

Je repars du magasin à 17h, moi qui pensais y être pour 12h. Alors que je sors de la ville et cherche à récupérer la voie rapide, un turc m’aborde, m’explique qu’il est cycliste lui aussi et que la route est bloquée de ce côté ! Je le remercie, fais demie tour et retrouve enfin la voie rapide. Vu l’heure tardive, elle est très fréquentée et je me demande même à un moment si je suis sur la bonne route.. Je m’arrête rapidement en bord de route, juste le temps de sortir ma boussole, mais j’ai bien le bon cap. Je continue donc, doublée par des centaines de camions, et pour cause. J’ai rarement vu une aussi grande concentration d’usines, je vois une grosse usine Sanofi, Mondi (papier), Miko (les glaces), d’aluminium, de béton… C’est sans fin !

Une idée, en vidéo, de ma fin de journée : https://youtu.be/TBgFuERfHWE

Il est quasiment 20h, je passe en mode nuit et me demande où je vais bien pouvoir dormir. Il y a bien des parcs à côté des usines, mais avec la pollution ça ne me dit rien du tout. Je continue, puis vois enfin quelques champs de blé. Ils sont globalement à découvert, mais c’est en bas d’une descente et les véhicules roulant vite, je me dis qu’il y a peu de chance qu’on me voie. Surtout que ma tente est verte et se fond dans le décor. Hop, je monte ma tente et passe une bonne nuit au chaud !

Bilan : 73,5km et 6h de vélo !

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Jour 52 : retour des galères..

Alors que je compte trainer un peu dans le champ avant de repartir, je touche mon pneu avant et surprise : il est à plat…J’en ai vraiment marre, je passe une heure à le démonter et analyser la chambre à air sans trouver aucun trou. Je me dis que je suis myope ou alors c’est le pneu qui doit avoir un problème..

Je remets la chambre à air, regonfle, et m’arrête à la station essence un peu plus loin, voyant que le pneu s’est déjà dégonflé. Je me décide finalement à changer de chambre à air, et utiliser la dernière que j’ai. Alors que je suis en train de démonter ma roue, un tracteur s’arrête et un turc sexagénaire m’aide. Il ne parle pas anglais, mais connaissant trois mots de turc (littéralement..) on se comprend plus ou moins et met la nouvelle chambre à air. Je l’ai achetée à Thessalonique et je vois que ce n’est pas de la grande qualité, comparé à celle que j’avais (une chambre à air Continental) mais ça fera l’affaire…j’espère.

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En tout cas les employés sont adorables, et m’offrent de l’eau, du thé, du café et un sandwich. Je m’installe dehors à la table, et lorsqu’un client arrive, on utilise google traduction pour parler. Je rencontre Taner, un vétérinaire du coin, dont la première question est « comment puis-je t’aider ? ». La Turquie, sacré pays d’hospitalité !! On discute un peu, et il m’explique que sur la route que j’ai prise la veille, il y a 700 usines…Ca me paraît dingue, mais réaliste, il n’y avait pas un espace sans usine. Il me dit que les usines polluent énormément, l’eau est noire et « tous les poissons sont morts »…

Un peu plus tard, l’employé lui dit qu’il m’a vue dans mon champ en arrivant au boulot ce matin. Taner me demande « t’as vraiment dormi dans un champ de blé ??? ». Ils sont tous les deux bien amusés !

Je repars vers midi, alors que l’employé de la station essence refuse mon argent et met sa main sur son cœur en signe de remerciement. Je n’oublierai pas cette station essence !

Je suis de nouveau sur la voie rapide, puis sur l’autoroute pendant quelques kms (mais n’y vois aucune différence, mis à part que c’est marqué « interdit aux vélos et aux tracteurs »..) avant de récuperer une route normale.

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Je mets cap au nord, et j’ai encore une fois un énorme vent de face. Comme la veille. Et comme les galères n’arrivent pas seules, je sens que mon pneu arrière se dégonfle

Les paysages sont similaires, c’est des usines, des champs de blé et parfois des arbres. Alors que je m’arrête en bord de route pour faire une pause repas, et que je n’y reste pas plus de 20min, deux véhicules ont le temps de s’arrêter pour voir si tout va bien. La Turquie est en train de devenir mon pays préféré, là où en Europe on m’ignore souvent avec mon vélo !

Je m’arrête un peu plus tard dans une supérette, et l’employé m’invite à boire le thé. Mais il est déjà 15h, et voyant les galères arriver avec ma roue arrière sans parler du vent de face, je me dis qu’il est sage de continuer ma route.

Arrivée à la route de Pinarhisar, je trace ma route vers l’ouest et tombe sur une énorme usine. Decidemment, je ne m’attendais pas à ces mastodontes dans ce coin de la Turquie !

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A partir de la sortie de la ville, la chaussée est naze. Alors que jusqu’à présent tout allait bien, elle n’est pas damée et c’est secousse sur secousse. Surtout, je ne comprends pas : il y a ENCORE du vent de face ! Il me suit, ou quoi ? Ce n’est pas logique, je vais à l’ouest maintenant..Je suis à bout, surtout que mon pneu arrière n’arrête pas de se dégonfler et que je n’ai aucune envie de m’arrêter là pour voir où est le problème. Il faudrait que j’enlève toutes mes sacoches, et que je décroche la chaîne, en plein vent. Je regonfle donc régulièrement ma roue, et arrive vers 19h à l’entrée de Kirkereli. Je continue ma route, voyant le panneau indiquant le « Bulgaristan » à 40km de là. Je serai bientôt en Bulgarie !

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Il y a toujours autant de champs de blé, mais cette route est peu empruntée et c’est vraiment trop à découvert. Finalement, après une 3e tentative, je trouve une route discrète en contre-bas de la voie rapide, et dors dans mon sac de couchage. Je m’occuperai du pneu demain…

Bilan : 71,5km et 6h de vélo !

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Jour 53 : arrivée en Bulgarie !

Après mon petit déjeuner, j’enlève la roue arrière et trouve rapidement le problème. Il y a un joli trou, normal que ça se dégonfle.

20190915_092658.JPGJe mets une rustine, remets le pneu, et alors que je suis sur le départ, un berger turc arrive avec ses moutons. Je lui dis « bisiklet Bulgaristan », il observe curieusement mon vélo, me serre la main, et voyant que je trimbale des déchets à l’arrière en quête d’une poubelle, il commence à prendre une canette vide et à la balancer dans la nature…Je lui répète « hayir, hayir ! » (non, non!), la récupère en expliquant que je cherche une poubelle…Enfin, je ne sais pas dire poubelle en turc, et je ne sais pas s’il comprend. Ca en dit long sur la mentalité du pays, en tout cas !

Je m’arrête de nouveau un peu plus loin, car j’ai visiblement mal mis ma chambre à air. Je sens des à-coups à l’arrière, ce n’est pas agréable. Je la remonte donc, et repars enfin, espérant ne plus avoir de problèmes….

La route jusqu’à la Bulgarie est tout sauf facile : c’est globalement que de l’ascension, j’ai l’impression d’être au Mont Ventoux avec les piquets pour la neige au bord de la route. Aussi, il n’y a aucun village directement sur la route, et je suis à court d’eau. Je fais un crochet de 2km et m’arrête à Dereköy, le dernier village avant l’ultime ascension, et trouve heureusement une supérette. On est dimanche, mais en Turquie tout est ouvert, ouf… je n’aime pas acheter de l’eau en bouteille, mais je n’ai pas trop eu le choix en Turquie. Je ne voyais jamais de fontaine à eau, et comme l’eau est polluée dans la région où j’étais ça n’aurait pas été potable très certainement…

De retour sur la route, je vois que la végétation est de retour. C’est moins agricole et plus sauvage. Enfin je vois de grands espaces verts, et des forêts. Mais c’est dur sur le vélo, comme ça grimpe, et ça me prend quasiment 2h pour arriver jusqu’à la frontière bulgare.

En Turquie, même les panneaux de signalisation me rappellent que la route est difficile : « DUR » signifie « stop » !

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A la frontière, que des voitures bulgares et je me fais plaisir à doubler toutes les voitures qui m’ont dépassée dans la montée..Ma revanche ! Hop, on contrôle rapidement mon passeport et le tamponne, on le vérifie une autre fois côté turc, puis côté bulgare, et ça y est. Je suis de retour dans l’UE ! Je vois un bureau de change, et échange mes liras turques et mes euros. Pour une fois le taux de change est facile : 1€, ça fait 2 LB (lev bulgare). Voici la traversée de la frontière, en vidéo 🙂 https://youtu.be/YVIClODtHYg

Je regarde la route à suivre sur mon application, et c’est facile : il n’y a qu’une route jusqu’à Bourgas, à 80km de là, la première grosse ville bulgare. Surtout, c’est environ 500m de descente, avec par moment quelques ascensions. Mais c’est une grosse forêt tout le long, et il fait froid !

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Ca me rappelle beaucoup la Slovénie. Je n’ai pas vu d’espaces aussi sauvages depuis ce pays-là. C’est fou ! Il est 20h et la nuit approche, donc je me mets en quête d’un spot. Après un premier village bulgare, Zvezdets, qui a des airs d’ancien bloc communiste, je  tente par deux fois des petites routes de terre en marge de la route principale. Mais entends des bruits de pas dans la forêt, et ça ne me rassure pas trop, alors je continue. Finalement la 3e route semble être la bonne, elle remonte au-dessus de la route principale et je n’entends aucun bruit.

Je monte ma tente, car il fait bien frais, et alors que je viens à peine d’y rentrer, j’entends des bruits qui se rapprochent. Des humains ? des animaux ? Ca renifle le sol, retourne les feuilles mortes, s’approche de ma tente…La tension monte, je commence à avoir la frousse. Heureusement que je n’ai quasiment pas de nourriture…Je suis sur le qui-vive dans ma tente, ne bouge que lorsqu’une voiture passe en contrebas, et attends patiemment une demi-heure que les bruits s’éloignent. Je suis quasiment sûre que c’étaient des sangliers, vu le bruit lorsqu’ils reniflaient. Je ne dors pas trop mal dans ma tente, mais j’ai quand même bien froid : la dernière fois que j’ai eu aussi froid, en fait, c’était dans les Alpes, en Slovénie…Je me dis qu’il est temps de rester dans des auberges, et de faire du couchsurfing, sinon je ne vais pas survivre avec mon sac de couchage été.

Bilan : 69km et 6h15 de vélo !

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Jour 54 : retour à la normale ?

Je me réveille en attendant les mêmes bruits que la veille au soir. Je n’ose pas sortir de ma tente, un peu tétanisée. J’attends, et n’entendant plus les bruits, je sors et plie rapidement boutique. Je lève le poing de la victoire, contente d’avoir survécu.

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Je prends mon petit déjeuner plus bas dans le chemin, puis m’élance dans la descente.

La descente ne dure pas, et ça remonte pendant quasiment une heure. Heureusement, car je me les pelais dans la descente : j’ai du mettre toutes les épaisseurs que j’avais, le vent me gelait le corps. Alors que ça redescend, je croise un cycliste turc, sur son vélo ultra léger. Il fait visiblement une petite boucle dans le coin, car je le vois rapidement revenir sur ma route. Premier vélo que je vois en Bulgarie…et toujours aucun cyclo-touriste depuis les 3 allemands que j’ai vu il y a déjà 10 jours !

Alors que je m’arrête dans un petit village pour acheter à manger (où il n’y a pas de fromage, je me rue donc sur du chocolat qui est malheureusement trop sucré et industriel), je vois deux personnes en gilet fluorescent à la sortie de la ville. Je me dis que ce doivent être des travailleurs, mais quelques kilomètres plus tard je percute qu’il y avait deux sacs à dos à côté d’eux. Ca devait être des auto-stoppeurs ! Je me fais la réflexion que j’en ai quasiment vu aucun depuis le début de ce voyage. Si j’avais percuté plus tôt, j’aurais pu m’arrêter et discuter avec eux. Mais j’étais tellement dans ma bulle que je n’ai pas réalisé...C’est ça aussi d’être à vélo tout le temps, on s’enferme parfois un peu trop dans son monde.

Petite leçon de cyrillique : p = r, le n à l’envers = i, h=n. Facile non?

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Je me rapproche de la ville, et vois que je vais devoir emprunter la voie rapide. Une fois de plus..Je roule quelques centaines de mètres dessus, et la voie d’urgence est inexistante. C’est bof. C’est alors que je vois…UNE PISTE CYCLABLE !!!! QUOI ?????? J’en ai pas vu depuis l’Albanie, et encore elles n’étaient que dans les villes et pas toujours bien pensées. Non, la dernière fois que je me suis vraiment sentie autant en sécurité sur une piste cyclable, c’était en Slovénie, il y a…2 MOIS !!!

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Je suis sous le choc, je réalise petit à petit que l’aventure sur les routes sera bientôt finie. Dans quelques semaines, je récupérerai la piste Euro vélo du Danube, et ce sera les vacances… Je suis d’un côté contente à l’idée de retrouver du confort à vélo, mais je crois que je suis un peu cinglée et je préfère les routes bordéliques à l’albanaise ou à la turque. Parce qu’au bord de la route il y a toujours des gens pour nous aider, et qui veulent nous parler, alors que dans l’UE je m’ennuie ferme sur mon vélo

J’arrive ainsi tranquillement dans Bourgas en suivant le réseau de pistes cyclables, toujours sous le choc d’avoir ma voie à moi, et croise mon premier cyclo-touriste depuis la Grèce ! Il va sûrement en Turquie, et il est chargé comme pas possible. On a juste le temps de se saluer, mais ça me motive de croiser quelqu’un sur la route !

Une fois en ville, je me trouve facilement une auberge. C’est quand même pratique d’avoir repris un téléphone, je vois sur maps.me qu’il y a en a une avec 9,5/10 et y vais les yeux fermés. 10€ la nuit, et je peux y laisser mon vélo. En prenant l’ascenseur…

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La ville n’a pas l’air incroyable en termes d’architecture, mais c’est piétonnisé, propre, il y a des fontaines à eau (sérieux ??), des poubelles de tri  à foison (je n’ai pas vu de vrai système de tri depuis la Slovénie, on peut le dire !), des chaînes allemandes de magasins, des bulgares en terrasse dès le lundi…A voir dans les jours qui viennent, mais pour l’instant la Bulgarie me surprend : c’est propre, vert, pas cher (en bref, je divise les prix en euros par deux) et organisé !

Bilan : 49,5km et 3h30 de vélo !

Bilan de la semaine : 784km, soit 4268km depuis Vienne !

12 jours sans réelle pause, c’est un record, et mes genoux sont à bout. Le vent de face m’a entamée physiquement, c’était très dur. Je ne m’attendais pas du tout à de telles conditions. Mais gros coup de cœur pour la Turquie, qui est devenu mon pays préféré où y faire du vélo ! Le camping sauvage y est légal, donc il n’y a pas de pression, et les locaux sont chaleureux. Une seule hâte : d’y retourner… Maintenant, direction le nord-est de la Bulgarie, puis ce sera le sud de la Roumanie ! A la semaine prochaine 😊

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